Tsipras dans l'arène politique grecque pour faire adopter l'accord de Bruxelles

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    Un graffiti dans une rue d'Athènes montrant un symbole de l'euro sanguinolent, le 14 juillet 2015 AFP - ARIS MESSINIS
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    Présentation des principaux points du plan de secours de la Grèce AFP - S. Ramis /P. Pizarro / J. Jacobs
  • Manifestation à Athènes le 13 juillet 2015 contre l'accord  conclu à Bruxelles entre les Européens et les Grecs
    Manifestation à Athènes le 13 juillet 2015 contre l'accord conclu à Bruxelles entre les Européens et les Grecs AFP - LOUISA GOULIAMAKI
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Après avoir éloigné le spectre d'un "Grexit", Alexis Tsipras tentait mardi de rallier son propre camp aux mesures impopulaires exigées par les créanciers, qu'il devra faire adopter par le Parlement au plus tard mercredi.

A peine rentré de Bruxelles, le Premier ministre grec se retrouve confronté à une fronde au sein de son parti, la formation de gauche radicale Syriza.

Pour certains de ses représentants, l'accord arraché au terme d'une nuit de négociations constitue une trahison de la volonté populaire exprimée dans les urnes le 5 juillet, quand 61% des Grecs ont dit "non" à l'austérité.

Toutefois le gouvernement, comme l'avaient exigé lundi les autres Etats membres de la zone euro, a soumis au Parlement grec une première liste de mesures de rigueur douloureuses.

Ces mesures concernent surtout la hausse de la TVA et d'autres taxes visant à augmenter les recettes publiques, ainsi que l'introduction d'une règle d'or budgétaire.

Un deuxième volet de réformes devrait être voté d'ici le 22 juillet.

"Cet accord va passer avec les voix de l'opposition, pas avec celles du peuple", a prévenu le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis.

Ce dernier avait déjà rompu la solidarité gouvernementale avec plus d'une dizaine de députés vendredi en dénonçant les négociations à Bruxelles sur un nouveau plan de prêt au prix de nouvelles mesures de rigueur.

Face à cette contestation, M. Tsipras, soucieux de présenter un gouvernement en ordre de marche avant le nouveau vote de mercredi, n'exclut pas un éventuel remaniement après le vote des mesures par le Parlement, selon la télévision publique Ert.

Le Premier ministre accordera à cette même chaîne un entretien d'une heure mardi, à 22 heures locales (19h GMT).

- Aide d'urgence -

Les partenaires européens d'Athènes s'efforcent pendant ce temps de trouver des financements d'urgence pour la Grèce, le temps qu'un nouveau plan d'aide, le troisième dont elle bénéficierait depuis 2010, soit formellement mis en place. Ce qui pourrait prendre au moins un mois.

fermées Les diverses options sur la table s'avèrent toutes "difficiles à mettre en oeuvre sur le plan légal comme politique", a reconnu Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne.

La Grèce doit trouver 12 milliards d'euros d'ici la fin août, y compris pour rembourser la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Dans la nuit de lundi à mardi, la Grèce a une nouvelle fois échoué à honorer un paiement au FMI.

L'Etat grec a néanmoins réussi mardi à rembourser 148 millions d'euros à des créanciers privés au Japon. Une goutte d'eau par rapport à une dette totale de près de 312 milliards d'euros.

Les banques grecques resteront elles fermées au moins jusqu'à mercredi, le temps que la BCE décide d'augmenter ou non leur ligne de crédit d'urgence, bloquée à 89 milliards d'euros.

Le feu vert des députés grecs n'est qu'un préalable. Il faudra ensuite que les parlements de plusieurs autres pays se prononcent, dont une commission du parlement finlandais jeudi et le Bundestag vendredi, avant de voir se concrétiser la promesse faite à la Grèce d'une nouvelle aide comprise 82 et 86 milliards d'euros.

S'exprimant sur l'accord, le président français François Hollande a déclaré qu'à ses yeux, la Grèce n'avait pas été humiliée. "L'humiliation, c'eût été de la chasser de la zone euro", a-t-il dit.

Les places boursières européennes, après quatre séances de forte hausse, ont elles marqué le pas mardi, attendant d'être fixées sur le vote du Parlement grec.

- Grève des fonctionnaires -

Sur le plan intérieur, M. Tsipras doit pouvoir compter sur le soutien des voix des partis de l'opposition, essentiellement le Pasok (sociaux-démocrates), la Nouvelle Démocratie (conservateurs) et Potami (centre-gauche).

Quant au partenaire de Syriza dans la coalition gouvernementale, le parti des Grecs Indépendants (ANEL), il laissait mardi planer le doute sur son vote aux nouvelles mesures tout en indiquant la nécessité "de soutenir" le gouvernement.

Au sein de Syriza, l'aile modérée faisait tout mardi pour éviter une rupture aux conséquences lourdes pour l'avenir du gouvernement.

Lors du comité central du parti mardi matin, son secrétaire Tassos Koronakis s'est engagé à tout faire "pour sauvegarder l'unité", en indiquant qu'il n'était pas favorable pour l'instant à des sanctions contre les récalcitrants.

Au-delà de son parti, M. Tsipras devra prendre garde aux réactions de son électorat, en particulier des syndicats.

Il sera confronté mercredi, jour du vote, à un appel à la grève du syndicat des fonctionnaires (Adedy), le premier depuis son arrivée au pouvoir en début d'année, et à des manifestation anti-rigueur lors du débat mercredi soir des mesures à l'Assemblée.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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