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Filippo De Dominicis ou le théâtre à deux visages

13 nov. 2017 / 07h00

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Lors de chacune de ses représentations, Filippo De Dominicis impose sa vision des textes consciencieusement étudiés, analysés. Cette volonté d’offrir d’autres perspectives au théâtre, le metteur en scène italien l’a insufflée dans sa compagnie crée en 2012, Tempo Théâtre. Tout l’esprit de la compagnie s’articule autour d’une seule idée : mettre l’acteur au centre de la création artistique.

Ainsi, au fil des représentations données à Toulouse, à Rodez, à Conques, dans des lieux insolites ou des espaces définis, Filippo De Dominicis a affiné sa vision du théâtre. « Je conçois les rôles du metteur en scène et de l’acteur comme un dialogue, explique-t-il. L’acteur ne doit pas être au service de la mise en scène. Mais c’est bien le metteur en scène qui doit adapter la pièce pour l’acteur. »

Le jeu des acteurs italiens

Tout au long de sa formation théâtrale, débutée à l’université de Sienne en Italie, Filippo De Dominicis s’est imprégné du jeu d’acteurs italiens et a mis en scène ses premiers textes. « Je me suis retrouvé un peu par hasard à la mise en scène, confie-t-il. J’ai tout de suite apprécié cette place particulière, au centre mais en même temps en position d’observateur. »

En étroite collaboration avec l’acteur Pierre-Benoît Duchez formé notamment au théâtre national de Toulouse, Filippo De Dominicis va participer à la conception et la réalisation de plusieurs festivals en Europe. Il va poser ses valises à Conques en 2008, où il devient directeur du festival Errances de Conques.

Le metteur en scène italien travaille sur le temps long : de 2012 à 2016, la compagnie mène à terme un projet de création nommé « Diptyque de la nuit », qui réunit deux textes de Bernard-Marie Koltès (1948-1989), dramaturge français parmi les plus joués dans le monde. « Ce projet est né à Conques et a pris forme à Toulouse, au Théâtre du Pont-Neuf, raconte le metteur en scène. Puis il a été joué dans d’autres lieux, à Thérondels ou à Luc-la-Primaube, par exemple. C’est ce que je souhaite : apporter le théâtre dans des territoires où l’on n’a pas l’habitude de jouer. Et ainsi rencontrer des publics qui n’y ont pas toujours accès. »

Pédagogie théâtrale

Parallèlement à ce travail, Filippo De Dominicis propose à des acteurs professionnels ou amateurs, des enfants et des adolescents, dans les lycées, les collèges, au sein du milieu carcéral ou des centres d’accueil de demandeurs d’asile, des stages et des ateliers de création. Cette forme de pédagogie théâtrale, il la débute en 2008 avec l’association Lusine, de Marcillac. D’autres associations vont faire appel à lui pour mener à bien de nouveaux projets.

« J’apporte dans ces stages une démarche professionnalisante, assure le metteur en scène. Je demande aux participants de réfléchir pleinement sur les textes. Dans mes créations, je prends mes distances avec le théâtre “bourgeois”, sans pour autant le dénigrer. Tout ce qui a été fait avant compte. » « J’aime les textes qui interrogent, loin des stéréotypes culturels, poursuit-il. Les textes d’Antonin Artaud qui peuvent paraître difficiles au premier abord, moi j’essaye de les rendre accessibles. Et la mise en scène aide beaucoup à cela. »

La pièce « Schizophonie », jouée à La Menuiserie à Rodez, mise en musique par Guy Raynaud et articulée autour des textes d’Antonin Artaud, en est le parfait exemple. Aussi, le spectacle Herla King, de et avec Francesco Pennacchia, croise l’étude d’un objet du théâtre de la Commedia dell’Arte, le masque d’Arlequin, avec une écriture scénique contemporaine. Une collaboration avec un acteur italien qui lui permet d’ailleurs « de remettre un pied en Italie et d’envisager de nouveaux projets ». Filippo De Dominicis se trouve ainsi à la croisée de deux mondes, de plusieurs univers. Avec sa compagnie, il poursuit ce travail de recherche sur les origines du théâtre. Allant jusqu’à se pencher sur les archétypes mythologiques et la parole archaïque où l’acteur serait une nouvelle fois au centre de la scène, dépouillé de tout artifice.

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