Nadau : « La famille arrive ! »

  • Mecredi soir, Nadau prendra possession de la scène de l'Estivada.
    Mecredi soir, Nadau prendra possession de la scène de l'Estivada. Repro CP
Publié le , mis à jour

Gros plan. Le groupe Nadau fête cette année ses 40 ans de scène. Il est l’invité vedette de l’Estivada. Il ne cache pas son plaisir de chanter devant le peuple occitan et les Aveyronnais, pour lesquels il a une affection particulière.

Le groupe Nadau fête cette année ses 40 ans de scène. Il est l’invité vedette de l’Estivada. Il ne cache pas son plaisir de chanter devant le peuple occitan et les Aveyronnais, pour lesquels il a une affection particulière.  

C’est une belle année pour Nadau... 

C’est une année particulière, c’est vrai, avec nos 40 ans. Et comme chez Carrefour, on fête notre anniversaire toute l’année. Il y a eu l’Olympia au mois de mai, et il va y avoir l’Estivada, devant tout le peuple occitan, les sympathisants, les militants, les Aveyronnais. Je le précise car nous avons rapport différent avec les Aveyronnais.

C’est-à-dire ?

Je dis toujours, quand on est en Aveyron, que l’on fait partie de la famille. On y fait beaucoup de dates et c’est toujours plein. Que ce soit à Villefranche-de-Rouergue, à Saint-Affrique, à Marcillac... L’Aveyronnais en fait des kilomètres pour venir nous voir, étant entendu que le kilomètre aveyronnais est toujours plus long que les autres.

À quoi attribuez-vous ce rapport différent ?

Il faudrait le demander à l’Aveyronnais. Mais il est sûr que l’on va plus souvent en Aveyron qu’ailleurs quand on sort de chez nous. Et tout cela sans médiatisation ou presque. Cela fait quarante ans que l’on chante, et avec un peu de recul, je me dis que c’est peut-être parce que l’on n’est pas à la mode que cela marche.

Du coup, il y aurait comme une cohérence à ce que l’Estivada se déroule à Rodez ?

Je ne sais pas, il faut poser la question. Mais c’est la capitale qui règne sur l’ensemble de l’occitanie. Je sais bien qu’il y a quelques difficultés, que cela ne passe pas avec tous les politiques, mais cela reste un endroit unique dans le temps et l’espace. Dans ce festival, il n’y a rien d’autre que le drapeau de l’occitanie qui flotte. Et avec mon expérience, je me rends bien compte qu’il faut beaucoup de temps pour construire quelque chose, et dix minutes pour le détruire.

Au fond, cela ne rejoint-il pas le combat permanent de l’occitanie ?

Vous savez, j’ai commencé la chanson à 25 ans. À cet âge-là, on croit qu’avec un micro et une guitare on va changer le monde. Or, on ne change rien. Aujourd’hui encore, je n’ai pas de messages à faire passer quand je monte sur scène. Il faut laisser aux gens la liberté de faire leur chemin. Lors des concerts, les gens différents se rendent parfois compte qu’ils partagent la même existence, ce sont des moments forts mais cela ne va pas plus loin.

En tout cas, vous avez un public de tous les âges qui vous suit.

Notre public se renouvelle. J’ai pour habitude de dire que l’on fait la jonction. Souvent ce sont des clubs de rugby qui nous font venir, et les jeunes chantent nos chansons durant les troisièmes mi-temps. C’est rarement le milieu culturel qui nous invite, je me dis que l’on n’en fait peut-être pas partie. Mais je dis cela absolument sans acrimonie aucune. L’essentiel est que les gens prennent du plaisir quand ils viennent nous voir.

Mais le fait que des jeunes vous suivent, cela signifie quelque chose, non ?

On représente quelque chose d’identitaire. Je sais que le mot est tabou, qu’il sent mauvais. Je sais que la France est le pays de la citoyenneté, mais elle renie un peu sa culture. Allez en Espagne ou en Angleterre, combien de groupes chantent français là-bas? Ça doit faire réfléchir. Pourquoi va-t-on toujours chercher la culture des autres? Prenez le programme des festivals en Midi-Pyrénées, vous avez quarante festivals de jazz, trente des musiques et du monde et un ou deux de musiques occitanes...

On sent un propos un peu militant, là... Qu’il y a un message.

Mais jamais je ne le fais sur scène! Je ne sais pas pourquoi je vide un peu ma besace, là. Car sur scène, c’est avant tout joyeux! Je ne ferai pas de discours politique. Vous me demandiez pourquoi les jeunes nous suivent, et je crois simplement à cette notion d’appartenance. Les hommes sont faits comme ça et se rassemblent autour de quelque chose qui les dépasse. Quand on parle de citoyenneté, c’est une valeur politique, mais ce n’est pas une identité.

Dans vos concerts, on devine le grand observateur de la vie quotidienne que vous devez être..

Ces observations, ce sont des photographies, que l’on chante et mettons en musique. C’est cette femme qui se lève quinze minutes avant tout le monde, pour touiller son café au lait tranquillement sans que le mari vienne l’emmerder pour lui demander où sont les chaussettes. C’est le bruit que l’on entend dans la maison, de l’autre côté du mur, quand on est au lit. Quand j’aborde ces sujets-là, il se fait un grand silence dans la salle. Les gens se demandent comment cela se passe chez eux. Ou cela leur rappelle leur enfance.

Vous évoquerez tout cela sur la scène de l’Estivada ?

Oui. Mais ce sera surtout une journée sud-ouest! Il y aura les bandas pour refaire un peu les fêtes de Dax à Rodez. J’ai toujours adoré cette ambiance-là. Et l’Estivada, c’est aussi tout le sud ouest qui se déplace à Rodez. C’est la famille qui arrive, quoi!

PH.R.
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