Près 200 manifestants disent non à l'extension de la porcherie

  • Le projet d’extension de la porcherie de la Sanguinette, près de la grotte de Foissac, exacerbe
les passions. L’État va devoir faire preuve de beaucoup de diplomatie dans les semaines à venir…
    Le projet d’extension de la porcherie de la Sanguinette, près de la grotte de Foissac, exacerbe les passions. L’État va devoir faire preuve de beaucoup de diplomatie dans les semaines à venir… Xavier Rousseau/Centre Presse
Publié le , mis à jour

Répondant à l'appel du collectif des Amis de Foissac, 200 manifestants sont venus devant la mairie de Causse-et-Diège pour dire non à l'extension de la porcherie de la Sanguinette sur la commune. 

Habitants de Causse-et-Diège, riverains de l'exploitation agricole, archéologues et spéléologues du département, membres du Collectif contre le projet de porcherie industrielle à la Sanguinette ou militants écologistes, dont Jean-Louis Calmettes, l'élu Vert du Bassin : ils étaient quelque 200 personnes à manifester hier matin devant la mairie de Causse-et-Diège à Loupiac, à l'appel du collectif Les Amis de la grotte de Foissac.

Rapport "caricatural"

Barrage filtrant sur la RD 922 et distribution de tracts aux automobilistes à l'appui. Autant de voix et de pancartes pour rappeler avec force et détermination leur opposition au projet d'extension de la porcherie de la Sanguinette, sur cette même commune - rappelons que le nombre de place passerait de 1 170 à 2 996 par an, pour une production annuelle envisagée de 8 000 porcs -, présenté par le Gaec Cassan. Un projet qui, à l'issue de l'enquête publique, a reçu l'aval du commissaire-enquêteur en milieu de semaine . Un commissaire-enquêteur qui a dû d'ailleurs entendre ses oreilles siffler hier matin, tant les opposants étaient remontés contre ses conclusions. "Ce rapport est tellement gros et caricatural que l'on ne doute pas que la préfète comprenne par elle-même et nous donnera raison. On compte beaucoup sur son intelligence pour prendre la bonne décision. " 

Point de non-retour

Du côté des archéologues du département (ASPAA) par la voix de Georges Bories, on se dit  "indignés que les peintures rupestres de la grotte préhistorique de Foissac, les seules que l'on trouve dans l'Aveyron, risquent de disparaître à cause de la pollution des nappes souterraines provoquée par l'épandage de lisier (on parle de plus de 4 000 m3, NDLR) ". Les spéléologues aveyronnais proposaient eux, que "les pro porcherie et le commissaire enquêteur boivent devant nous un litre d'eau de la grotte de Foissac qu'on leur aura apporté, et que s'ils sont toujours en bonne santé ou vivants dans un mois, on acceptera le plan d'épandage". On l'aura compris, le projet agricole exacerbe les passions et les deux parties semblent avoir atteint aujourd'hui, un point de non-retour en terme de conciliation. Même si les manifestants espéraient hier que cette démonstration de force matinale suffirait à convaincre de la légitimité de leur combat, sans "être obligés d'aller manifester à Rodez". Sébastien du Fayet de la Tour, conservateur de la grotte de Foissac et à l'initiative du collectif, entend, lui, faire une demande à la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) du classement de la grotte et de la rivière, "ce qui permettrait de revoir l'extension d'une porcherie qui pollue déjà".

Xavier Rousseau
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