Sainte-Juliette-sur-Viaur

Aveyron : Simon Worou, premier maire d'origine africaine

  • Simon Worou s’est installé à Sainte-Juliette-sur-Viaur en 1997.
    Simon Worou s’est installé à Sainte-Juliette-sur-Viaur en 1997. José A. Torres - José A. Torres
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Sainte-Juliette-sur-Viaur. À 43 ans, Simon Worou, Togolais d’origine, a pris ses fonctions de maire dans le village la semaine dernière. Il est ainsi devenu le premier maire d’origine africaine de l’Aveyron. Portrait.

Il est encore écrit "Mme le maire" sur la porte de son bureau à la mairie de Sainte-Juliette-sur-Viaur. Simon Worou en sourit, visiblement très fier de pouvoir s’installer dans le fauteuil du premier magistrat de la commune.

62% dès le premier tour

Les habitants qu’il croise dans les rues du village le félicitent pour son élection, mais ils leur exposent aussi leurs exigences et leurs souhaits. "C’est aussi pour cela que j’ai voulu me présenter au poste de maire: par attachement à la République. Et faire entendre la voix de mes concitoyens." Sa liste, sans étiquette, a réuni 62% des voix dès le premier tour des dernières élections municipales.

Dix-sept ans après son arrivée en France, ce Togolais d’origine est devenu le premier maire d’origine africaine de l’Aveyron. Simon Worou a su faire évoluer les mentalités de ce village de 577 habitants. "Lors de mon arrivée, il y avait de la curiosité", confie l’édile membre du Parti socialiste. Car il se souvient, qu’en 2002 la mairie de Sainte-Juliette-sur-Viaur avait refusé son dossier de mariage présumé « blanc ». On le soupçonne alors d’épouser sa fiancée "pour les papiers", glisse-t-il encore marqué par cet épisode. Le couple s’est finalement marié dans la commune voisine. Puis, ils ont tout de même fini par s’installer définitivement dans une ancienne grange retapée à Sainte-Juliette-sur-Viaur.

"Aveyronnais jusqu'au bout"

Né à Lomé il y a 43 ans, naturalisé français il y a onze ans, Simon Worou a découvert pour la première fois le village situé à quelques encablures de Rodez en 1997. Déjà, adolescent, il cherchait par tous les moyens possibles à s’intégrer dans la société et à se rendre utile. Dès ses 11ans, au séminaire au Togo, il émet alors l’idée de "faire curé". Mais il finit par s’engager dans l’armée française jusqu’à devenir sous-officier. S’il a gardé des attaches familiales dans son pays d’origine, et cultive aussi ses racines africaines, son dernier séjour à Lomé ne lui laisse pas un très bon souvenir : "J’avais tiré un trait sur ce pays où la vie est très difficile".

Mais pour Simon Worou, le meilleur moyen de s’intégrer en France a été le rugby. D’abord aux côtés des joueurs du SRA, à partir de 2000, puis il rejoint les rangs de LSA, à Cassagnes-Bégognès. "Là où j’ai grandi, c’était plutôt le foot, se remémore l’ancien pilier de rugby du haut de son 1,85 m. Mais j’ai tout de suite adoré ce sport qui allie la force à la cohésion de groupe." Avant de devenir responsable de la propreté des rues à la mairie de Rodez, Simon Worou a enchaîné les petits boulots. Travail à l’abattoir en journée et portier au bowling en soirée. Mais pas d’amertume, rien que de la reconnaissance, chez celui qui se dit "Aveyronnais jusqu’au bout".

 
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