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A Rodez, le malaise des habitants du quartier Saint-Eloi-Ramadier

RODEZ /
26 oct. 2015 / 14h01

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Rénovation urbaine : rien avant 2017

«Le travail de l’insertion sociale est du ressort de l’État, le boulot c’est du ressort de la Caf et du Pôle emploi, les problèmes des boîtes à lettres cassées, des ascenseurs et de la saleté dans les bâtiments est du ressort de l’OPH», rétorque Monique Herment-Bultel, première adjointe au maire de Rodez, en charge de la vie des quartiers. L’élue se dit pourtant à l’écoute des habitants, mais de toute la ville. 

«Une mairie est responsable et doit faire de la cohésion sociale partout, pas seulement dans un quartier ou dans un autre, mais avec tout le monde et avec tout le reste de la ville et tous les partenaires». Malgré l’appel au secours d’une partie des habitants du quartier Saint-Éloi-Ramadier, et notamment ceux qui se sentent concernés par l’urgence de la mise en sécurité du quartier, l’élue ne promet rien de concret. La population devra patienter jusqu’en 2017 pour assister à une rénovation des abords de la cité.

Pour autant, il ne faudrait pas qu’elle se fasse des illusions. Le projet global concernera les ronds-points (Gineste-avenue de Bordeaux, entre autres) pour désengorger la circulation et la création de la nouvelle université. Saint-Éloi Ramadier pourrait alors profiter de ce grand projet pour espérer s’embellir un peu. Monique Herment-Bultel, qui dit y avoir travaillé cet été, a dressé le constat, «avec tous les acteurs». Il en est ressorti le projet de la création d’un potager au sein de l’îlot Ramadier et la poursuite des comités de quartiers. Celui de Ramadier est prévu le 4 novembre. Les habitants qui souhaitent créer une association afin de se prendre en main ont été reçus par l’adjointe au maire, récemment.

Le décès d’un jeune en prison à Druelle avait mis le feu aux poudres dans le quartier Saint-Eloi où le gamin a grandi. Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, la mort du jeune homme a en réalité révélé un véritable malaise dans le quartier. Les habitants se disent «abandonnés» par la mairie.

Quand on les a rencontrés, à leur demande, ils n’ont eu de cesse de lister les dysfonctionnements a priori matériels mais qui dénotent une rupture avec les élus. Après la manifestation de colère des jeunes récemment, c’est aujourd’hui au tour des adultes du quartier de vouloir tirer la sonnette d’alarme, car «la situation devient catastrophique». Et de rappeler «les promesses non tenues par les élus».

«Les enfants pourraient fuguer de la maternelle»

Le ras-le-bol est tel que les habitants souhaitent se prendre en main en créant une nouvelle association qui, espèrent-ils, pourra résoudre les problèmes listés ci-dessous : l’école dont le grillage reste béant depuis plus d’un an inquiète les parents des enfants scolarisés car «les enfants pourraient fuguer de la maternelle», avancent-ils.

Le maire a promis de renforcer le grillage clôturant l’établissement scolaire. Mais aujourd’hui, force est de constater que le grillage rouillé est toujours à terre. Le jeune garçon qui a trouvé la mort en déboulant à vélo sur le talus de l’esplanade de Saint-Éloi avait ému le maire et tout le quartier, cet été.

Ce mur devait être sécurisé après le décès d’un jeune garçon de 12 ans.

Compatissant, le premier magistrat avait promis la mise en place d’un filet de sécurité ou une haie pour éviter tout autre accident. Pour l’instant, c’est le statu quo.  Sécurité toujours : les habitants du quartier réclament depuis «5 ou 6 ans, un filet entre le bas de l’esplanade et la route».

Et d’ajouter que «les enfants qui jouent au ballon ont tendance à les suivre sans se rendre compte du danger de la route», analyse une mère de famille. Idem pour le toit des salles d’animation et des fêtes sur lesquels les enfants peuvent grimper aisément, en passant par les talus. Les jeux pour enfants, entourés de barrières de sécurité depuis cet été, sont interdits aux habitants. 

Les 14-20 ans, «une génération sacrifiée»

Selon les parents qui pointent le taux de chômage chez les jeunes du quartier. Un chômage qui a pour conséquence le désœuvrement de ces garçons, une relation souvent «difficile avec la police», soulignent encore les parents. Salle des jeunes fermée pour cause de prosélytisme religieux, il y a plus d’un an : ce n’est pas une «réponse adaptée» pour les habitants, qui ont pris cette décision municipale comme une punition collective.

«Nous ne nions pas qu’il y ait eu du prosélytisme religieux, mais cela n’a concerné qu’une poignée de personnes et aujourd’hui, tout cela est fini», clament-ils. Les jeunes parents mettent en cause la municipalité qui «ne fait qu’un peu d’animation, sur les heures où les enfants sont à l’école et qui les ferme quand les petits pourraient en profiter. Les plus grands, à partir de 17 ans, sont livrés à eux-mêmes», ajoutent-ils. Pour y remédier, ils réclament un éducateur.

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