Les opposants à la limitation de vitesse à 80 km/h réunis à Paris

  • Des gendarmes effectuent un contrôle de vitesse
    Des gendarmes effectuent un contrôle de vitesse AFP/Archives
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AFP

Dix jours après les manifestations de "motards en colère" contre une baisse de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, les opposants à ce projet se réunissent mardi au Sénat pour montrer leur détermination.

Dans moins d'un mois, le 16 mai, le Comité national de la sécurité routière (CNSR) donnera un avis consultatif sur des recommandations pour réduire le nombre d'accidents de la route.

En 2013, 3 250 personnes ont péri sur les routes, malgré un recul record de 11% sur un an mais l'objectif fixé par l'ex-ministre de l'Intérieur Manuel Valls est de faire passer le nombre des personnes tuées sous la barre des 2 000 d'ici 2020.

Parmi les mesures susceptibles de parvenir à cet objectif figure le passage de 90 à 80 km/h de la vitesse autorisée sur l’ensemble des routes bidirectionnelles (deux voies), où ont lieu 66 % des accidents.

Selon des experts cette recommandation pourrait épargner chaque année 450 morts. Il reviendra ensuite au Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) de suivre ou non cette proposition, qui serait ensuite appliquée ou non par le gouvernement.

Les opposants à la limitation à 80 km/h dont  de nombreux Aveyronnais contestent puis plusieurs mois. Ils assurent que cette mesure ne fera pas baisser le nombre des morts sur la route et ne vise qu'à remplir les caisses de Bercy grâce au "racket des radars".

Sur le thème "Stop à la répression absurde, Oui à une conduite responsable", la Ligue de défense des conducteurs réunit donc mardi matin au Sénat les opposants à une mesure qui, selon eux, ne fera pas baisser la mortalité routière. Ceux-ci s'exprimeront sur la "vitesse, ennemie numéro un de la route?" et "Comment repenser une politique de sécurité routière?".

Parmi les intervenants, Philippe Vénère, un ancien commissaire de police, auteur d'un ouvrage paru en 2009 "Manuel de résistance contre l'impôt policier", (éditions Max Milo), sous titré "Comment contester vos contraventions". Cet ancien policier atypique conteste "une répression aveugle et systématique de certaines infractions de la route" qui aboutit notamment à la perte de points sur le permis.

708 millions € de recettes radars

Autre participant au colloque, Bernard Beauzamy, président de la Société de calcul mathématique (SCM) qui entend démontrer qu'une réduction de la vitesse dans les agglomérations ne se traduit pas par une réduction mais par une augmentation des émissions de CO2 dans l'artère considérée. L'argument de la baisse des niveaux de pollution et du bruit a été avancé pour instaurer depuis le 10 janvier une limitation de vitesse à 70 km/h sur le périphérique parisien.

Une limitation visiblement pas encore entrée dans les us des automobilistes, qui a fait augmenter le nombre des flashs de la quinzaine de radars automatiques plantés sur cette artère de 35 km fréquentée quotidiennement par 1,3 million de véhicules.

Les recettes des radars automatiques, vivement dénoncée notamment la Fédération française des motards en colère et l'association 40 Millions d'automobilistes, se sont élevées en 2013 à 708 millions d'euros et ont été utilisées pour leur entretien et l'amélioration des infrastructures de transport.

Dans le camp d'en face, les associations de sécurité routière et des spécialistes défendent l'idée de limiter la vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire pour faire baisser le nombre des tués sur ces routes.

Ainsi Jacques Robin, ingénieur et animateur du site spécialisé www.securite-routière-plus.com a expliqué à l'AFP que cette mesure "présente réellement d'importants gains de sécurité".

Selon lui, en cas de collision frontale (800 morts par an) l'énergie du choc est diminuée de 21 % en passant de 90 à 80 km/h et la manœuvrabilité du véhicule, pour échapper à une collision, est "nettement meilleure".

 

 

 

 

Source : AFP

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