Millau : pour José Bové, "le sentiment européen a avancé"

  • Les élections européennes auront lieu le 25 mai. José Bové portera les couleurs d'Europe-Ecologie-Les Verts.
    Les élections européennes auront lieu le 25 mai. José Bové portera les couleurs d'Europe-Ecologie-Les Verts. Repro Cp
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Politique. José Bové, député européen sortant, conduira la liste Europe-Écologie-Les Verts dans la région Grand Sud-Ouest aux élections du 25 mai. Il vise même la présidence de la Commission. Interview.

José Bové, le député européen sortant, conduira la liste Europe-Écologie-Les Verts dans la région Grand Sud-Ouest aux élections du 25 mai. Il vise même la présidence de la Commission.

 

Vous achevez votre premier mandat de 5 ans au Parlement européen. Quel bilan tirez-vous de cette expérience de parlementaire ?

Je crois pouvoir dire que grâce au Parlement européen, on a pu faire voter des textes qui défendent et protègent les citoyens. Je pense notamment aux OGM et à l’alimentation. Le Parlement a pu faire reculer la Commission sur un certain nombre de projets totalement aberrants portés par l’industrie agroalimentaire, comme par exemple la mise sur le marché de la thrombine (une enzyme qui permet d’agglomérer les chutes de la découpe de la viande et de faire des “steaks”, ndlr).

Sur la réforme de la politique agricole commune (Pac), le Parlement s’est également affirmé comme un contre-pouvoir face à la Commission et au conseil des États. Les députés travaillent à la construction d’une véritable démocratie européenne.

Dans votre livre “Hold-up à Bruxelles”, à paraître le 20 février, vous dénoncez les agissements des lobbies. Les députés luttent-ils à armes égales ?

Les enjeux de pouvoir sont aujourd'hui à Bruxelles, et c’est donc là que se situent les plus fortes pressions financières et industrielles. La bataille est rude face aux lobbies, sur les OGM, les pesticides, les accords de libre échange, etc. Il y a un vrai risque de voir la démocratie prise en otage. C’est le rôle des parlementaires de la défendre ; des parlementaires, mais aussi des ONG, des populations, des citoyens... Je pense que, de ce point de vue, le sentiment européen a avancé.

Justement, les élections européennes auront lieu le 25 mai, soit à peine deux mois après les municipales en France. N’est-ce pas un peu court pour faire campagne ?

C’est vrai que d’une manière générale en France, on n’accorde pas assez d’attention aux enjeux européens entre deux élections et qu’on a un peu tendance à dire que c’est la faute de Bruxelles quand quelque chose va de travers. Mais l’Europe est un fait ; les débats au Parlement en sont l’illustration, et à part quelques partis extrémistes, plus personne n’aurait aujourd'hui l’idée de dire que l’Europe n’existe pas, qu’elle ne sert à rien et qu’il faut la supprimer.

Il faut faire évoluer son modèle économique et social, tendre vers une Europe plus fédérale, plus intégrée, vers une harmonisation fiscale... Les choses se construisent. Sur la vie quotidienne, l’Europe est le meilleur outil pour protéger les citoyens. C’est sûr que la campagne sera courte en France, mais la participation aux élections doit être massive pour faire vivre cette démocratie européenne en construction ; c’est le premier des enjeux.

N’avez-vous pas le sentiment qu’avec la crise, les préoccupations écologiques et environnementales ont reculé au cours de votre mandat européen ?

Non, il n’y a pas, à mon sens, d’opposition entre précarité et écologie. Les fortes mobilisations contre les nouveaux OGM (19 pays ont voté contre et quatre se sont abstenus), contre le gaz de schiste, notamment à Nant où se sont réunies 8 000 personnes en 2011, et lors de la conférence de Copenhague sur le climat en 2009, montrent bien que l’écologie reste un sentiment européen fort, même par temps de crise.

Passer du statut de leader d’un mouvement syndical paysan à celui de député européen, c’est facile ?

C’est le même combat. J’ai pris un nouvel engagement avec des outils différents, mais qui ne s’opposent en rien au combat syndical, ni au mouvement citoyen.

H.C.
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