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Le mohair, toison d’or en Aubrac

13 août 2017 / 08h00

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Versailles est bien loin pour Cécile Rémond. Aujourd’hui, l’Aubrac est son château et son jardin, cultivé par ses chèvres angora. Il faut dire que dès l’âge de 16 ans, Cécile voulait exercer dans le monde agricole. Elle a pris les chemins de traverse, ou les chemins noirs comme dirait l’écrivain Sylvain Tesson. Installée à Cantoin, elle partage son temps entre son emploi à l’office de tourisme d’Argences-en-Aubrac, ses centres d’intérêts que sont le chant et la peinture et, donc, l’élevage de chèvres angora pour la fabrication de la fameuse laine mohair. D’où cette confidence : « Je suis hyperactive ! ». Et d’ajouter : « Quand je fais quelque chose, je le fais avec passion ».

Pulls, bérets, chaussettes

Il faut la voir bichonner ses biquettes chevelues et leur parler avec attention. Le temps ne compte pas pour prendre soin de ses chèvres qui lui ont valu d’ailleurs le prix du plus beau troupeau de France ! Une distinction officielle, gage de transparence de la marque « Le Mohair des fermes de France », créée en 1994, devenue au passage l’an dernier la propriété de la Sica Mohair, en charge de la transformation.


Sur les contreforts de l’Aubrac, à la limite du Cantal, Cécile élève une cinquantaine de chèvres angora qu’elle amène à la tonte deux fois par an, à Gaillac dans le Tarn, où se situe l’entreprise Sica Mohair. Cela lui permet de disposer de cent kilos de toison (deux kilos par chèvre) pour confectionner écharpes, gants, couvertures, pulls, bérets, chaussettes, etc.

Pour chacune de ses créations, cela demande un assemblage approprié avec des fibres naturelles (soie) ou des fibres technologiques (lycra). Ainsi, les fibres les plus fines sont réservées pour des articles destinés à être portés à même la peau, les fibres les plus gonflantes sont tissées en couvertures et plaids. Il existe une troisième catégorie mélangée à de la laine pour donner des produits souples et résistants. La laine mohair est aussi classée en différentes catégories selon la finesse : le kid-mohair ou mohair de chevreaux, mohair des jeunes et mohair des adultes.

Moins contraignant que l’élevage laitier

« C’est très doux, cela tient chaud et c’est solide contrairement à bien des chaussettes », confie une cliente qui en a acheté dans la boutique éphémère « Occi’Talents » à Laguiole, qui abrite 23 artisans. Et à 20 € la paire de gants, autant dire que cela permet de passer bien plus qu’un hiver au chaud ! Il est possible de voir le cheptel de Cécile à Cantoin ainsi que son atelier de fabrication. Elle reçoit le public sur rendez-vous. L’occasion de découvrir le mode de vie des chèvres angora, nourries à l’air libre, avec de la paille, gage de qualité.

Cécile est attachée à ce fonctionnement artisanal qui exige du labeur mais offre des produits authentiques. Cependant, l’élevage de chèvres angora est moins contraignant que l’élevage laitier. De toute façon, tout lui plaît dans son métier qu’elle rêvait déjà adolescente. De l’élevage à la conception, son métier est de fait varié, renouant avec les métiers d’antan. Sans parler de la douceur de la toison de ces chèvres, l’exercice manuel devient ici un vrai plaisir. Les enfants aiment à caresser ses bêtes. Et les parents de repartir avec un souvenir de Cantoin. Une idée balade en tout cas fort dépaysante, une façon aussi de découvrir et parcourir l’Aubrac autrement.

La ferme Au doux mohair d’Aubrac, à Cantoin. Visite sur rendez-vous au 06 95 02 98 17.
Un espace lui est dédié aussi à la boutique éphémère « Occi’Talents » ouverte tous les jours de 9 h 30 à 19 h au 14 rue de la Violette à Laguiole jusqu’au 31 octobre.

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