Etats-Unis: la Fed fait un pas supplémentaire vers une hausse des taux

  • La façade du siège de la Réserve fédérale américaine à Washington, en 2008
    La façade du siège de la Réserve fédérale américaine à Washington, en 2008 AFP/Archives - Karen Bleier / AFP/Archives - Karen Bleier
  • La présidente de la Fed Janet Yellen, le 25 février 2015 à Washington
    La présidente de la Fed Janet Yellen, le 25 février 2015 à Washington Getty/AFP/Archives - Mark Wilson / Getty/AFP/Archives - Mark Wilson
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La banque centrale américaine (Fed) a fait mercredi un pas supplémentaire vers un début de normalisation de sa politique monétaire en abandonnant son engagement à se montrer "patiente" avant de relever ses taux directeurs.

Le Comité monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) a confirmé le maintien de ses taux directeurs proches de zéro, leur niveau depuis fin 2008, afin de continuer à soutenir la reprise, à l'issue de sa réunion mercredi.

Mais la Fed ne promet désormais plus d'être "patiente" avant une première hausse des taux tout en affirmant que celle-ci n'interviendra pas lors de la prochaine réunion les 28 et 29 avril.

A partir de là, le calendrier est ouvert.

Même si "nous considérons qu'il est improbable que les conditions économiques réclament une hausse des taux lors de la réunion d'avril, une telle hausse pourrait être nécessaire à n'importe quelle réunion ensuite, suivant l'évolution de l'économie", a déclaré Mme Yellen lors d'une conférence de presse. Elle ouvre ainsi la porte à un premier resserrement du crédit dès sa réunion des 16 et 17 juin.

Mais Mme Yellen s'est empressée d'ajouter que "la modification du message d'orientation ne doit pas être interprétée comme le fait que nous avons décidé le calendrier de la hausse (des taux).

Interrogée sur le fait de savoir si en offrant un message d'orientation plus vague qu'autrefois, la Fed allait laisser les marchés deviner l'évolution des taux, Mme Yellen a répondu: "notre politique dépend des données économiques (...). Il est évident qu'on ne peut pas apporter de certitude car nous ne savons pas comment l'économie va évoluer".

La Banque centrale américaine se laisse donc une certaine marge de manoeuvre dans l'hypothèse où l'économie américaine montrerait de subits accès de faiblesse ou si ses objectifs de plein emploi et d'inflation annuelle à 2% se révélaient hors de portée.

"La Fed a remplacé sa promesse d'être patiente par un message plus vague", a résumé Paul Ashworth, économiste en chef pour Capital Economics.

Dans son communiqué, adopté à l'unanimité, la Fed indique ainsi qu'il sera "approprié" de relever les taux après de "nouvelles améliorations" sur le front de l'emploi et quand elle sera "raisonnablement confiante" dans le fait que l'inflation revienne vers son objectif.

-L'effet du dollar fort-

La Fed a par ailleurs souligné des points de faiblesse de l'économie américaine. Si elle note que les conditions du marché de l'emploi continuent à s'améliorer, la banque centrale relève que la croissance économique dans le pays s'est "quelque peu" modérée.

Mme Yellen a reconnu que la force du dollar "était aussi un facteur" de cette affaiblissement de la croissance et de l'inflation en "maintenant des prix bas à l'importation". L'appréciation du billet vert ralentit la croissance des exportations, ce qui sera aussi "un poids pour l'économie américaine", a reconnu Mme Yellen.

Dans son communiqué, le FOMC relève également que l'inflation a "encore décliné", plombée par le déclin de cours mondiaux du pétrole mais il n'affirme plus comme en janvier que les prix vont encore baisser même si l'inflation devrait "rester à son bas niveau actuel à court terme"

En janvier, l'inflation n'était que de 0,2% sur un an.

Reflétant son regain de prudence, la Fed a abaissé mercredi ses prévisions de croissance comme d'inflation aux Etats-Unis tout en se montrant plus optimiste sur le front de l'emploi.

Le produit intérieur brut du pays (PIB) ne devrait plus progresser que de 2,3% à 2,7% sur un an, selon les nouvelles projections trimestrielles du FOMC et les prix à la consommation ne devraient plus augmenter que de 0,6 à 0,8% cette année. En 2015, le taux de chômage devrait évoluer entre 5,0 et 5,2%, selon la Fed.

Les membres de la Fed ont également divulgué leurs nouvelles estimations sur le niveau des taux à l'avenir, où ils se montrent nettement moins pressés de les relever qu'en décembre.

Ainsi une vaste majorité du Comité monétaire (13 sur les 17 qui participent même s'ils ne sont pas tous membres votants) pensent que les taux directeurs resteront en dessous de 1% fin 2015. Sept d'entre eux les voient ainsi à 0,625%.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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