Intempéries

À Saint-Affrique, on essaie de digérer le mauvais coup de la Sorgues

  • Très rapidement, la municipalité saint-affricaine a décidé de consolider les berges, des habitations menaçant de s’effondrer en cas de nouvelles crues. À cet effet, le maire a salué la diligence de la police de l’eau qui a œuvré «afin que nous puissions intervenir rapidement». Le maire évalue à deux ou trois ans la durée nécessaire des travaux pour la remise en état de la ville.
    Très rapidement, la municipalité saint-affricaine a décidé de consolider les berges, des habitations menaçant de s’effondrer en cas de nouvelles crues. À cet effet, le maire a salué la diligence de la police de l’eau qui a œuvré «afin que nous puissions intervenir rapidement». Le maire évalue à deux ou trois ans la durée nécessaire des travaux pour la remise en état de la ville. José A. Torres / José A. Torres
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Quasiment deux mois, jour pour jour, après la crue dévastatrice de la Sorgues, Saint-Affrique panse encore ses plaies. Reportage dans les rues de la ville qui porte encore les stigmates des intempéries du 28 novembre 2014. 

Il faudra du temps. Du temps pour que Saint-Affrique panse les plaies laissées par cette dramatique crue du 28 novembre. Du temps pour que les Saint-Affricains tournent la page. Chaque coin de rue de la ville rappelle aux quelque 9 000 habitants la terrible colère de la Sorgues ce soir-là. Sur le pont vieux, classé monument historique, le maire Alain Fauconnier montre la hauteur à laquelle est arrivée l’eau cette nuit-là. «Impossible de s’imaginer quand on voit la rivière basse comme ça. Mais vous voyez l’autre pont, là-bas, l’eau passait par-dessus...»

La crue de 1992, encore dans les esprits saint-affricains, a été emportée par celle de 2014. «Un mètre de plus... Cela a foutu un coup au moral des Saint-Affricains. Ils craignent que cela recommence bientôt», raconte le maire. En aval de la Sorgues, presque deux mois après, c’est toujours un paysage de désolation. «À la Gravière, un endroit magique pour les familles qui vont s’y promener, pique-niquer dès qu’il fait beau, il n’y a plus rien!» 

671 déclarations de sinistre 

Du côté de la déchetterie, le chemin est encore tout boueux. Tout près, dans le hangar de la salle des fêtes, on essaie de sauver ce qui peut l’être. On nettoie patiemment les chars qui défilent dans la ville en juin, lors de la fête de Saint-Affrique. Des signes que la ville relève la tête. Elle n’a pas trop le choix. D’ailleurs, c’est dès le dimanche 30 novembre qu’elle s’est remise à respirer.

«Rapidement, on a développé trois axes de travail: les besoins de la population, avec au final 671 déclarations de sinistre et un bon travail du CCAS (Centre communal d’action sociale), cela concerne un quart des habitants. Les entreprises ensuite, avec une trentaine d’entre elles touchées, concernant près de 260 personnes. Et tout ce qui concerne enfin les infrastructures de la ville, de l’hôpital aux berges en passant par les terrains de sport», souligne le maire.

Dix millions d'euros de dégâts, à minima

Deux mois après, Alain Fauconnier a encore du mal à chiffrer les dégâts. Il parle de dix millions d’euros pour une première remise en état de la ville. Mais il ne s’avance pas sur la somme nécessaire débloquée par l’État pour remettre l’hôpital en marche. «Ce qui a sans doute coûté très cher, c’est l’évacuation des patients. Vous imaginez, la mobilisation d’une centaine de véhicules de secours, avec des patients aujourd’hui installés pour quelques-uns près de Toulouse !»

L’ancien sénateur sait aussi que le relèvement de la ville passera par la reprise économique. Sur ce point-là, deux sujets l’inquiètent. L’abattoir d’abord. «On a un outil désormais bien rétabli, on a fait tout ce qu’il fallait. Mais je crains pour sa reprise économique. On devra y être attentif»,souffle-t-il. L’autre sujet concerne un voisin: la fromagerie de Saint-Georges-de-Luzençon «Si elle part, c’est 130 emplois que l’on perd...».

Réouverture de l'hôpital prévue le 9 février

En attendant, la réouverture de l’hôpital le 9 février, la remise en état de la pelouse du stade municipal, sur laquelle a pu se jouer un match de football le week-end dernier, le ballet des pelles mécanique sur les bords de la Sorgues, la consolidation de plusieurs maisons sont autant de signes positifs renvoyés aux habitants. Pour eux, comme pour la Sorgues, la vie continue. Mais il faudra du temps pour oublier et réparer. 

Philippe Routhe
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