Drame sur fond de misère sociale : un couple condamné

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    Drame sur fond de misère sociale : un couple condamné Illustration José A. Torres / CP
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Tribunal. Les juges du tribunal de grande instance se sont penchés hier sur une sordide affaire de privation de soins et/ou d’aliments sur deux mineurs, avec en toile de fond le décès toujours inexpliqué de leur jeune frère de 18 mois.

L’ombre du petit Zackaria V. cet enfant de 18 mois décédé le 3 janvier 2013, à Livinhac, dans des circonstances troubles, a plané une bonne partie de l’après-midi d’hier sur le tribunal de Rodez.

Yann et Karine V., des parents "aimants mais visiblement perdus", selon leur avocat, comparaissaient pour répondre du chef d’accusation de privation de soins ou d’aliments compromettant la santé d’un mineur par ascendant. En l’occurrence, les deux aînés de Zackaria, à savoir N., né en 2007 et S., de 2 ans sa cadette. Des faits commis entre janvier 2012 et le 3 janvier 2013, date du décès du bébé.

"J'étais étonnée qu'il dorme encore... et j'ai vu qu'il ne respirait plus'

Ce jour-là, les pompiers sont appelés d’urgence au domicile des parents car l’enfant ne respire plus. C’est sa mère qui s’en est rendu compte à son retour. "J’étais étonnée qu’il dorme encore. Lorsque j’ai ouvert la porte de sa chambre, il y avait une sale odeur, je me suis approchée et j’ai vu qu’il ne respirait plus", déclare-t-elle dans un sanglot. Cette dernière, faisant croire à son mari qu’elle travaillait, s’était absentée plusieurs jours pour rester auprès de son amant, comme elle avait coutume de le faire. Et comme à chaque fois dans ce cas-là, c’est ce mari qui "s’occupait" des enfants.

Sauf que ce dernier, "envahi d’un sentiment de grande tristesse" à chaque départ de sa femme, ne remplissait plus vraiment son devoir parental. Résultat : une maison remplie d’immondices et de déjections animales. Des tas de linge et de vaisselle sales un peu partout. Les enfants souillés et couverts de poux. D’après les constatations qui ont suivi, les enfants n’avaient pas été lavés depuis plusieurs jours. Ils ne voyaient même jamais de médecins. Les services sociaux soupçonnaient aussi "des problèmes". Ils avaient d’ailleurs plusieurs fois tenté, en vain, de rencontrer les parents.

"L'enquête a été bâclée"

"La couche de Zackaria était pleine d’excréments, s’indigne Me Puech-Fabié, partie civile pour l’association d’aide aux victimes Adavem. Il n’avait pas mangé et bu pendant plus d’une journée et son corps était couvert de plaques dues à une allergie. Toute la journée, il était agité, et après avoir été couché, vous ne l’entendez plus. Même le matin, lorsque son frère et sa sœur se réveillent et font du bruit, lui ne bouge pas. Cela ne vous a pas inquiété ?", demande-t-elle au père. "Je pensais qu’il avait besoin de se reposer", bafouille-t-il tête baissée. Puis, se tournant vers la présidente Arial, Me Puech-Fabié s’étonne "qu’aucune information judiciaire n’ait pas été ouverte à l’époque. L’enquête a été bâclée. Des zones d’ombre subsistent. Car même si une autopsie a été pratiquée, les causes du décès restent à jamais indéterminées".

Après un court délibéré, le tribunal, suivant les réquisitions du procureur, a condamné les deux époux à 24 mois de prison avec sursis et 1 500 € de dommage et intérêts à verser à chacun des deux enfants. Deux gamins qui vivent désormais chez leurs grands-parents. La peine a été assortie d’une mise à l’épreuve de 3 ans et d’une obligation de soins.

Rachid Benarab
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