Economie

Manuel Cantos : «L’Aveyron est une terre d’entrepreneurs»

  • Manuel Cantos livre  un vibrant plaidoyer en faveur des PME et PMI.
    Manuel Cantos livre un vibrant plaidoyer en faveur des PME et PMI. CP -
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Entreprises. Le président de la chambre de commerce et d’industrie a évoqué l’état de santé de l’économie aveyronnaise. Ainsi que les projets et les attentes de la CCI, qui entend s’affirmer comme le référent économique de proximité.

«Sans économie, il n’y a pas de vie.» On sait l’attachement du président de la chambre de commerce et d’industrie, Manuel Cantos, à la vie des entreprises. Un attachement qu’il a bien évidemment réaffirmé lors de son tour d’horizon de l’économie aveyronnaise. Livrant, comme à son habitude, et avec la liberté de ton qui est la sienne, un vibrant plaidoyer en faveur des PME et PMI. «Celles qui créent des emplois.»

Des forces... 

«Objectivement, on soutient la comparaison. La diversité de nos secteurs d’activité est une richesse», a-t-il résumé. Parmi les secteurs économiques aveyronnais performants, on retrouve, bien évidemment, l’agroalimentaire qui affiche une belle santé, en réalisant 35% du chiffre d’affaires régional. L’industrie aéronautique et mécanique, avec des sous-traitants aveyronnais de premier rang, l’industrie du luxe, dans le domaine de la ganterie et de la mégisserie, ainsi que plusieurs entreprises du secteur informatique tirent l’économie départementale vers le haut. Avec quelques «pépites» comme Umicore, le leader mondial du zinc prépatiné, ou la RAGT, l’un des leaders mondiaux de la semence.

... et des faiblesses 

Principale faiblesse actuelle de l’économie départementale, le secteur du BTP continue à pâtir de l’insuffisance de la commande publique. Cela devrait malheureusement se traduire par une année noire, avec la perte de près de 500 emplois. Malgré l’apport du musée Soulages, notamment pour l’économie ruthénoise, l’activité touristique a également connu un net ralentissement, desservie, il est vrai, par un été pourri. L’une des autres inquiétudes de Manuel Cantos concerne le petit commerce de proximité qui souffre considérablement.

Dans un autre domaine, le président de la CCI reste très attentif à l’évolution du dossier du très haut débit, un «enjeu majeur», et à l’aménagement de la RN 88, la circulation devenant de plus en plus difficile, à certaines heures, dans la traversée de l’agglomération ruthénoise. En rappelant que 55% des emplois salariés aveyronnais sont concentrés dans l’arrondissement de Rodez, les autres 45% se partageant, quasiment à parts égales, entre les arrondissements de Millau et Villefranche-Decazeville.

L’Aveyron, terre d’entrepreneurs

Dans le cadre du parcours création d’entreprises, les services de la CCI auront accompagné 850 personnes en 2014. Au titre de l’aide au financement, Initiative Aveyron a soutenu 220 dossiers, pour un volume de prêts de l’ordre de 1,8 M€. Ce qui fait dire à Manuel Cantos: «L’Aveyron est une terre d’entrepreneurs.»

On rappellera, par ailleurs, que sur les 22 entreprises de Midi-Pyrénées qui se sont récemment rendues en Chine dans le cadre d’une mission sur l’exportation, cinq sont aveyronnaises: GLD Conseil, à Rignac; Galzin, à Millau; Laguiole Synergie, à Espalion; 2PS à Montbazens; Le Sac du Berger, à Latour-sur-Sorgue. À un autre niveau, négatif, celui-là, la cellule de prévention des entreprises en difficulté aura traité 150 dossiers en 2014, représentant quelque 900 emplois. 

Du pôle cuir au projet hydrogène

Parmi ses projets, la CCI, qui entend bien s’affirmer comme le «référent économique de proximité», œuvre à la mise en place du pôle cuir avec la communauté de communes de Millau. Elle s’apprête également à lancer une étude territoriale sur la production d’hydrogène et participe à la réflexion sur la fabrication additive métallique. Dans un autre domaine, la CCI apporte sa contribution à une étude de faisabilité sur le traitement des déchets en Aveyron. «Nous ferons tout pour soutenir un projet local», a expliqué Manuel Cantos, précisant que plusieurs porteurs de projets, dont Sévigné et Braley sont sur les rangs, et que quatre ou cinq territoires sont ciblés... Avec les difficultés que l’on sait quand il s’agit de trouver un terrain. 

L’avenir de la CCI

Le président Cantos ne pouvait pas faire l’impasse sur l’avenir (incertain) des CCI départementales et leurs contraintes budgétaires. Lors de sa récente venue à Rodez, le préfet de Région, Pascal Mailhos a redit la volonté gouvernementale de favoriser les mutualisations. Manuel Cantos n’est pas franchement convaincu. «Quand on a essayé de mutualiser, on n’a jamais fait d’économies d’échelles et on s’est écarté du territoire.» 

Joël Born
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