Lévezou Sud-Aveyron

Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde

  • Attachant, facétieux, Claude Villefranche a exercé son métier de forgeron au Vibal. Aujourd'hui retraité, le sculpteur expose à la Maison créative, toujours au Vibal.
    Attachant, facétieux, Claude Villefranche a exercé son métier de forgeron au Vibal. Aujourd'hui retraité, le sculpteur expose à la Maison créative, toujours au Vibal. Joel Born -
  • L'Homo Faber, devrait venir coiffer le Lévezou au niveau de la ligne de crête du col d’Aujols.
    L'Homo Faber, devrait venir coiffer le Lévezou au niveau de la ligne de crête du col d’Aujols. Joel Born -
  • Ses œuvres de métal sont exposées dans la Maison créative, un remarquable lieu, implanté au cœur du village du Vibal.
    Ses œuvres de métal sont exposées dans la Maison créative, un remarquable lieu, implanté au cœur du village du Vibal. Joel Born -
  • Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde
    Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde Joel Born -
  • Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde
    Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde Joel Born -
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    Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde Joel Born -
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    Au Vibal, le forgeron sculpte sa vision du monde Joel Born -
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Le VibalClaude Villefranque est un sculpteur autodidacte talentueux. L’une de ses imposantes œuvres de jeunesse, symbolisant l’homme qui fabrique, va être installée sur la ligne de crête du Col d’Aujols, aux portes du Lévezou.

Claude Villefranque est un personnage haut en couleurs. Attachant. Et un véritable artiste. D’une grande richesse. À l’image de son œuvre. Le type même de bonhomme qu’il est bon de rencontrer. La sculpture est pour lui nourricière. Son imagination féconde et ses mains font le reste. «Une drogue», comme il dit, dans son modeste atelier, assis à côté d’une enclume. L’enclume du forgeron qu’il fut durant presque toute sa vie, dans son village natal du Vibal.

Une famille de 11 enfants

Issu d’une famille de 11 enfants, Claude n’avait pas vraiment le choix. Son certificat d’études en poche, il se mit au travail, dès l’âge de 15 ans. Prenant rapidement la succession de son père, il s’établit comme forgeron, en 1967. Il le restera jusqu’à l’âge de la retraite, en 2006. Très tôt, cet autodidacte à l’esprit bouillonnant et créatif se tourna vers la sculpture. Un brin rebelle, un peu soixante-huitard sur les bords, l’homme n’aime pas les injustices, la violence. "La sculpture, c’est ma façon de m’exprimer", explique-t-il. "L’art c’est difficile, j’y ai sacrifié ma vie, mais quand tu l’as là, il faut que ça sorte. Et quelle satisfaction après…"

La Maison créative

Ses œuvres de métal sont exposées dans la Maison créative, un remarquable lieu, implanté au cœur du village, depuis une vingtaine d’années. Au début, ils étaient trois, avec un tourneur sur bois et un faïencier. "On voulait montrer qu’on pouvait aussi s’exprimer en travaillant de ses mains". Claude se retrouve aujourd’hui seul aux commandes de cet espace qui lui demande beaucoup. "Les expos, ce n’est pas vraiment mon truc. J’aime mieux que les gens viennent me voir, s’imprègnent de mon monde". Et pas question, non plus, qu’il vende ses sculptures. "On s’y attache et puis, une œuvre appartient à celui qui la regarde".

Ses sculptures dégagent, à la fois, de la force, de la finesse, du mouvement, et sont chargées de sens, de symboles. Claude en parle avec humour, dérision et poésie. Avec ses mots et ses images à lui. Loin de certains discours pompeux et ronflants. L’ancien forgeron façonne ainsi sa vision du monde, qu’il souhaiterait meilleur, et des gens. Avec plusieurs clins d’œil à ceux qu’il aime bien: Renaud, Coluche et autre Gainsbourg côtoient ainsi de nombreux personnages et créatures d’ici et d’ailleurs. Il dénonce aussi les horreurs et les exactions de la guerre. "Trop d’argent rend bête; la célébrité isole; le pouvoir rend fou", peut-on lire à l’entrée de ce musée qui ne manque pas d’originalité. Dans le village connu pour son Cap festival, le facétieux retraité est aussi régulièrement l’auteur de quelques coups d’éclats artistiques volontairement provocateurs. Dernièrement, il n’a pu s’empêcher de souder une plaque peinte en noir, sur le panneau de signalisation qui indique le village voisin de Soulages...

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