Crue du Lot : "Depuis 10 ans, rien n’a été fait"

  • En 2003, la rivière Lot sortait de son lit et provoquait des inondations dévastatrices, entraînant l’évacuation de 135 personnes. En 2003, la rivière Lot sortait de son lit et provoquait des inondations dévastatrices, entraînant l’évacuation de 135 personnes.
    En 2003, la rivière Lot sortait de son lit et provoquait des inondations dévastatrices, entraînant l’évacuation de 135 personnes. Archives CP
Publié le , mis à jour

Inondation. Il y a déjà 10 ans, la rivière Lot sortait de son lit et provoquait des inondations dévastatrices. Dix ans plus tard, les membres du Collectif des sinistrés du Bassin 2003 jettent un regard critique sur les pouvoirs publics. Pour eux, rien n'a été fait.

Voilà déjà 10 ans, la rivière Lot sortait de son lit et provoquait des inondations dévastatrices, entraînant l’évacuation de 135 personnes (dont certaines par hélicoptère) sur les communes de Boisse-Penchot, Bouillac ou Livinhac-le-Haut (Laroque-Bouillac). Les dégâts matériels ont été lourds, très lourds, pour les particuliers notamment. Dix ans plus tard, le Collectif des sinistrés du Bassin 2003, créé peu de temps après cette crue historique, jette à travers son président Denis Bel un regard critique sur le manque d’implication des pouvoirs publics dans la prévention des inondations.

Que s’est-il passé depuis 10 ans en matière de prévention des crues? Rien. C’est bien simple, rien. Enfin, non, pas vraiment, j’oubliais des études, des études et encore des études qui n’ont abouti à… rien, si ce n’est à un Plan de prévention du risque d’inondation qui reste un document. Et, récemment, le lancement d’un Programme d’actions de prévention des inondations qui, à terme et faute de financements, ne devrait pas non plus déboucher sur grand-chose.

Les berges ont été cependant nettoyées par endroits, notamment à Laroque-Bouillac? Oui, mais ce nettoyage ponctuel n’a que peu d’intérêt. C’est un entretien régulier qui serait plus utile.

Qu’auriez-vous souhaité comme actions efficaces de prévention? Déjà, le lit de la rivière aurait dû être nettoyé, au minimum. Non seulement cela n’a pas été fait mais, à l’inverse, le lit mineur de la rivière est sensiblement remonté à Roquelongue, quand les berges se sont effondrées avec les travaux réalisés sur l’écluse. Ces couches de terre supplémentaires, qui devaient être évacuées, sont toujours là et, en cas de crue, elles ne feraient qu’aggraver les conséquences.

Les travaux de remise en navigabilité justement, les jugez-vous positifs ou négatifs? Sans opinion. Si la gestion des clapets des écluses est bonne, cela ne changera pas grand-chose. Ce qui est plus problématique, ce sont les microcentrales électriques gérées par des privés dont la présence a provoqué un important phénomène d’envasement. La gestion des clapets de ces microcentrales par les propriétaires, qui a un rapport direct avec le niveau de la rivière, est un sujet sensible.

Quelle est votre opinion sur le rôle que pourraient jouer les barrages? Ils sont d’abord là pour produire de l’électricité. En cas de petite crue, ils jouent le jeu de la prévention. Mais dans le cas d’une crue comme 2003, je ne pense pas qu’ils puissent être d’une quelconque utilité. Ils lâcheront, c’est inévitable.

Que pensez-vous du système d’alerte qui a été mis en place?

À ce que j’en sais, dès qu’il y a monté des eaux, il tombe en panne…

On vous sent dépité? On a le sentiment que c’est l’anarchie totale. Ici, je le répète, rien n’a été fait. Ce qui n’est pas le cas sur tous les territoires aveyronnais concernés par les crues du Lot, qui ont vu se créer des structures organisées permettant de réaliser des actions concrètes de prévention, je pense notamment à Saint-Geniez ou Entraygues. Ici, rien. Les représentants de l’État se sont succédé et les bonnes idées des uns n’ont pas été reprises par les autres. Au final, encore et toujours rien.

Dix ans plus tard, dans quel état d’esprit sont les sinistrés de 2003? La plupart s’en sont remis. Certains ont quand même été obligés d’abandonner leur maison, même si le niveau d’indemnisation a été correct. Il n’empêche, dès qu’il pleut pendant plusieurs jours, l’angoisse revient, toujours, pour beaucoup.

centrepresseaveyron.fr
Voir les commentaires
Sur le même sujet
L'immobilier à Decazeville

140000 €

SOUS COMPROMIS- Immeuble à usage locatif comprenant local commercial en rez[...]

450 €

LOCATION APPARTEMENT T4 DECAZEVILLE SANS FRAIS D'AGENCE Une pièce principal[...]

17000 €

DECAZEVILLE - Beau terrain constructible de 772 m², terrain hors lotissemen[...]

Toutes les annonces immobilières de Decazeville
Réagir