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Football : le drôle de rendez-vous de Steven Inzerillo

  • Steven Inzerillo : « À Calvi, j’ai évolué pendant deux saisons à ce poste (défenseur central) et j’y ai pris goût. »
    Steven Inzerillo : « À Calvi, j’ai évolué pendant deux saisons à ce poste (défenseur central) et j’y ai pris goût. » Jean-Louis Bories / Jean-Louis Bories
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À 28 ans, Steven Inzerillo va vivre une journée toute particulière à l'heure (14 h 15) d'affronter son club formateur, dans une position de défenseur central où il dépanne. La qualification de Rodez face à Montpellier dépendra aussi de sa prestation.

Il y a des rendez-vous comme celui-là qui ne se manquent pas. Évidemment, c’est un 32e de finale de Coupe de France et rien que pour ça, Steven Inzerillo n’aurait pas voulu le rater. Mais pour le natif de Casablanca (Maroc), la réception de Montpellier dimanche revêt un caractère bien particulier. Au-delà du simple cadre sportif. À 28 ans, le garçon à la voix éraillée va en effet vivre un retour en arrière. Au propre comme au figuré.


Parti à 12 ans à Montpellier


Enfin, « une fois le match commencé, on oublie tout ça », annonce-t-il. Il n’empêche, cette semaine, il n’a d’abord pas pu passer à côté de son passé. « Dès le tirage au sort, j’étais content. J’espérais ce moment. Rejouer Montpellier dix ans après en être parti, c’est sympa. » Sympa comme des retrouvailles avec un club venu le chercher lorsqu’il avait 12 ans et arpentait les terrains du côté d’Aix-en-Provence. S’en est suivi le parcours classique de l’apprenti footballeur pro, entre les terrains de Grammont et les Noël inoubliables dans le Mas de « Loulou » Nicollin. « J’ai grandi là-bas, c’était ma première expérience loin de chez moi et ma première dans le foot. J’en garde de superbes souvenirs », glisse-t-il. Avant d’ajouter : « Battre Montpellier serait du coup encore plus fort. Ce serait un beau clin d’œil mais il y aura un pincement au cœur. »
Car pour Steven Inzerillo, retrouver un MHSC où il a gardé des amis, notamment dans le staff, rouvre une plaie que le bonhomme a du mal à dissimuler.  « Ce n’est pas une blessure mais cela reste comme mon premier échec. J’ai peut-être raté quelque chose. » Titulaire d’un contrat stagiaire, il avait vu son aventure héraultaise s’arrêter en même temps que son bail dans la pépinière pailladine.


Couteau suisse


À 18 ans, direction Lyon époque Juninho puis Grenoble où il côtoie un certain Olivier Giroud, resté un « ami intime ». Son parcours le mène finalement jusqu’à Rodez où il a posé in extremis ses valises cet été alors que Calvi, son dernier club, fondait les plombs. Pour expliquer sa trajectoire de baroudeur, Inzerillo ne tergiverse pas. « J’ai toujours été polyvalent. Depuis Montpellier justement, où j’ai commencé à jouer dans les deux couloirs. Avec le recul, je me dis : tu es bon à plusieurs postes, c’est bien pour un groupe. Même si je ne le regrette pas, le problème, c’est que dans cette situation, tu n’excelles pas assez à un seul poste pour franchir le cap et devenir pro ».
Ce dimanche après-midi, l’habituel milieu offensif du Raf devrait d’ailleurs faire étalage de son côté « couteau suisse » en défense centrale. Comme face à Nice II fin décembre, il dépannera pour pallier les absences au poste (Camara, Faviana...). Mais ce retour à l’arrière ne l’effraie pas. « À Calvi, j’ai évolué pendant deux saisons à ce poste et j’y ai pris goût, concède-t-il tout en avouant prendre du plaisir à la relance, l’anticipation. Mes coéquipiers (au Raf) me posaient des questions mais je leur ai expliqué que j’arrive à être plus agressif dans cette position. Le duel ne me fait pas peur. » Et celui-là, il ne compte pas passer à côté.

 

Maxime Raynaud
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