Aveyron : Le lait de chèvre bio, une filière à inventer

  • Samedi, les gourmands avaient rendez-vous sur le stand de l'Aveyron.
    Samedi, les gourmands avaient rendez-vous sur le stand de l'Aveyron. Lola Cros / CPA
Publié le , mis à jour

Salon de l'agriculture 2015. Le marché est en plein boum, la production ne suit pas. Aveyron et Lozère s'associent pour relever le pari.

"Mmmmmm, c'est bon !" Testé et approuvé ! Samedi, premier jour du Salon international de l'agriculture 2015, le public parisien a apprécié les échantillons de yaourts au lait de chèvre bio offerts sur l'espace aveyronnais.

De bons produits frais, fabriqués... en Bretagne. Quoi ? "On profite du Salon pour avoir le ressenti des consommateurs sur ce type de produit, car nous sommes en train de créer une filière en Aveyron et en Lozère", explique Pierre Joffre, responsable du service agriculture biologique à la Chambre de l'agriculture, à Rodez.

L'initiative vient de l'industrie. Le marché du lait de chèvre bio est en plein développement, mais il est loin d'être satisfait par la production actuelle. La Bergerie de Lozère (groupe Triballat Noyal), installée à La Tieule, près de La Canourgue, à la frontière des deux départements, a lancé un appel par le biais des chambres d'agriculture aveyronnaise et lozérienne. Un appel auquel s'est aussi associée la laiterie de la Lémance, sise, elle, dans le Lot-et-Garonne (47).

"En associant intelligemment les deux départements, on peut lancer une filière"

"En termes de régularité de revenus et de plus-value ajoutée à la production, le lait de chèvre bio a beaucoup d'avantages, souligne Denis Pit, au nom de la chambre d'agriculture mendoise. Oui, en associant intelligemment les deux départements, on peut lancer une filière. On a déjà repéré un certain nombre d'exploitations agricoles, des petits producteurs de lait de vache ou certains producteurs de lait de chèvre conventionnel, qui sont prêts à s'engager dans cette voie."

L'Aveyron compte une douzaine d'exploitations caprines engagées en AB (ils sont 250 en conventionnel) : essentiellement des fermiers qui écoulent leur production en vente directe. La Lozère, elle, en possède à peine plus, qui travaillent pour la majorité en circuit court, côté cévenol. "On part de rien ou presque, mais on a tous les atouts dans notre manche, est convaincu Pierre Joffre. L'Aveyron, par exemple, est le deuxième département de France en termes de surface pour l'agriculture biologique. Nous pouvons développer une démarche de qualité, nous avons le savoir-faire."

"Ce serait bête de ne pas s'entendre"

Face à une demande qui ne cesse de croître ces dernières années, le groupe Triballat Noyal l'a fait savoir : il est prêt à investir autour de son site de La Tieule, pour créer une chaîne de collecte et de transformation du lait de chèvre bio, pour fabriquer des yaourts. "Pour faire naître un atelier, il faut que nous soyons capables de fournir 1,5 million de litres de lait par an, détaille Denis Pit. Je suis persuadé que nous pouvons y arriver d'ici trois à quatre ans, grâce à cette association entre nos deux départements. Ça serait bête de ne pas s'entendre : de toute façon, bientôt, nous serons ensemble dans la même région."

Mathieu Lagouanère
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