Agriculture

Unicor : près d’un million de canards en moins

Le 27 janvier à 15h32 par Philippe Routhe | Mis à jour le 27 janvier

La jeune filière palmipèdes de l’Aveyron traverse une passe très difficile avec l’obligation de suivre les mesures sanitaires.
La jeune filière palmipèdes de l’Aveyron traverse une passe très difficile avec l’obligation de suivre les mesures sanitaires. (AFP)

Quelques heures avant que l’État ne débloque les 130 millions d’euros d’aides en faveur de la filière palmipède, Jean-Claude Virenque, le président de la coopérative Unicor, principale productrice de canards en Aveyron, ne le cachait pas : "On vit une catastrophe à laquelle on ne s’attendait pas".

En cause, le flou entourant les conséquences des mesures sanitaires qui ont été prises par le gouvernement pour éradiquer l’épizootie de grippe aviaire et qui touchent l’Aveyron. Et de décrire la situation qui se présente pour la quarantaine d’éleveurs de canards du groupe: "Vers le 15 avril, il n’y aura plus aucun canard sur le territoire". Ensuite, les exploitations feront donc un vide sanitaire et une désinfection. Et à partir du mois de mai, selon les cas, l’exploitation des canards pourra reprendre et les abattages en suivant, quelques semaines plus tard.

"C’est un arrêt d’activité important auquel il va falloir faire face", souffle Jean-Claude Virenque, rappelant que l’usine d’abattage la Quercynoise, filiale d’Unicor en partenariat avec Capel, implantée à Gramat, représente 400 personnes. "On va les avoir sur les bras", lâche-t-il. Quant au manque à gagner, "le calcul est simple: pour nous, cette mesure c’est 920000 canards en moins, sur 2,1 millions... "

Un accompagnement nécessaire

Sur cette base-là, les propos du ministre de l’Agriculture l’agacent. "Il se félicite que la mesure permette une reprise d’activité en prévision des fêtes de Noël. Certes, c’est 70% du chiffre d’affaires de la filière, mais c’est sur la base du travail d’une année!" Toutefois, pour les éleveurs, les 130 millions d’euros dégagés, hier, par le ministre de l’Agriculture, "vont soulager les producteurs, mais pas la filière de transformation".

Et Jean-Claude Virenque de compléter: "C’est un premier pas. D’après les professionnels de la filière que j’ai eus au téléphone, ils ont eu en face d’eux un ministre bien à l’écoute. C’est important. Mais il reste beaucoup d’interrogations". Parmi les avancées retenues, "il y a également la prorogation de l’inscription au registre de l’année blanche jusqu’en juin, permettant ainsi aux éleveurs de canards d’y accéder".

Mais pour le président d’Unicor, "nous ne sommes là qu’au début du chantier. Une nouvelle réunion concernant exclusivement l’aval de la filière est prévue la semaine prochaine". En attendant, le groupe coopératif se dit prêt à faire un effort pour colmater quelques brèches, "mais en aucun cas il n’a les moyens de compenser toutes les pertes", souffle son président.

Pas de foire avicole à Baraqueville

Autre dommage, prévisible, causé par la grippe aviaire: l’annulation du 36e salon avicole de Baraqueville, qui réunit quelque 2000 animaux. Il devait avoir lieu les 20 et 21 février.