Environnement

Rodez : comment l'Agglo veut réduire le volume des déchets

Le 16 février à 12h30 par Joël Born | Mis à jour le 16 février

Depuis août 2015, la loi sur la transition énergétique fixe aux collectivités un objectif de réduction de 10 % des déchets ménagers et assimilés d’ici 2020.
Depuis août 2015, la loi sur la transition énergétique fixe aux collectivités un objectif de réduction de 10 % des déchets ménagers et assimilés d’ici 2020. (Repro CP)

Il y a des chiffres et des données qu’il vaut mieux, parfois, ne pas scruter de trop près. Afin d’éviter d’avoir le tournis et de ressentir un profond malaise.

Ainsi, en est-il de la production de déchets et de ses douloureuses conséquences pour l’environnement et la santé. Avec un premier constat: plus un pays est riche, plus il génère de déchets. Selon les calculs de l’Ademe, un Français produit en moyenne un kilo de déchets ménagers, chaque jour.

C’est considérable et ça l’est d’autant plus que la part des ordures ménagères a doublé en 40 ans. Qui plus est, les retards du dossier aveyronnais étant là pour le confirmer, la France n’est pas forcément un très bon élève en matière de gestion et de traitement des déchets.

Dans ce contexte peu glorieux, il est toutefois positif de noter que la production de déchets dans les pays riches tend à ralentir, sous l’effet de la crise économique, mais aussi par l’efficience accrue de l’économie des filières de recyclage.

Un programme en huit grandes familles d’actions

Depuis 2012, les lois Grenelle obligent les collectivités et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) en charge de la gestion des déchets, à mettre en œuvre un programme local de prévention des déchets. Enfin, depuis août 2015, la loi sur la transition énergétique a fixé un objectif de réduction de 10% des déchets ménagers et assimilés entre 2010 et 2020.

Ce qui représente un objectif de diminution de 49 kg par an et par habitant à l’échelle de Rodez Agglomération. Un premier programme d’actions, conduit de 2010 à 2014, a permis de réduire le volume des ordures ménagères de 8,5%. Approuvé lors de la dernière séance communautaire, le nouveau programme de deuxième génération, qui court jusqu’en 2019 et couvre un champ d’actions plus large, en incluant les déchets de déchetterie, se décline en huit grandes familles d’actions.

Consommation responsable

Il s’agit d’inciter le grand public à «consommer» moins d’emballages et à lutter contre le gaspillage alimentaire. Les poubelles de l’Agglo contiennent jusqu’à 70 kg par an et par habitant de produits non consommés, non déballés et de résidus de cuisine. Chaque année, un foyer de quatre personnes produit 20 à 30 kg de déchets consommables dont 7 kg encore emballés ! Deux autres actions viseront à réduire la toxicité des déchets domestiques et de bricolage, et la collecte des piles, sachant qu’en 2014, le taux de collecte national des piles n’était que de 40,9%. Dans ce cadre, une collecte en porte-à-porte est envisagée avec le concours de La Poste.

La réduction des biodéchets

Il s’agit principalement de favoriser le compostage domestique, le compostage en pied d’immeuble (l’Agglo compte 54% d’habitat vertical, soit environ 12 000 foyers) et de quartier, ainsi que le lombricompostage. La réduction des déchets verts constitue l’une des autres priorités, sachant que 7% seulement des personnes qui possèdent un jardin broient leurs déchets verts, alors que 60% les déposent en déchetterie. Un dernier volet consiste à promouvoir l’utilisation de poules (un millier sur 4 ans), chaque «cocotte qui dépote» pouvant éliminer naturellement jusqu’à 180 kg de déchets alimentaires par an.

Limiter le flux des pubs

 Le territoire du Grand Rodez compte près de 5600 boîtes aux lettres équipées. Une précédente opération d’apposition de «Stop pub» a permis d’éviter 35 kg d’imprimés non souhaités par foyer témoin et par an. La diffusion des «Stop Pub» va être amplifiée, avec un objectif de réduction de 13 kg d’imprimés par an et par habitant.

Prolonger la durée de vie des biens d’équipements

L’Agglo souhaite favoriser la réutilisation des textiles par la collecte séparative ainsi que celle de certains encombrants, en créant des «points de réemploi» dans les déchetteries. En effet, 10% des encombrants de déchetterie correspondent à des objets ou du mobilier encore en état de fonctionnement. Des ateliers de «faire soi-même» pourraient être également créés.

L’éducation des plus jeunes à l’environnement

La protection de l’environnement et l’amélioration des comportements de chacun passent évidemment par l’éducation des plus jeunes. Plusieurs actions de sensibilisation seront menées dans les établissements scolaires et cinq projets d’écoles seront accompagnés.

Réduire les déchets des professionnels

Dans les restaurants, on gaspille, en moyenne 200 gr de nourriture par repas. Une campagne de sensibilisation et de distribution de «doggy bag» (pour emporter ses restes) sera menée auprès de certains restaurateurs. Une collecte de restes de pain sera également mise en place avec l’association Les Bleuets regain. Cette association aurillacoise transforme le pain rassis en aliment pour animaux.

La chasse aux gobelets en plastique

Les services municipaux ainsi que ceux de Rodez Agglomération vont privilégier la vaisselle réutilisable, à la place des gobelets et autres touillettes en plastique. Les organisateurs de manifestations, qui souhaitent s’engager dans une telle démarche d’éco-exemplarité, seront accompagnés par la collectivité.