Rythmes scolaires: les maires ruraux entrent dans l’illégalité

  • Les manifestants ne comptent pas appliquer la loi à la prochaine rentrée.
    Les manifestants ne comptent pas appliquer la loi à la prochaine rentrée. Centre Presse
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Éducation. Ils persistent et signent. Une centaine de maires ruraux et de parents d’élèves ont manifesté samedi à Rodez contre l’école le mercredi. Ils ont remis à la préfète une soixantaine de délibérations contre cette loi.

À l’appel de l’association des maires de l'Aveyron (ADM) et du collectifdumercredi.com, samedi matin, une cinquantaine de maires en écharpes tricolores et d’élus ainsi que de nombreux parents d’élèves s’étaient donné rendez-vous devant le multiplexe pour une manifestation contre l’application des nouveaux rythmes scolaires.

Au signal de Jean-Louis Grimal, président de l’ADM, premier magistrat de Curan et conseiller général, la cohorte s’est mise en branle pour une marche le long de l’avenue Victor-Hugo, direction la préfecture où une délégation a été reçue par la préfète Cécile Pozzo di Borgo.
« Nous manifestons contre l’application de cette réforme en général et dans les communes rurales en particulier car nous rencontrons des problèmes, notamment pour les transports », explique Emmanuel Curt, porte-parole du collectifdumercredi.com.

« Nous refusons de mettre en place les rythmes scolaires tels qu’ils sont prévus par la loi. Nous avons de réelles difficultés dans les communes rurales pour les financer. Nous rencontrons également des problèmes de recrutement, de locaux et de transport », a renchéri Jean-Louis Grimal qui a harangué la foule avant d’aller à la rencontre de la préfète avec une délégation. Laquelle était composée par André Raynal, suppléant du député Yves Censi et d’Emmanuel Curt. Les manifestants étaient également soutenus par Jean-Claude Luche, président du conseil général, présent au début de la manifestation.

Les porte-parole de la délégation ont remis une soixantaine de délibérations de mairies refusant la mise en place de l’école le mercredi. « La préfète a dit qu’elle avait conscience des difficultés rencontrées par les écoles rurales. Mais c’est la loi et il faut l’appliquer. Elle a ajouté que les municipalités qui ont pris des délibérations contraires sont bien évidemment dans l’illégalité si elles n’appliquent pas la loi. Elle transmettra tout de même ces délibérations à l’État », a rapporté Magalie Bessaou, maire de la Loubière soutenant ce mouvement.
En attendant, Jean-Louis Grimal donne rendez-vous aux protestataires le 2 septembre, date de la prochaine rentrée scolaire. D’ici là, il y a fort à parier que le tribunal administratif sera sollicité par l’État ou les élus récalcitrants...

Salima Ouirni
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