Rodez

Et vous, pourquoi irez-vous à l'Estivada ?

  • Le président de l'Estivada, Patric Roux.
    Le président de l'Estivada, Patric Roux. - José A. Torres
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Avant le lancement mardi soir de l'édition anniversaire de l'Estivada, rencontre avec le président Patric Roux qui évoque les avancées et brosse les perspectives des prochaines éditions. 

L’Estivada fête cette année ses 20 ans. Quels bilans en tirer ?

En 20 ans, l’Estivada a probablement accueilli l’ensemble de la scène occitane et s’est imposé comme un festival de référence qui s’est professionnalisé et a rompu avec toute dimension folklorique. C’est difficilement quantifiable mais nous avons sur ce territoire profondément bouleversé les représentations quant à notre langue et notre culture. La représentation symbolique de l’occitan n’est plus l’étable ou l’odeur de la bouse de vache, c’est-à-dire symboliquement l’image d’un passé – peut être malheureusement, qui sait ? - achevé. L’Estivada parle occitan ici et maintenant ! Ces dernières années, nous sommes ainsi passés d’un festival intergénérationnel et très familial à un festival capable de parler massivement à la jeunesse. L’Estivada, c’est aussi l’unification de toutes les régions occitanes autour d’un même projet, ce sont des élus d’Aquitaine qui financent un festival de Midi-Pyrénées, c’est à Barcelone des gens qui portent des T-shirts de l’Estivada, c’est en Italie la construction de l’Uvernada, pendant hivernal de notre Estivada ruthénoise.

Comment définir cette fameuse identité occitane, plutôt insaisissable ?

Être occitan, c’est d’abord une affaire de conscience. Sans état, sans papier, l’Occitanie n’existe que si les hommes et les femmes de ce pays l’ont en conscience ! Ce n’est pas seulement affaire de langue, c’est aussi un rapport à ce territoire; a minima et passivement, c’est admettre et être en paix avec l’histoire, la culture de ses parents, de ses origines. C’est cesser de penser qu’ici, on est nul et que Paris est bien mieux. C’est ne plus être un provincial pour être majeur dans un pays majeur! C’est savoir et comprendre que l’occitan compte des Nobel de littérature. Malheureusement, le peuple occitan est un peuple qui ne défend pas sa langue. Il est urgent que cela change 

Comment délimiter une culture occitane qui transcende les régions ?

Corse ou breton, ce serait en effet plus facile car ce sont de plus petits territoires dont on fait le tour en un jour. Le lien commun entre le Val d’Aran et la Creuse, entre Bordeaux et Borgo San Dalmazzo sera alors la langue. C’est aussi une affaire de comportements... Les Occitans croient plus à la démocratie et aux institutions. N’est-ce pas nous qui avons le plus adhéré à la République ? Peut-on y voir là l’héritage du droit romain ? Adhésion au droit écrit contre l’arbitraire tyrannique…

L’an dernier, Zebda et Massilia ont déchaîné les foules. Que répondez-vous à ceux qui regrettent l’absence cette année de têtes d’affiche significatives ?

Je n’ai jamais présenté Zebda et Massilia comme des têtes d’affiche. Ma tête d’affiche se produisait à la Chapelle royale, c’est pour dire... Ma seule ambition est de programmer de bons spectacles et je défends qu’il y a dans cette programmation des têtes d’affiche au moins ou sinon plus importantes que Zebda, comme Obrint Pas, Roger Mas et Sud Sound System! Ces derniers ont joué à Rome pratiquement devant un millier de personnes!

Pour atteindre les prochains caps, l’Estivada a-t-elle autant de gniac ? (dérivé de l’occitan, le gniac désigne le mordant, la volonté)

Oui, elle va poursuivre son développement et s’affirmer comme une plateforme d’échanges européens. Mais à très court terme, en 2014, on a d’abord très envie de revenir en centre-ville (NDLR: le nouveau jardin du foirail est plus que pressenti). Un de nos prochains challenges sera d’accentuer l’interactivité avec le public.

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L'Estivada de Rodez : "Être Occitan, c’est d’abord une affaire de conscience"

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