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Coups et privations sur un enfant de 2 ans et demi : prison pour les parents violents

Leur dernier-né de 2 ans et demi a subi l’indicible : le couple a été condamné par le tribunal correctionnel.

15 févr. 2018 / 14h47

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Ils ont treize enfants. Et les 20 ans d’assistance éducative qui ont rythmé la montée en puissance de cette imposante fratrie « se sont soldés par un échec pour ce couple qui n’a rien compris » et pour qui la faute qui leur imputée aujourd’hui est celle de leurs enfants, déplore la partie civile. Pour monsieur et madame, 50 et 43 ans, c’était hier la fin du parcours : l’autorité parentale leur est retirée, tous deux partent aussitôt le jugement prononcé pour trente mois de prison ferme.

« Il pissait le sang »

C’est leur comportement sur leur petit dernier, âgé de 2 ans et demi au moment des faits, qui a précipité les choses. La mère est violente (elle le reconnaît sans difficulté) et distribue des claques, des coups de poings ou de pied au jeune garçon, « parce que les claques ne lui faisaient plus rien » glisse la marâtre. « Il pissait le sang, souvent », dira l’un des frères aînés de la victime qui se confiera aux services sociaux, brisant au passage la loi du silence imposée par le père, faisant régner la terreur sur toute la fratrie.

Car le père aussi fut violent. Sur ce même enfant dès après sa naissance. Il sera condamné en 2013, fera trois mois de détention préventive, héritera d’un sursis avec mise à l’épreuve et n’a plus envie de connaître la prison. Il laisse donc sa femme faire la besogne. Et se gardera bien de la dénoncer, ce que lui reproche la justice, même s’il sait lui demander, dans les pires des cas « de se calmer ».

Malnutrition ? « Les enfants mentent »

Aux coups, récurrents, s’ajoutent pour l’ensemble des frères et sœurs, du moins les plus jeunes qui sont encore au domicile parental en vallée du Lot, de la malnutrition et des privations de soins de toutes sortes, ce que réfute le couple, sans convaincre le tribunal. En garde à vue ils diront d’abord : « Les enfants mentent ! ». Ensuite, ils se rendront à la raison.

Alors pourquoi ? La petite victime est placée en famille d’accueil en 2013 après la condamnation de son père. Famélique et apeuré, il reprend confiance et quelques kilos durant l’année de son placement. Mais il est rendu à ses parents. Sa mère qui ne l’a pas vu depuis douze mois, garde le sentiment « que cet enfant n’est pas le sien », avance la défense en évoquant la rupture affective et l’altération du discernement. Alors le petit va reperdre du poids, la tête précipitée dans l’assiette, et cumuler les ecchymoses.

« Pauvreté intellectuelle »

A la barre, c’est un couple mal attifé qui se pose en victime et qui se confond, en fin d’audience, en regrets et sanglots. « Troubles graves de la personnalité, débile léger, candidat à la récidive », tranchent pour le père les experts psychiatres. Pour la mère, « faible capacité à l’affection, carences affectives durant sa jeunesse, éligible à la récidive ».

« C’est le procès de la pauvreté sociologique, affective, intellectuelle », plaide Me Dibon-Courtin pour la défense qui reprend les éléments de personnalité sans minimiser les responsabilités. Mais souhaite un suivi et une mise à l’épreuve, plus bénéfique pour eux que la prison. L’avocate raconte : lui a été un enfant placé de foyers en foyers dont le rêve était d’avoir une famille. Une jeunesse terrible et un amour total pour sa femme qui lui fait oublier son passé. Elle, a subi coups et insultes dans son enfance et se réalise aujourd’hui en enchaînant les grossesses qui lui confèrent son rôle de mère.

« L’alchimie de la maltraitance »

Auparavant Me Plainecassagne pour la partie civile a martelé la gravité des faits, « c’est le corps de cet enfant qui parle à sa place », l’indicible de son vécu et « la symbiose toxique, l’alchimie de la maltraitance dans ce couple où les enfants ne comptent pas ». Le procureur Olivier Naboulet attendait à la barre un peu plus d’empathie et de prise de conscience des deux prévenus. Las. Et il égrènera avec précision les responsabilités de chacun d’eux avant de requérir de la prison ferme, 30 mois pour lui, 40 mois pour elle, assortis du retrait de l’autorité parentale à l’égard de la victime, leur plus jeune fils.

Le tribunal, présidé par Denis Goumont tranchera : tous deux se voient infliger la déchéance de leur autorité parentale sur l’ensemble des enfants, une expertise médicale sur le traumatisme de leur victime, et 30 mois de prison ferme avec mandat de dépôt à l’audience. Ils ont passé dès hier soir leur première nuit en prison, chacun de leur côté. Quant aux enfants - les mineurs en tout cas - ils sont tous placés en familles d’accueil. Et ne pourront désormais rencontrer leurs parents que s’ils le souhaitent.

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