Tourisme

« Vacanciers » des ponts de mai en Aveyron : la bonne formule des séjours à la carte

  • Week-ends visites et nature, très attractifs dès ce mois de mai.José A. Torres
    Week-ends visites et nature, très attractifs dès ce mois de mai.José A. Torres
  • Jean-Michel Cosson, Michel Gantou, Annabel Carrié et Florence Taillefer à l’office de tourisme du Grand Rodez.
    Jean-Michel Cosson, Michel Gantou, Annabel Carrié et Florence Taillefer à l’office de tourisme du Grand Rodez.
S'abonner Mis à jour le -- partages

Si l’économie se ralentit cette semaine, le tourisme profite de ces deux nouveaux jours fériés qui rallongent encore les week-ends. Et l’Aveyron tire son épingle du jeu.

Le calcul est simple : enlevez lundi, veille du 8 mai et vendredi, lendemain de l’Ascension, et la semaine se résume pour beaucoup de salariés (les indépendants sont plus mal lotis) au mercredi, que l’on peut encore oublier pour peu que quelques congés payés soient à purger.

Certes les enfants tenus de revenir à l’école (publique, car le privé s’affranchit du 11 mai) durant ces deux ponts brouillent un peu l’esprit de famille. Mais il reste quand même à tous un vrai gruyère d’emploi du temps, débuté dès le 30 avril... Si l’économie, sinistrée pour quelques jours, en fait tout un fromage, le tourisme peut légitimement faire son miel de ces week-ends à rallonge.

En dernière minute

Car ces derniers ont la vertu d’inviter à la découverte de proximité, une formule dans laquelle le département sait bien tirer son épingle du jeu. « Les gens aspirent à profiter du soleil et l’on a déjà vu depuis début avril une affluence de touristes venus essentiellement d’un rayon de cent à deux cents kilomètres poser leurs valises pour un week-end en Aveyron, constate Jean-Luc Calmelly, conseiller départemental du Causse Comtal et président d’Aveyron Tourisme. Cette semaine, on peut miser sur de “vrais” vacanciers, même s’il est encore un peu tôt pour analyser les chiffres de fréquentation. Car les réservations, surtout pour des week-ends prolongés, se font à la dernière minute, en fonction de la météo ».

Savoir s’adapter

Le phénomène n’est pas nouveau, les touristes décident au dernier moment de leur destination. Faut-il encore que les professionnels de l’hébergement en particulier, puissent s’adapter. « Et c’est le cas, reprend Jean-Luc Calmelly. Les Aveyronnais savent réagir par rapport à cette tendance, de plus en plus développée chez les vacanciers. De plus, les réservations ne se font plus forcément du samedi au samedi... Et l’on n’y peut rien. Ce n’est pas vraiment confortable pour les professionnels aveyronnais, mais ils savent que leur métier évolue et se sont déjà bien adaptés. Ils ont même sacrément progressé dans ce domaine ».

Les blogueurs marquent le territoire

Tout est bon pour ne pas contrarier la fréquentation qu’elle que soit la saison. Et l’amplifier est même le leitmotiv d’Aveyron Tourisme qui note avec « une grande satisfaction » le coup de pouce opéré par le salon des blogueurs, à Millau, du 23 au 25 avril. « On a relevé une très bonne audience accordée au tourisme dans le département à travers cette manifestation, poursuit Jean-Luc Calmelly. Beaucoup de retours positifs et des jugements très élogieux. Je ne doute pas que les premiers effets puissent s’en ressentir dès maintenant ».

Internet et mobilité

Aveyron Tourisme pour sa part a développé depuis l’an passé son site internet pour l’adapter aux « outils de mobilité ». « On a changé “d’écosystème” en permettant au plus grand nombre d’être en direct sur ce qu’il est possible de faire en Aveyron ». Et donc d’entreprendre un séjour au dernier moment... Au final, ces premiers beaux jours augurent bien d’une embellie touristique dont l’Aveyron va assurément profiter. Ponts du mois de mai ou non.

Séjour à la carte : la bonne formule

S’adapter encore et toujours est une volonté forte de tous les opérateurs pour retenir l’attention des touristes d’avant et d’arrière-saison. Ainsi l’agglomération de Rodez qui développe chaque année ses packs incluant des offres tarifaires (une nuit achetée, une nuit offerte) et le « cousu main » qui plaît tant aux visiteurs. « Conceptualiser les séjours à la carte en étant guichet unique est notre objectif » rappelle Florence Taillefer, directrice de l’office de tourisme du Grand Rodez. « Et les formules proposées permettent avant tout de fixer les gens sur place, au-delà d’une seule journée de visite », ajoute Jean-Michel Cosson, vice-président de l’Agglo en charge de la culture et du tourisme.

Dès avril, tout un menu de visites guidées des musées, mais aussi dès ces jours-ci du clocher de la cathédrale, obéit à ces « plus produits » thématiques que l’on peut réserver sur internet, proposés aux touristes « venant essentiellement, pour cette période de mai, d’un rayon de proximité, Montpellier, Toulouse ou Lyon par exemple », reprend Florence Taillefer pour qui « le musée Soulages, depuis son ouverture a été une force d’attraction indéniable » pour ces courts séjours, « phénomène que l’on ne constatait pas auparavant ».

Nuitées en hausse

Guichet unique, l’office de tourisme l’est aussi par sa capacité à prendre en charge les réservations des touristes, selon la durée de leur étape où leur besoin en logement, grâce à des conseillers en séjour : « Cela nous permet d’être toujours en lien avec les prestataires locaux ». Et de constater ainsi qu’en 2017, le nombre de nuitées marchandes (lieux d’hébergement payant) a grimpé de 9 % par rapport à l’année précédente.

Réagir