Travaux publics :"Aujourd'hui, on ferme tous les robinets"

  • Conséquence de cette période de disette (les travaux publics sont tributaires à 70% de la commande publique), les appels d’offres ont chuté de 30%, l’emploi de 16%.
    Conséquence de cette période de disette (les travaux publics sont tributaires à 70% de la commande publique), les appels d’offres ont chuté de 30%, l’emploi de 16%. José A. Torres
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Economie. La baisse des investissements publics inquiète un secteur qui représente en Aveyron quelque 270 entreprises et emploie 1581 personnes.

Comment faire autant qu’avant, voire plus, avec moins. La difficile équation que doivent tenter de résoudre nombre d’élus de tous bords. Avec, en filigrane, la nécessité de relancer la commande publique et de redynamiser le secteur des travaux publics, qui souffre terriblement, comme cela fut confirmé, mardi à Toulouse, lors des Assises régionales de la profession."Aujourd’hui, on ferme tous les robinets", a imagé le président de la Fédération nationale des TP, Bruno Cavagné. Conséquence de cette période de disette (les travaux publics sont tributaires à 70% de la commande publique), les appels d’offres ont chuté de 30%, l’emploi de 16%. 

Plan Marshall

Face à tous ces signaux alarmants, le président de la CCI de Toulouse, Alain Di Crescenzo, réclame un véritable Plan Marshall. "Chaque fois qu’on investit de l’argent dans les TP on crée de l’emploi et on améliore l’attractivité du territoire." Le président de la fédération régionale, Thierry Le Friant, défend la même idée, illustrant son propos par les soucis de circulation dans l’agglomération toulousaine. "Notre vertu première est de participer à la croissance du territoire. Il n’est pas normal que les transports soient aussi ralentis sur la rocade de la quatrième ville française."

Inventer un nouveau modèle

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, chiffre à 510 M€ la baisse des dotations de l’État pour la seule métropole régionale. C’est considérable. "Le choc est tel qu’il nous faut inventer un nouveau modèle, une stratégie à la mesure de nos possibilités." Pour le premier magistrat de la Ville rose, il n’y a pas de recette miracle: "Il va falloir adopter un régime minceur et économiser sur le budget de fonctionnement." "C’est un choc mais on se doit de réagir, en faisant la chasse à tous les gaspillages pour continuer à investir", a abondé Claude Ducert, le président du Sicoval, la communauté d’agglomération du Sud-Est toulousain. "Chaque maire est un développeur mais pendant que les dotations baissent, les dépenses obligatoires augmentent", a justement rappelé Jean-Louis Puysségur, le maire de Pointis-Inard, comme pour mieux témoigner de la complexité de la tâche.

"Il y a trop de normes, trop de contraintes"

Jean-Louis Chauzy, le président du nouvel Observatoire de la qualité de service des infrastructures (Orquasi) souhaite lui aussi un plan de relance, en liaison avec les collectivités locales. Et l’élu ruthénois de soulever un autre problème: "Il y a trop de normes, trop de contraintes. On met parfois plus de temps pour épuiser les recours que pour la réalisation". Dans tous les cas, comme l’a souligné Martin Malvy, il va falloir chercher une meilleure efficience des fonds publics, le président de Midi-Pyrénées annonçant tout de même une bonne nouvelle avec le projet de création d’un fonds d’aide aux collectivités locales. Sera-t-il suffisant pour réamorcer la pompe? 

Joël Born
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