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Années 1960 : quand Johnny venait en aide aux mineurs decazevillois et mettait le feu au Bassin !

Roger Lajoie-Mazenc, journaliste, nous raconte les différents passages de l’artiste dans le Bassin.

06 déc. 2017 / 14h40

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De Johnny, qui vient de disparaître, Decazeville et le Bassin gardent le souvenir indélébile de sa générosité. Venu ici dans le contexte douloureux de la grande grève des mineurs de 1961-62, le chanteur yé-yé offrit son cachet à la caisse de solidarité. Un geste apprécié qui, dans la mémoire populaire, fait aujourd’hui oublier le rut de plus de 300 filles couvrant de baisers la voiture de l’idole. Certaines grand-mères, voire arrière grand-mères, d’aujourd’hui se reconnaîtront. ̈Peut-être l’ont-elles encore dans la peau ? Quand Johnny revient, en novembre 1966, invité au Family par Etienne Lafon, infatigable organisateur de grands spectacles, si on n’a pas refusé du monde, la salle est bel et bien pleine à craquer. J’y étais, dûment assermenté.

Whisky, strip-tease

Tout avait commencé par des cris et des cris. À la deuxième chanson, Johnny avait sucé le goulot d’une bouteille de whisky. À la troisième, il avait mis un genou à terre. À la cinquième, il prenait sa guitare et disait « Bonsoir », ce qui était bien le moment ou jamais. Et voilà qu’au dixième braillement, le piano se mit à geindre. Il pleurait pour Johnny disant le mal que peut avoir l’homme qui aime une femme. Au treizième, il devint provocant. Sur la gauche, le gardien de la paix fut débordé, les copains ayant investi l’avant-scène. Bon prince, Johnny serra une main parmi la centaine qui se tendait vers lui. Puis, il s’abandonna au strip-tease, très méthodiquement. D’abord la veste, qu’il conserva jalousement, ensuite la cravate, qu’il fit longtemps tournoyer au-dessus de sa tête avant de l’expédier dans la mêlée en furie. Enfin la chemise qui vola au milieu du parterre. Ce fut la ruée sur les saintes étoffes, la bagarre de tout un(e) chacun(e) pour son carré de tissu humide.

Direction Cransac

Et tant pis pour les sièges que l’on saccageait par dizaines. Cependant, Johnny, torse-nu, suait plus encore. Et crachait. Il en était à son troisième micro noyé par les

macro postillons. La carburation avait dépassé les prévisions. Interrogatif sur sa prestation, il broya un peu de noir avant de s’affaler dans les coulisses pendant 45

minutes. Et puis, ce fut ce qu’il convient d’appeler la résurrection d’une idole. De Decazeville nous étions passés à Cransac où la récupération devait se faire à l’hôtel du Parc, chez Michel Astor. Outre le reportage, pour la presse régionale, sur la folle soirée, alors attaché aussi à la presse people, j’avais eu pour mission d’enquêter sur les relations compliquées entre Johnny et Sylvie. Pas facile hein, le sujet !

Le Dieu des journalistes, si tant est qu’il en existe un, m’accompagnait cette nuit-là, mettant sur ma route un copain de régiment, reconnaissable entre tous à sa crinière rousse. Tout fier de m’expliquer qu’il était dans les services techniques de la tournée de Johnny. La porte m’était entrouverte pour l’interview qui pouvait être celle du siècle. La suite, je la passe... Car le reste n’est que légende, comme le restera Johnny.

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