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Les concerts de Sauveterre menacés : le blues s’empare des festivals

22 janv. 2014 / 10h04

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57,5 milliards d’euros

Qu’ils s’activent à l’Ajal, à Boulègue en Lévezou ou à 12Touch, les bénévoles qui s’impliquent dans les associations culturelles et créent de toutes pièces des festivals, ont à cœur la dynamisation de leur territoire rural. Ils y croient, c’est leur moteur, le gouffre dans lequel ils investissent temps et énergies. Pas à perte. Car "on sait ce qu’amène la culture" rappelle l’un des piliers fondateurs du Cap, Jean-Marc Dejean. Est visé ici le récent rapport inédit commun au ministère de la Culture et au ministère de l’Économie qui démontre que la culture contribue sept fois plus au PIB français que l’industrie automobile avec 57,8 milliards d’euros de valeur ajoutée par an (du seul fait des activités culturelles). Sur ce chiffre, on retranchera 13,9 milliards d’euros (État) et 7,6 milliards d’euros (collectivités territoriales). 


Capfestival : "C’est compliqué..."

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"C’est compliqué", avoue Jérôme Fabié, l’un des co-présidents du Capfestival, avant de rassurer: "En 2013, on clôture négativement. Il va falloir mettre des pansements. Mais cela ne met pas du tout en péril la prochaine édition qui se déroulera bien sur trois jours !"

"Un milieu de maquignons !"

En cause, la désaffection significative du public, avec 700 festivaliers de moins qu’en 2012 et par ricochet, une équipe qui doit se remettre en question et revoir sa programmation. Autre corollaire l’augmentation exponentielle des frais. "Un milieu de maquignons !", a découvert un Jérôme Fabié effaré.

Passer à la casserole 

"Ça devient de plus en plus cher. Mais on est tellement petit à l’échelle nationale, on n’a pas les moyens de payer un artiste de renommée. Et c’est pourtant ce que veut le public. Investir 45 000€ dans un artiste n’est pas possible." Le budget de Capfestival se monte sur trois jours à 180 000€. Le financement public et privé représente 35% du budget et sur ce point, Capfestival "n’a pas à se plaindre". "Après la baisse de l’Estivada, on a eu un coup de stress. Et si on passait nous aussi à la casserole? De toute façon, le tout gratuit n’est pas la solution", considère Jérôme Fabié: "On sera amené à fonctionner différemment et à multiplier les partenariats privés et locaux. On ne peut pas tout le temps demander de l’argent public. Il faut à un moment se prendre en main."

Des spectateurs moins aventureux

De plus, "les gens sont moins aventureux, bougent moins et en veulent pour leur argent. Le vendredi, on souhaite garder un prix d’entrée à 16, 17€ mais c’est très tendu. Qu’il fasse un orage et on devra écoper…"

Dans l’immédiat, l’équipe s’attelle à faire des merveilles de programmation pour la 20e édition de ce festival itinérant accueilli pour le troisième été consécutif au Vibal. Se posera ensuite la question de quelle commune du Lévezou sera la prochaine escale. Candidatures d’ores et déjà bienvenues.

"Le Roots’ergue, le Soft-R festival et le Sauveterre de blues sont en danger, nous ne connaîtrons pas de nouvelles éditions si la mobilisation n’est pas au rendez-vous."

En guise de vœux et de perspectives, le communiqué de l’association organisatrice de ces trois festivals est tombé comme un couperet. "À l’image de tous les festivals, la situation est en effet un peu délicate….", ne cache pas Basile Delbruel, coprésident de l’Association jeunesse, arts et loisirs de Sauveterre-de-Rouergue, "Tout est en suspens, seul le Roots’ergue devrait pouvoir être maintenu. 2014 sera donc une année de restructuration pour consolider".

Concert de soutien en avril ou mai

Vendredi 24 janvier, réunie en assemblée générale, l’Ajal décidera de l’orientation à donner, onze ans après la première édition du Roots’ergue. La date du concert de soutien, fin avril, début mai, sera arrêtée et l’appel à la mobilisation, des festivaliers comme des groupes de musique, amplifié. La mauvaise nouvelle n’a surpris personne. Les festivals, et plus largement la culture, sont dans l’œil du cyclone et payent la facture d’une crise qui dure, les collectivités territoriales et les citoyens lambda révisant leurs priorités budgétaires.

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Les risques du métier

Pour autant, ce facteur conjoncturel n’explique pas tout. S’y ajoutent en effet les risques du métier, qu’ils soient météorologiques ou structurels. Qu’une équipe s’use, qu’un orage éclate, qu’une programmation foire, et c’est la « cata ». Exemple avec Sauveterre-de-Rouergue. En 2012, le financement public a représenté 20 à 25% du budget global de l’Ajal. L’année suivante, les subventions, quoique maintenues, plafonnent à 10% d’un budget qui a atteint 300 000€. "Le nouveau format de Roots’ergue, déplacé de la salle des fêtes à la place aux arcades, n’a pas convaincu nos partenaires. Nous n’avons pas réussi à franchir le cap", reconnaît Basile Delbruel, "Que le public ait répondu présent n’a pas suffi à compenser les frais plus importants induits par cette nouvelle formule".

"Relancer la machine"

Portés par 180 bénévoles, les trois festivals de Sauveterre attirent entre 2 et 4000 spectateurs par an et connaissent une renommée régionale. "C’est un bel outil de promotion du territoire, c’est le pari de maintenir la culture en milieu rural. On va relancer la machine, solliciter des appuis. On a pour nous l’enthousiasme et la combativité", assure le coprésident.

En toile de fond, le spectre du festival Skabazac assombrit bien sûr l’horizon. Cette grosse machine lancée en 2006 s’est arrêtée en 2011, exsangue financièrement. On pense aussi à l’Estivada doublement fragilisée l’été dernier par la baisse de la subvention du conseil général et le gros coup de vent pour clôture.

En contrepartie, ce sont aussi le Capfestival qui, à la veille de son vingtième anniversaire, trace sa route cahin-caha, ou l’association 12Touch, qui, sous des formats hybrides, perpétue à son échelle un rôle d’agitateur culturel. Dans la cour des petits, l’histoire des festivals s’inscrit aussi dans les turbulences.

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