Culture et Loisirs

Transhumance en Aubrac. Un nouveau délai pour trouver des fonds

Le 05 janvier à 07h00 par OC

Verra-t-on la montée des vaches sur le plateau d’Aubrac fin mai ? Pour cela, la somme de 5 000 € doit être recueillie afin de maintenir cette tradition relancée en 1981.
Verra-t-on la montée des vaches sur le plateau d’Aubrac fin mai ? Pour cela, la somme de 5 000 € doit être recueillie afin de maintenir cette tradition relancée en 1981. (Archives CP)

En cette période de vœux, Serge Niel, président de l’association Traditions en Aubrac, voit s’exaucer celui du maintien de la transhumance organisée depuis 1981, qui aura lieu cette année les 27 et 28 mai. Toutefois, cela passe par un délai demandé et accordé pour prolonger le financement participatif sur internet (www.bulbintown.com) jusqu’au 20 janvier.

«On met tout le paquet, je pense qu’elle aura lieu en ayant pu négocier l’accord mais je lance un appel au peuple, aux collectivités, aux commerçants, à tous ceux qui bénéficient des retombées de la transhumance. Il ne faut pas que cela soit à sens unique», dit-il, faisant référence aux près de 90 dons effectués, pour l’heure, sur le site internet, émanant de personnes ou associations déjà investies dans l’événement phare de l’Aubrac.

«La transhumance est la manifestation qui a ouvert les yeux aux gens sur le potentiel de l’Aubrac. Il y a depuis le chemin de Saint-Jacques mais la transhumance fut l’élément précurseur. Il faut que les gens en prennent conscience.»

« Il faut que les bénéficiaires se mobilisent »

Avec un budget de plus de 200 000 €, devant faire face à la baisse des subventions et à une hausse des contraintes réglementaires, l’association a donc lancé un financement participatif pour recueillir, a minima, 5 000 €. L’objectif est quasiment atteint (4 565 €) et devrait l’être définitivement le 20 janvier.

Mais Serge Niel rappelle l’impact économique de la transhumance « avec des hébergements qui font le plein et des commerces qui gagnent en un week-end la recette d’un mois de morne saison ». Et d’insister en ce sens : « Il faut que les bénéficiaires se mobilisent ». Sans parler enfin du lien social.

« La transhumance manquerait socialement car elle permet aux gens de se rencontrer, de partager un bon moment ensemble. » C’est l’esprit du soutien de communes telles que Gabriac, Condom-d’Aubrac par le biais de Salgues ou encore de Castelnau-de-Mandailles.

« Ce dont j’ai peur, c’est le local. Quand nous avons mis en place le stationnement payant à 5 €, les gens qui ne sont pas de la région l’ont compris. Les gens d’ici devraient voir le travail mené en amont. Je ne suis qu’un président mais la transhumance est soumise à des charges et des réglementations qui pèsent. » Reste donc à espérer, parmi les résolutions de l’année, un sens du partage pour sauver la transhumance, voire même combler son déficit (pallier à 7 000 €) et même plus pour continuer à (faire) rêver.