Pétanque

Marco Foyot : "Il n'y a plus de respect" dans la pétanque

  • Marc Foyot, ici pour lors de l'International de pétanque d'Espalion.
    Marc Foyot, ici pour lors de l'International de pétanque d'Espalion. CP / CP
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Après un passage à l'International de pétanque d'Espalion, Jean-Marc dit Marco Foyot, joueur emblématique dans son sport, prend la direction du Mondial de Millau. Entre temps, il s’est confié. Rencontre.

Après un passage au National de pétanque d'Espalion, Marco Foyot, le joueur le plus emblématique de son sport, prend la direction du Mondial de Millau. Entre temps, il s’est confié. Rencontre.  

Excepté la première édition du National en 2004, vous avez une nouvelle fois honoré Espalion de votre présence cette année. Pourquoi ce choix?

Car c’est un des plus beaux tournois de France. Le site est magnifique et l’organisateur Robert Costes est un grand ami...

Vous n’êtes toujours pas parvenu à le gagner cette année... C’est un des rares tournois qu’il manque à votre palmarès.

C’est vrai. J’espère bien le gagner un jour. Mais le concours est très relevé. En triplette (il jouait avec Jean et Jean-Willy Feltain, NDLR), on perd à la quatrième partie après poule face à Lacroix...

Désormais vous prenez la route du Mondial à Millau j’imagine...

Je viens juste d’y arriver (hier)! On va passer deux, trois jours de repos avant de commencer le Mondial. Ça va me faire du bien car j’aime beaucoup l’Aveyron. Je sais que certains joueurs ne seront pas présents, c'est dommage. Moi je me devais d'y être pour rendre hommage à un membre de notre famille, Damien Mas (fondateur du Mondial décédé cet hiver NDLR). 

Quel sera votre objectif à Millau avec votre formation vice-championne de France (Jean et Jean-Willy Feltain) ?

On va déjà essayer de sortir indemne de la première journée. Millau, c’est le Paris-Roubaix des boules. C’est très compliqué même si je l’ai gagné six fois. Il est très difficile de gérer le temps entre les parties. De plus, on joue souvent très tard dans la nuit. Il m’est arrivé de jouer à 5h30 à Millau ! C’est fatigant. J’ai le stand de ma ligne de vêtements à gérer également tout en jouant. Et je vieillis (rires).

Grâce à vos activités autour de la pétanque (consultant TV, ligne de vêtements, tournées et stages dans le monde entier...), vous êtes un des rares joueurs à vivre de ce sport. Pensez-vous que la pétanque se professionnalisera davantage dans les années à venir ?

Je souhaite vraiment cela. Un champion du monde devrait gagner au minimum 5-6000 euros par mois. On y passe du temps. Moi, j’y ai passé ma vie. Et pour gagner de l’argent, j’ai travaillé avec ma tête. Car les concours ne nous font plus vivre. J’ai fait des livres, je suis à la télé, je vais faire des démonstrations aux États-Unis, au Japon... Dernièrement, j’ai tourné un film sur la pétanque («Les invincibles», sortie prévue en septembre).

On entend également que l’argent a fait beaucoup de mal à votre sport...

Ça me fait rire doucement. C’est nul et idiot de dire ça ! Il y a vingt ans, on gagnait beaucoup plus d’argent. Aujourd’hui, il n’y a plus d’argent dans la pétanque. C’est la croix et la bannière pour gagner 500 euros !

Justement, quel regard portez-vous sur l’évolution de la pétanque ?

Ça évolue très mal ! C’est à l’image de la société, on se dispute pour un rien. Ça se dégrade énormément. Des coups de poings partent pour même pas 50 euros dans des concours départementaux ou régionaux... Il n’y a plus de respect et on sent énormément la violence. Les menaces sont de plus en plus nombreuses. Et ça nuit beaucoup à la pétanque à l’heure où les chaînes de télévisions n’ont jamais été nombreuses à nous suivre. L’alcool dans les concours n’y est pas étranger.

Parvenez-vous à prendre toujours autant de plaisir ?

Je prends mon pied quand je joue avec mes amis. Je choisis mes concours maintenant. Je n’en fais pas beaucoup. 

Voyez-vous des solutions pour améliorer cette ambiance ?

Je pense qu’il ne faut pas hésiter à suspendre les "brebis galeuses" qui sont encore trop nombreuses. Elles viennent casser tout le travail des organisateurs de concours et des éducateurs comme moi. C’est vraiment dommage car il reste encore de nombreux passionnés de pétanque. Le respect commence déjà quand le joueur s’avance dans le rond. Il ne doit pas tricher.

La pétanque semble alors bien loin de devenir sport olympique comme de nombreuses personnes le souhaiteraient...

Je crois qu’on a raté le coche. Notre dernière chance était peut-être l’an passé si Paris avait eu les JO à la place de Londres. La Fédération a également raté le coche lors des Jeux de Barcelone en 1992. Il aurait suffi de monter un dossier et de se déplacer. Des gens ne l’ont pas fait...

Mathieu Roualdés
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