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Scandale Volkswagen : quelles conséquences pour Bosch à Rodez ?

30 sept. 2015 / 20h19

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Si souvent mis sur le devant de la scène économique pour sa rigueur, son sérieux et ses résultats, le fameux modèle allemand est-il en train de se fissurer de l’intérieur? La question est sur toutes les lèvres, depuis la révélation de l’affaire Volkswagen et du logiciel truqueur pour les tests de polluants des moteurs diesel. L’effet domino étant immédiat, l’on apprenait ce week-end dans la presse allemande que «l’équipementier Bosch a fourni, dès 2007, à Volkswagen, à des fins de test internes, le logiciel au cœur du scandale, tout en spécifiant alors que son installation sur les véhicules serait illégale.»

Attentisme et prudence côté syndical

Au-delà de sa résonance mondiale et des conséquences directes pour le premier constructeur automobile mondial (Volkswagen a détrôné Toyota au premier semestre 2015) qui risque d’y laisser quelques plumes, cette affaire peut-elle avoir des incidences sur l’avenir des principaux équipementiers et sous-traitants automobiles aveyronnais (Bosch, à Rodez, Sam Technologies, à Decazeville, Filtrauto à Marcillac) ? Sans verser dans quelconque catastrophisme, il est légitime de se poser la question.

Lundi, le directeur de l’usine Bosch d’Onet-le-Château, Olivier Pasquesoone, devait nous accorder une interview pour évoquer l’avenir de la principale unité française de la division diesel et de ses 1500 salariés. Après la divulgation, ce week-end, du lien entre Bosch et Volkswagen, le rendez-vous a été annulé.

«Au vu des relations que nous entretenons avec Volkswagen, vous comprendrez bien que nous ne pouvons pas communiquer. De plus, il est beaucoup trop tôt et nous n’avons aucun élément à vous donner», explique Harald Frank-Lerendu, directeur de la communication de Bosch France, installé à Saint-Ouen. Du côté syndical, attentisme et prudence sont également de mise, dans l’attente d’un comité central d’entreprise extraordinaire : «Il est beaucoup trop tôt pour avoir une vision. Nous n’avons pas de déclaration à faire pour l’instant».

Des productions revues à la baisse ?

Reste que ce fâcheux dérapage de Volkswagen dans sa course au leadership mondial, redonne du grain à moudre ou plutôt des particules fines à broyer aux opposants du diesel. Et relance l’éternel débat sur le toujours controversé «diesel propre.» En ayant bien à l’idée que la France est pratiquement championne du monde du diesel, avec un taux de diésélisation de 73%, alors qu’aux États-Unis, ce taux devrait tout juste atteindre 10% cette année. Bosch, on le sait, mise considérablement sur le «diesel propre». Récemment, le directeur de l’usine castonétoise, Olivier Pasquesoone, avait été catégorique : «Il y a de l’avenir pour le diesel et le diesel peut être propre.»

Les enjeux sont considérables l’objectif du géant allemand étant de rayonner, d’ici 2021, sur 61% du marché mondial et 76% du marché européen. En 2014, Bosch Rodez a produit 2,6 millions d’injecteurs common rail. En 2015, la production aveyronnaise devait atteindre 3,8 millions de pièces. Le cap sera-t-il maintenu, sachant que les injecteurs fabriqués à Rodez équipent notamment les moteurs des véhicules Volkswagen et Audi, qui se retrouvent aujourd’hui dans l’œil du cyclone ? Une réduction des volumes de productions est, sinon prévisible, certainement envisageable.

De Sam Technologies à Filtrauto 

Dans le Bassin de Decazeville, Sam Technologies ne travaille plus pour le groupe Volkswagen, ses principaux donneurs d’ordres étant aujourd’hui Renault, Daimler, PSA, Valéo, Siemens ou bien encore Bosch pour des supports de balais d’essuie-glaces. On précisera tout de même que le groupe Arche, dont dépend l’unité viviézo-decazevilloise, a décidé de délocaliser une partie de ses productions en Turquie, auprès du fondeur Kirpart, lequel fabrique déjà des pièces en aluminium pour Renault et... Volkswagen.

Filtrauto, l’autre équipementier aveyronnais de Marcillac-Vallon, fournit la plupart des constructeurs automobiles, dont ceux du groupe Volkswagen, sous sa marque historique des filtres Purflux. «Ce n’est pas le premier scandale dans l’automobile, déplore le secrétaire départemental de la CGT, David Gistau. C’est toujours pour accroître la rentabilité financière. Plutôt que de tricher, il vaudrait mieux développer la recherche pour améliorer les performances environnementales des moteurs.»

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