référendum: vers un non massif des Grecs au plan des créanciers

  • Des grecs célèbrent le "non" au référendum" à Athènes, le 5 juillet 2015
    Des grecs célèbrent le "non" au référendum" à Athènes, le 5 juillet 2015 AFP - LOUISA GOULIAMAKI / AFP - LOUISA GOULIAMAKI
  • Un Evzone, soldat de la garde présidentielle, devant le Parlement à Athènes, le 5 juillet 2015
    Un Evzone, soldat de la garde présidentielle, devant le Parlement à Athènes, le 5 juillet 2015 AFP - ANDREAS SOLARO / AFP - ANDREAS SOLARO
  • Une grecque brandit le "non" au référendum au square Klafthmonos à Athènes, le 5 juillet 2015
    Une grecque brandit le "non" au référendum au square Klafthmonos à Athènes, le 5 juillet 2015 AFP - IAKOVOS HATZISTAVROU / AFP - IAKOVOS HATZISTAVROU
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Les Grecs semblent avoir nettement rejeté, lors du référendum de dimanche, le plan des créanciers de leur pays, précipitant Athènes dans l'incertitude sur son maintien dans la zone euro.

Sur 50% de bulletins dépouillés vers 18H50 GMT, le non l'emportait à 61,21%.

Arborant des drapeaux grecs et des pancartes "non", et scandant des slogans contre l'austérité, des centaines de partisans du rejet du plan des créanciers commençaient à se rassembler sur la place Syntagma, dans le centre d'Athènes, pour manifester leur joie.

Le gouvernement Tsipras a annoncé aussitôt sa volonté de se rasseoir dès lundi à la table des négociations, fort de ce soutien massif du pays. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis a fait savoir que "les initiatives pour arriver à un accord" entre Athènes et ses créanciers UE et FMI "allaient s'intensifier à partir de ce soir".

De leur côté, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande devaient se rencontrer lundi soir à Paris "pour évaluer les conséquences du référendum en Grèce".

Moscou s'était déjà fait son opinion : "On ne peut pas ne pas comprendre" qu'il s'agit d'un "pas vers la sortie de la zone euro", a déclaré le vice-ministre russe de l'Economie, Alexeï Likhatchev.

A New York, l'euro reculaitde 1,54% à 1,0968 dollar

La question posée aux Grecs était: en substance, approuvez-vous la proposition de réformes mise sur la table le 25 juin par les créanciers du pays (FMI, UE, BCE)?

Le texte avait déjà fait l'objet de concessions de la part du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, arrivé au pouvoir en janvier. Mais le Premier ministre a décidé dans la nuit du 26 au 27 juin qu'il n'irait pas plus loin, lançant l'annonce du référendum.

Les Grecs inquiets se sont alors précipités sur les banques pour retirer autant d'argent qu'ils pouvaient, contraignant le gouvernement à décider leur fermeture pour une semaine, et la limitation des retraits à 60 euros par jour et par personne.

Pendant ce temps, les créanciers faisaient valoir le danger pour le pays de s'engager sur la voie du non, marqué selon eux par un risque de sortie de l'euro, une monnaie à laquelle trois Grecs sur quatre sont très attachés.

Pour parachever la dramatisation de ce scrutin, ils ont refusé de poursuivre le programme d'aide en vigueur depuis 2012, laissant la Grèce -- qui n'a plus reçu d'aide depuis août 2014 -- manquer un paiement de 1,5 milliard au FMI, évènement financier rarissime.

- Grand non -

Dans ce contexte, les Grecs semblaient aller au scrutin avec beaucoup d'anxiété dimanche, comme s'ils étaient dépassés par l'enjeu intimidant de la question.

Il semble bien qu'il n'en ait rien été, et qu'ils aient saisi au vol l'occasion de dire le "grand non" espéré par M. Tsipras aux créanciers du pays, qui ont exigé des réformes très dures de la Grèce depuis 2010, en échange de 240 milliards d'euros de prêts ou promesses de prêts, qui ont porté la dette grecque à près de 180% du PIB.

Le gouvernement Tsipras, qui a toujours soutenu vouloir retourner très vite négocier un meilleur accord en cas de non, n'a pas tardé à réagir au résultat.

Panos Kammenos, le ministre de la Défense, président du parti ANEL qui gouverne en coalition avec Syriza, a considéré sur Twitter que "le peuple grec a montré qu'il ne répondait pas au chantage, n'était pas terrorisé et menacé, la démocratie a gagné".

Selon le porte-parole du gouvernement, la Banque de Grèce devait envoyer dès dimanche soir une demande à la BCE, car il y a selon lui "des arguments solides pour faire remonter (le plafond de) l'ELA", l'aide d'urgence aux banques grecques qui sont fermées depuis une semaine et risquent de manquer rapidement de fonds.

Pour sa part, Euclide Tsakalotos, ministre adjoint aux Affaires internationales et coordinateur des négociations avec les créanciers, a affirmé qu'Athènes allait retourner aux discussions "pour négocier sur les réformes, sur la dette, et sur un plan de croissance pour avoir quelque chose de viable".

- Pas n'importe quel accord -

"La partie en face sait désormais qu'on ne va pas signer n'importe quel accord (...) on est prêt dès ce soir à discuter", a affirmé le ministre.

La zone euro a annoncé une réunion de ses directeurs du Trésor dès lundi, sans commentaire. La semaine dernière, le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem s'était montré pessimiste sur la suite d'une aide à la Grèce en cas de non, mais il était difficile d'apprécier la réaction des Européens après l'ampleur annoncée du refus.

Sur la place Syntagma, des manifestations de joie s'organisaient. Giorgios Dedeglicas, 76 ans, qui fait du bénévolat, était "heureux", jugeant que c'était "un résultat gratifiant, après tout ce terrorisme médiatique", qui "allait renforcer les autres mouvements" comme Podemos en Espagne.

La France et l'Italie avaient appelé dès dimanche matin à reprendre les discussions dès lundi, quel que soit le résultat.

"Il est évident que, le jour d'après, on devra se remettre à parler", avait ainsi lancé Mattéo Renzi, président du Conseil italien. De son côté, le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron avait assuré que "quel que soit le vote (en Grèce) nous devons dès demain reprendre des discussions politiques", et non céder à la tentation d'"écraser un peuple".

"La première à savoir" qu'il faut rediscuter, selon M. Renzi, et la clé de voûte des négociations, semblait plus que jamais Angela Merkel, la chancelière allemande, prise entre son souci de cohésion de l'euro et une opinion publique allemande de plus en plus hostile à la Grèce.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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