Musée Soulages : "Maintenant, notre défi, c’est de durer"

  • Benoît Decron : «C’est troublant, pour un conservateur, de voir autant de monde».
    Benoît Decron : «C’est troublant, pour un conservateur, de voir autant de monde». José A. Torres
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Musée Soulages. Fort déjà de 60 000 entrées, le musée Soulages se tourne vers l’avenir. D’autres expositions y sont prévues: une portera sur l’atelier d’Aldo Crommelynck et une autre sera consacrée au plasticien Claude Lévèque.

Fort déjà de 60 000 entrées, le musée Soulages se tourne vers l’avenir. D’autres expositions y sont prévues: une portera sur l’atelier d’Aldo Crommelynck et une autre sera consacrée au plasticien Claude Lévèque. Rencontre avec le conservateur Benoît Decron. 

Le musée Soulages rencontre un beau succès. Qu’en est-il concrètement ?

Depuis son inauguration, le 30 mai, nous totalisons 60 000 entrées. Ce qui est très encourageant lorsque l’on sait que les évaluations qui avaient été faites, même si elles datent, tablaient sur une fréquentation comprise entre 70 000 et 140 000 visiteurs par an. Je dois avouer que je ne m’y attendais pas. J’étais tout à fait persuadé, comme les élus d’ailleurs, que le musée Soulages marcherait bien, en raison de la personnalité de l’artiste et parce que celui-ci a participé à la réalisation du projet. Évidemment, je prévoyais que l’on aurait du monde à l’ouverture; mais pas dans de telles proportions. C’est troublant, pour un conservateur, de voir une telle affluence.

Qu’en pense Pierre Soulages?

Je suis en contact avec lui trois ou quatre fois par semaine; il est attentif à ce qu’il se passe à Rodez. Mercredi, j’ai eu Colette Soulages au téléphone; et tous les deux sont très contents du succès que rencontre le musée. Même s’ils s’attendaient à une belle fréquentation, ils n’imaginaient pas que ce soit à un tel niveau. En fait, ils attendaient de voir…

Qui sont les visiteurs ?

Le public est très varié. Il y a des vacanciers; il y a des visiteurs qui ont l’habitude de se rendre dans un musée; il y a des Britanniques, des Espagnols, etc. Beaucoup viennent de bien au-delà des frontières de la Région. Nous voyons des gens qui viennent passer la nuit à Rodez et nous demandent des renseignements sur les restaurants, par exemple. D’ailleurs, même si cela ne dépend pas de mes compétences, je suis très content que la fréquentation du musée Soulages fasse travailler les commerces de la ville.

Et le public local ? 

Les Aveyronnais sont également présents. Mais, comme nous prenons connaissance de la provenance des visiteurs lorsqu’ils achètent leurs billets, nous en tirerons prochainement une analyse précise.

Le bâtiment des architectes catalans de RCR est adapté aux œuvres de Soulages ?

L’outil est parfaitement adapté. Mais c’est aussi à nous de le dompter. Par exemple, il y a des zones où il est possible de faire de nouvelles choses; nous nous pencherons dessus après «le coup de feu», à la rentrée. Là, il faut goûter le plaisir de voir fonctionner le musée, tout en améliorant certains points. Ainsi, les quelques problèmes relevés dans les toilettes sont en train d’être réglés; et elles sont déjà plus praticables car nous les nettoyons plusieurs fois par jour. Les audioguides vont être installés dans les jours qui viennent, certainement la semaine prochaine. Disponibles en français, anglais et espagnol, pour les adultes et les enfants, ils permettront, moyennant une dépense de 1, d’effectuer un circuit d’environ une heure. De plus, les panneaux de salles vont être traduits en d’autres langues et des vidéos vont être proposées. Dans le même temps, la salle «Conques» va être complétée.

Les horaires d’ouverture du musée ont suscité quelques critiques  liées notamment à la fermeture entre midi et 14 heures (hors saison). Vont-ils être revus ? 

À la rentrée, avec les élus et les cadres, nous allons les examiner. Déjà, nous voyons bien qu’il est bon de les adapter durant l’été. Mais il ne faut pas perdre de vue que ces horaires ont été votés par le Grand Rodez et instaurés en fonction des personnels disponibles. Ceci dit, des impératifs d’accueil et de sécurité s’imposent à nous. On ne peut pas faire n’importe quoi ! Ce musée, c’est un paquebot, un gros établissement qui nécessite de l’entretien. Il nous faut également gérer le nombre et le flux de visiteurs. D’où notre obligation de rendre plus difficile l’entrée du musée à l’approche des heures de fermeture. Cet espace est un lieu culturel. Je serais tenté de dire que c’est comme une église : il faut pouvoir y trouver des lieux de méditation. Certes, il y a des points à améliorer, mais l’aspect quantitatif (le nombre de visiteurs, NDLR) ne doit pas faire oublier l’aspect qualitatif.

Quels sont, désormais, les nouveaux enjeux du musée Soulages ?

Il est fait pour tous les publics et il est avant tout un lieu culturel implanté au centre d’un territoire. Le rôle d’un musée est d’éduquer et d’initier; le mot «pédagogie» ne me fait pas peur. Et Soulages est bien la preuve que l’on peut faire, dans une ville moyenne, un musée d’envergure nationale, voire internationale. Maintenant, notre défi, c’est de durer! Nous devons garder ce niveau de qualité. Notre rêve, bien sûr, est de maintenir le plus possible ce haut taux de fréquentation, mais nous savons qu’il va se stabiliser.

Et les prochaines expositions temporaires (jusqu’au 5 octobre, est présentée «Outrenoir(s) en Europe») doivent y contribuer…

Nous travaillons depuis déjà longtemps dessus. Ainsi, la prochaine exposition temporaire sera présentée du 15 novembre à la fin février 2015. Elle s’intitulera «De Picasso à Jasper Johns. L’atelier d’Aldo Crommelynck». Il s’agit d’une exposition présentée à la Bibliothèque nationale de France (BNF) et que l’on va développer. Elle va nous permettre de faire de la pédagogie, en direction du public, sur les différentes techniques de gravure. Puis, durant l’été 2015, nous programmerons une exposition sur le grand plasticien Claude Lévèque. Il est l’un des artistes contemporains les plus connus au monde. Bien sûr, nous avons d’autres projets dont je ne veux pas parler aujourd’hui. Mais, de toute façon, il faut proposer, chaque été, une exposition d’envergure. De plus, je souhaite créer des échanges avec d’autres musées afin de pouvoir proposer des exclusivités. Et, à ce propos, nous allons commencer à travailler avec l’Allemagne et l’Espagne.

Pour finir, une rumeur prétend que vous allez quitter Rodez. Alors ?

Je sais que des rumeurs courent dans Rodez. Mais je n’ai pas du tout l’intention de partir. À titre personnel, je me plais beaucoup ici. Et puis, il y a une fidélité à l’artiste, comme au projet. Je suis un conservateur heureux; l’équipe est également heureuse. La création de ce musée Soulages est une belle expérience.

Charles Leduc
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