Rythmes scolaires : le privé freiné par les coûts

  • Claude Bauquis, directeur de l'enseignement diocésain pour l'Aveyron et le Lot.
    Claude Bauquis, directeur de l'enseignement diocésain pour l'Aveyron et le Lot. Archives Centre Presse
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Claude Bauquis, directeur diocésain, explique pourquoi la réforme des rythmes scolaires peine à s’appliquer dans l’enseignement catholique.
 

Alors que 30% des écoles catholiques en France ont adopté la réforme des rythmes scolaires, en Aveyron, la mesure peine à s’installer. Sept écoles aveyronnaises et lotoises sur 75 seront passées à une organisation à quatre jours et demi à la rentrée prochaine. Sachant que seuls les établissements publics sont tenus d’appliquer la réforme. Claude Bauquis, directeur de l’enseignement catholique de l’Aveyron et du Lot, en explique les raisons.
Pourquoi la réforme des rythmes scolaires ne convainc pas au sein
de l’enseignement catholique?

La question financière est le principal frein à la mise en œuvre de cette réforme. Les budgets peinent à s’équilibrer, les marges financières sont étroites. Nous sommes toutefois d’accord pour travailler sur le contenu des apprentissages. Ce qu’il faut regarder en premier, c’est l’intérêt de l’enfant. C’est pour cela que nous exigeons une profonde cohérence entre tous les adultes qu’ils soient enseignants, intervenants à titres divers ou parents d’élèves. Même si nous n’avons pas l’obligation de mettre en place cette réforme, cela ne nous exonère en aucun cas de la nécessité de la réflexion et du choix. Bien au contraire.
Quel est le sentiment des parents d’élèves à l’égard de cette réforme?
D’après les enquêtes que nous avons pu mener à travers nos établissements, ils sont majoritairement contre. Mais nous souhaitons malgré tout creuser cette réforme et l’adapter aux établissements de l’Aveyron et du Lot.
Justement, pensez-vous que le mécontentement de certains parents d’élèves du public peut les amener vers le privé?
Il peut en effet y avoir un mouvement. Mais il sera ponctuel et marginal. Pour nous, ce ne serait pas un bon calcul à long terme. Nous préférons que les parents placent leurs enfants au sein d’établissements catholiques pour des raisons purement éducatives ou pédagogiques.
Malgré tout, comment se passe la mise en place des rythmes scolaires dans les établissements catholiques?
Mercredi matin, au cours d’une réunion avec des chefs d’établissements du premier degré, l’un d’eux a apporté un témoignage important et positif. À Naucelle, des projets ont pu être menés à terme, avec des ajustements au cours de l’année. Il est possible de mettre en place cette réforme à moindre coût. En tenant toutefois compte qu’il est parfois difficile de trouver du personnel pour encadrer les enfants. J’encourage les enseignants et les personnels (près de 2.000 sur les deux départements) à se pencher sur cette réforme. Pour valoriser sans cesse le projet éducatif de nos enfants.
 

Philippe Henry
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