L'autre défi des sports extrêmes: chercher l'argent

  • Alors que les sports extrêmes sont de plus en plus populaires, les mordus recherchent des financements auprès d'entreprises privées pour pratiquer leur passion, voire en vivre
    Alors que les sports extrêmes sont de plus en plus populaires, les mordus recherchent des financements auprès d'entreprises privées pour pratiquer leur passion, voire en vivre AFP/Archives - Philippe Desmazes
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Centre Presse Aveyron

Erich Wegscheider a un objectif bien précis : participer à 28 des compétitions mondiales les plus éprouvantes en matière de cyclisme, montagne, triathlon et marathon. Et pour ce faire, il lui faut trouver un parrain pour payer la note.

"Ca coûte cher. Faire tout ça est au-dessus de mes moyens", dit l'athlète de Californie (ouest des Etats-Unis), alors qu'il se prépare à ajouter à son palmarès les 167 km en vélo du Leadville Trail, dans les montagnes du Colorado.

Alors que les sports extrêmes sont de plus en plus populaires, il n'est pas le seul de ces mordus à rechercher des financements auprès d'entreprises privées pour pratiquer sa passion, voire en vivre.

Rien qu'en Amérique du Nord, les marques devraient dépenser cette année 14,35 milliards de dollars (10,87 mds d'euros) en parrainage, soit 4,9% de plus qu'en 2013, selon la société de consultants spécialisée IEG de Chicago.

Le plus gros du magot va aux équipes professionnelles et aux athlètes vedettes qui assurent un maximum de visibilité aux marques.

"Mais on commence à voir un peu de cet argent injecté dans les sports extrêmes", dit à l'AFP William Chipps, responsable du rapport sur le parrainage d'IEG, même si leur part du gâteau est "toute petite".

- "Gestionnaire de marque" -

La marque autrichienne de boissons énergétiques Red Bull est le géant du parrainage des sports extrêmes, dont elle a financé des centaines d'athlètes, comme Felix Baumgartner, premier homme à franchir le mur du son en chute libre en 2012.

Présent du VTT DH à la Formule 1 en passant par le rallye, le parachutisme ou le moto-cross, la marque organise aussi ses propres événements, et touche ainsi un public jeune, bercé dans la culture de l'image et d'internet.

"Ils veulent faire des trucs originaux et sympas avec leur marque", dit le grimpeur sur glace et parapentiste Will Gadd. Red Bull a financé le film relatant son expédition en 2006 pour escalader les icebergs de l'Atlantique Nord.

"En fait, je l'aurais fait quand même, même sans Red Bull", dit-il dans une interview au téléphone du Canada.

A nouveau avec le soutien de Red Bull, il se prépare à un nouvel exploit: survoler en parapente la Colombie-Britannique (Canada), tout au long du sillon des Rocheuses.

"Si vous êtes bon à ce que vous faites, ça ne suffit pas. Vous devez aussi savoir porter, année après année, l'image d'une compagnie, pour le public et pour le sport". Et alors vient le financement.

Au mieux, un athlète de sport extrême peut gagner "200.000 dollars par an" (151.000 euros), dit M. Gadd qui, pour sa part, tire la majeure partie de ses revenus de la publicité télévisée et des cascades.

La plupart du temps, l'aide vient plutôt en nature.

La parachutiste américaine Taya Weiss estime "avoir beaucoup de chance" d'avoir pu obtenir sa combinaison de saut, ses parachutes et ses harnais d'une petite fabrique d'équipements sportifs, qui n'a pas de gros budget parrainage.

"Si vous voulez être bon dans votre sport, il faut totalement s'y consacrer, et c'est cher", dit-elle en indiquant qu'elle porte sur elle 8.000 dollars (6.000 euros) de matériel quand elle saute d'un avion.

Kris Mathis, fondateur de Sponsorpitch.com, qui met en liaison sponsors et athlètes, indique que poser le logo d'une entreprise sur sa tenue et toucher un chèque mensuel, ne suffit plus.

"De plus en plus, ceux qui cherchent un parrain se transforment en gestionnaire de marque" et doivent donc trouver le bon partenaire, dit-il.

Les sports extrêmes étaient dans le passé du domaine de la contre-culture. Mais ce passé est révolu quand on voit le succès toujours grandissant de grands événements comme les X Games, qui auront 20 ans l'an prochain. Sortes de JO des sports extrêmes (skicross, superpipe, slopestyle, skateboard, BMX...), ils sont retransmis dans plus d'une centaine de pays.

"On est moins montré du doigt parce qu'on accepte les dollars du monde de l'entreprise", dit la professeure de marketing de Georgetown University Marlene Morris Towns.

Source : AFP

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