Etre homosexuel à Rodez ? Toujours "quasi impossible"

  • Nicolas Querbes et ses amies ont fondé l’association Alert(es) pour lutter contre l’homophobie.
    Nicolas Querbes et ses amies ont fondé l’association Alert(es) pour lutter contre l’homophobie. SO
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Société. France 3 diffuse vendredi 18 octobre une émission dans laquelle Bertrand Delanoë évoque sa jeunesse à Rodez et la difficulté pour lui de vivre son homosexualité. Qu'en est-il aujourd'hui ? Rencontre avec Nicolas Querbes, président de l’association Alert(es).

Vendredi 18 octobre, Bertrand Delanoë passe sur la chaîne France 3 où, dans un documentaire il évoque sa ville natale, Rodez. Dans ce documentaire d’Yves Jeuland, le maire de Paris qui, comme on le sait laisse sa place, aborde librement son parcours personnel. Il y confie notamment, "qu’être homosexuel à Rodez, (était) quasi impossible". Bertrand Delanoë a passé 10 ans de sa vie à Rodez, entre l’âge de 13 ans et 23 ans.

Nous avons rencontré Nicolas Querbes, président de l’association Alert (es), militant contre l’homophobie, pour savoir si la situation a évolué depuis.

Est-il toujours quasi impossible d’être homosexuel à Rodez ? Je pense qu’à son époque, c’était encore plus difficile. Si nous avons monté l’association, c’est pour faire bouger les lignes. Mais Le mariage pour tous n’a pas arrangé les choses. À l’association, nous recevons beaucoup de messages homophobes, depuis.

Mais en réalité, qu’est ce qui est difficile à Rodez pour les homosexuels ? Se balader main dans la main ? Entrer dans un café ? Dîner à deux dans un restaurant ? Le regard des autres reste très difficile, c’est ça l’enfer. Cela reste vraiment quelque chose de difficile. Je pense qu’à Rodez, on n’essaye même pas de sortir. Moi, à titre personnel, je sors à Toulouse, c’est plus facile. Je pense qu’à Rodez, il faut du temps. On sent que ça évolue mais vraiment très très lentement.

Pensez-vous que la loi sur le mariage pour tous a été contre-productive alors ? C’est certain. Cela dit, il fallait peut-être purger cette question. Maintenant que ce texte est passé, les mentalités vont pouvoir évoluer normalement. D’un autre côté, je pense qu’il y avait vraiment des questions plus importantes à résoudre que celui-là, celui du taux du chômage en fait partie.

Pour autant, pensez-vous qu’un débat est possible entre homosexuels et hétéros ici ? Comme je l’ai dit, même si la question est en évolution, les homosexuels ne sont pas acceptés à Rodez (et dans l’Aveyron en général). Je prends l’exemple des Mères veilleuses qui ont manifesté récemment en centre-ville. Certains jeunes homosexuels ont tenté de discuter avec elles, mais cela a été tout simplement impossible. Certaines personnes pensent qu’on est hostile alors qu’on veut parler d’amour, c’est tout.

Salima Ouirni
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