Quand Jean Fabre lançait la carrière de Guy Novès...

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    Quand Jean Fabre lançait la carrière de Guy Novès... Reproduction Centre Presse
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Rétro. Il y a peu, Guy Novès a tourné la page de sa brillante histoire avec le Stade Toulousain. Une histoire débutée il y a plus de 25 ans grâce à un certain Jean Fabre. L’Aveyronnais, alors président du club, a été le premier à offrir un poste d’entraîneur au futur sélectionneur de l’équipe de France. Il s’en souvient

Guy Novès, tout le monde connaît. Ses heures de gloire avec le Stade Toulousain en tant que joueur mais surtout entraîneur, son caractère bien trempé, sa récente nomination à la tête de l’équipe de France... Bref, on ne vous apprend rien. En revanche, peu de personnes ont en mémoire ses débuts d’entraîneur. Les véritables du moins.

Car si l’ère Guy Novès a bel et bien débuté en 1994 avec un titre et toute la réussite qu’on lui connaît depuis, on omet souvent sa toute première expérience sur le banc de touche du Stade. C’était en 1989. Jean Fabre n’a pas oublié. L’Aveyronnais était alors président du club. Il a été le premier à faire confiance au «sorcier».

Toulouse venait de se faire éliminer en quart de finale du championnat de France par Toulon. Insuffisant pour les «rouge et noir», déjà imprégnés d’une forte culture de la gagne. Le duo des entraîneurs historiques, Pierre Villepreux et Jean-Claude Skrela, ne faisait plus l’unanimité au sein de l’équipe fanion.

«Cela aurait été inconcevable de faire le choix de Guy Novès à l’époque !»

«On avait besoin d’un nouveau discours, de sang neuf», se remémore Jean Fabre. Il se tourne alors vers Guy Novès, jeune retraité en charge de l’équipe juniors, pour épauler le duo déjà en place. «Pour moi, ce choix était logique car il était très estimé des joueurs. Puis sa jeunesse était un atout pour revigorer le vestiaire...», explique l’ancien 3e ligne ruthénois. Il ne regrettera pas son choix. Car le nouveau trio n’a pas mis longtemps à faire ses preuves. Dès sa première saison, il ramène le 10e Bouclier de l’histoire du club sur les bords de la Garonne. Pourtant, l’aventure n’ira pas plus loin.

«C’était trois personnalités fortes. Guy en était déjà une à l’époque. Je l’avais de suite détecté car pour moi, c’est une qualité. Mais avec deux caractères similaires à ses côtés, cela ne passait pas. Il y avait des étincelles et le pacte a été rompu. On m’a alors demandé de trancher car chacun souhaitait voler de ses propres ailes. J’ai longuement discuté avec Guy à cette époque car il tenait le rôle de l’affectif avec les joueurs. La décision de l’écarter n’a donc pas été simple. Mais face aux deux autres qui étaient des légendes à l’époque, vous comprenez... Cela aurait été inconcevable de faire le choix de Guy Novès à l’époque !», souffle Jean Fabre. Son successeur à la présidence du Stade Toulousain, René Bouscatel, le fera trois ans plus tard avec la suite connue...

Entre-temps, Guy Novès avait quitté son club de toujours pour entraîner le voisin Blagnac. Sans jamais en vouloir à Jean Fabre. Les deux hommes sont toujours restés en contact, mangent régulièrement ensemble à la brasserie du Stade. Aujourd’hui d’ailleurs, l’ancien maire de Coussergues ne tarit pas d’éloges sur son ancien poulain : «Il a eu une carrière formidable avec Toulouse. C’était d’ailleurs facile à détecter. C’est une personne qui comprend parfaitement ses joueurs et agit en conséquence. Puis, il a surtout une autorité naturelle. Tout le monde le respecte, l’estime donc on le suit naturellement et on ne rechigne pas à la tâche. C’est un meneur d’hommes hors pair qui a su évoluer avec son temps. Il s’est toujours remis en question au niveau technique car il est arrivé très tard au rugby (il a commencé à jouer à 20 ans après une magnifique carrière dans l’athlétisme, NDLR) et a souffert de cette carence qu’il avait au départ. Je suis très heureux qu’il poursuive à la tête de l’équipe de France, le Graal. Il y réussira, j’en suis persuadé». Cette fois, «c’était le choix idéal», sourit Jean Fabre.

Mathieu Roualdés
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