Economie

« La filière roquefort aborde un virage historique »

  • « Il y aura désormais une relation directe entre industriels et éleveurs. »
    « Il y aura désormais une relation directe entre industriels et éleveurs. » LA / Midi Libre Millau / LA / Midi Libre Millau
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Interview. Robert Glandières est président de la Confédération générale de roquefort. L’appellation fête ses 90 ans cette année, avec l’application d’une nouvelle réglementation.

L’appellation roquefort fête ses 90ans d’existence en 2015. Que représente cet anniversaire?

Nous étions la première appellation d’origine du monde. C’est roquefort qui a inventé le concept! Même si le roquefort est bien plus ancien puisque nous faisons référence à l’arrêté du parlement de Toulouse, en 1668, pour sa naissance. Avec cet anniversaire, l’objectif est de capitaliser sur cette Histoire. Le roquefort jouit d’une grande notoriété, bien sûr, mais il faut profiter de cet événement pour faire connaître son environnement. Quand on leur parle d’un fromage de Corse, des Pyrénées ou de Savoie, les gens voient tout de suite le territoire d’où il est issu. Quand on vend du roquefort, tout le monde connaît le produit, mais pas forcément nos paysages, notre patrimoine, la manière d’affiner...

Quels moyens seront alloués à cette stratégie de communication?

La célébration de ces 90 ans s’inscrit dans le budget global de laConfédération générale, qui est de deux millions d’euros par an. Leplan de communication vise àinsister sur les piliers de l’appellation, qui sont: les hommes, les territoires et le savoir-faire lié au produit. Mais aussi toute l’importance qu’il a sur l’économie locale. L’organisation d’un événement est en réflexion. Mais je peux déjà annoncer que cet anniversaire sera officiellement lancé, au niveau national, par une journée spéciale le 24 février au salon international de l’agriculture. Nous serons présents à l’exposition universelle de Milan. La Confédération va aussi investir dans un food truck. Enfin, un plan médias a déjà été défini, notamment auprès des jeunes consommateurs.

Tout cela dans un contexte bien particulier: le système de fixation du prix du lait change...

Oui, la réglementation évolue, en raison d’un nouveau texte européen de 2012. Je veux d’abord souligner que nous n’avons jamais discuté le prix de vente du produit aux consommateurs, comme certaines filières ont pu le faire, dans l’illégalité... Nous, nous avons toujours discuté du prix du lait a posteriori. Ce système, il date de 1930, c’est l’une des raisons de la constitution de l’interprofession. Là, on nous dit que c’est interdit, l’Europe estime qu’il y a une forme d’entente et qu’un producteur doit pouvoir fixer un prix différent de celui du voisin. Mais cette réglementation nous permet aussi, je cite, de "massifier l’offre". En clair, les éleveurs pourront se rassembler au sein d’organisations de producteurs (OP) pour mener les négociations. C’est ce que je préconise.

Où en est le dossier?

Des négociations sont en cours pour l’instant, il faut laisser faire les choses. Comme d’habitude, nous allons fixer le prix a posteriori à l’automne, pour cette campagne 2014-2015. Puis le nouveau système s’appliquera pour la suivante, qui démarrera classiquement au 15 novembre prochain. Chaque fabricant va négocier le prix du lait avec ses fabricants, soit seul, soit regroupé. En tout cas, les bagarres sur le prix du lait à la Confédération, c’est fini, vous ne les verrez plus! Les discussions se feront industriel par industriel, comme c’est le cas pour le lait de vache. L’interprofession, elle, conservera ses missions de promotion, de gestion de la qualité, de gestion de l’AOP et de son cahier des charges, d’appui technique...

Certains éleveurs craignent que ce nouveau système place les industriels en position de force...

C’est pour cela que nous, au Seb, nous militons pour créer des OP fortes qui pourraient même, peut-être, mener des négociations inter-industriels. Aujourd’hui, nous sommes dans un système cadré où une solidarité forte joue. Nous pouvons continuer, mais il faut trouver d’autres mécaniques pour y parvenir. Toute cette construction est en marche.

Qu’en sera-t-il de la maîtrise de la production de lait?

Le système de référence disparaît. Mais nous travaillons à définir un point de départ que nous établirons pour chaque producteur. Il ne faut pas que les éleveurs croient que, parce que ça se libère, ils vont pouvoir réaliser 10 ou 20% de production supplémentaire du jour au lendemain. La filière roquefort aborde un virage historique, en même temps que cet anniversaire. Il y aura désormais une relation commerciale directe entre industriels et éleveurs, ce qu’on n’a jamais connu depuis 1930. Nous allons vivre une première année avec beaucoup d’interrogations. Nous avons tenu une réunion importante vendredi et j’en suis sorti plutôt rassuré. Il existe une volonté commune, chez lesfabricants comme chez les producteurs, de réussir ce passage d’un système à un autre.

Mathieu Lagouanère (ML)
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