Justice

Assises : "Vous nous prenez pour des imbéciles. C'est une constante !"

  • Pour le président Cayrol, les auditions se suivent et se ressemblent.
    Pour le président Cayrol, les auditions se suivent et se ressemblent. José A. Torres / José A. Torres
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Placé en détention provisoire depuis trois ans et demi, Vincent Tournadre était mercredi devant  devant la cour d’assises de l’Aveyron pour s'expliquer sur son rôle dans la tuerie de Millau qui, le 8 mai 2010, a coûté la vie à Jean-Ronald d’Haïty. Lors de son audition il joue très rapidement la carte de l’aveu reconnaissant avoir, ce soir là, emporté "un couteau suisse", qu’il n’aurait cependant pas sorti de sa poche. "Je ne l’ai pas dit jusque-là, mais là, je le dis", lance Vincent Tournadre. "J’assume maintenant ma participation à l’histoire. Et j’assume totalement". Ce soir du 8 mai 2010, il dit s’être laissé embarquer car, précise-t-il à son avocat MMickaël Poilpré, il "ne voulait pas passer pour le petit connard qui n’aide pas son pote" (Morad Laanizi). "Je n’ai fait que suivre le groupe. Je suis un lâche, je le sais" 

"Vous nous prenez pour des imbéciles"

Accroché à la barre du tribunal, le Millavois assure qu’il était "terrorisé" lorsqu’il a gravi l’escalier de l’immeuble de la place Foch; qu’il a "été aspiré dans l’appartement" où il est resté "quelques instants". Toutefois, il martèle n’avoir rien fait. La scène qui s’y est jouée avait tout, dit-il, "d’un film d’horreur". Puis, dans la rue, il serait seulement passé à proximité du lieu où Rodolphe Charles a été grièvement blessé. Là aussi, il nie toute participation. Ce récit terminé, le président Régis Cayrol reste sur sa faim. Lui aimerait, par exemple, connaître l’identité de ceux qui se trouvaient chez Taoufik Laanizi avant que la "horde" ne se dirige vers la place Foch. "Je ne sais pas. Ils étaient tous masqués", réitère Vincent Tournadre. La répartie du président est immédiate: "C’est une constante : vous nous prenez pour des imbéciles. Mais ce n’est pas grave !" 

"La seule personne qui avait un couteau, c'est vous !"

Agacé, l’avocat général, Jérôme Laurent, secoue alors celui qui est interrogé depuis déjà près de deux heures. "En l’état des débats, aujourd’hui, je constate que la seule personne qui avait un couteau, et qui se trouvait dans l’appartement de la victime et dans la rue où Rodolphe Charles a été blessé, c’est vous", attaque-t-il.  "C’est ridicule. C’est n’importe quoi. Ça me dégoûte", s’emporte l’accusé, que le ministère public invite "à faire preuve d’un petit peu plus de franchise, dans (son) intérêt".  Avant d'en finir, son avocat pose une dernière question. "Le soir du 8 mai 2010, quand les coups pleuvaient sur Rodolphe Charles, à qui Taoufik Laanizi aurait lancé «Arrête ! Tu vas le tuer ?»"  Réponse : "Moi, je pense qu’il l’a dit à son frère. Mais je ne peux pas le confirmer". 

CL
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