Jalabert : «Mende, c’est un sacré truc !»

  • Le 14 juillet 1995, Laurent Jalabert, coureur de l’équipe Once et maillot vert du Tour, exulte après avoir franchi la ligne d’arrivée, seul en tête, au sommet de la Croix-Neuve, à Mende.
    Le 14 juillet 1995, Laurent Jalabert, coureur de l’équipe Once et maillot vert du Tour, exulte après avoir franchi la ligne d’arrivée, seul en tête, au sommet de la Croix-Neuve, à Mende. BRUNO VEDEL
  • À 46 ans, le Mazamétain Laurent Jalabert est devenu l’une des voix qui comptent sur le Tour de France.
    À 46 ans, le Mazamétain Laurent Jalabert est devenu l’une des voix qui comptent sur le Tour de France. PH
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Entretien. À 46 ans, le Mazamétain Laurent Jalabert est devenu l’une des voix qui comptent sur le Tour de France, après en avoir été l’un des animateurs sur le vélo. Hier, à quelques heures de l’arrivée à Rodez, il s’est livré, sourire aux lèvres, évoquant l’Aveyron, l’étape de Mende aujourd’hui, le non-suspense sur le Tour et son nouveau rôle.

À 46 ans, le Mazamétain Laurent Jalabert est devenu l’une des voix qui comptent sur le Tour de France, après en avoir été l’un des animateurs sur le vélo. Hier, à quelques heures de l’arrivée à Rodez, il s’est livré, sourire aux lèvres, évoquant l’Aveyron, l’étape de Mende aujourd’hui, le non-suspense sur le Tour et son nouveau rôle.

Pendant deux jours, le Tour est en Aveyron. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

La bouffe ! C’est une région où on mange bien et j’aime bien manger (sourire). Les spécialités aveyronnaises, l’aligot saucisse, j’aime ça! Après, les courses de vélo, il y en a eu quelques-unes par le passé ici: le Midi Libre, le Tour mais je n’étais plus coureur. Je n’ai pas de grandes victoires ici. Mais quand j’étais jeune, je venais courir ici, faire des courses de challenge, etc. Mais ça ne me rajeunit pas. Ce matin, mes enfants me l’ont dit, ça tourne (rires).

Comment jugez-vous ce Tour 2015 ?

Super intéressant dans les neuf premiers jours avec pas mal d’étapes différentes qui faisaient appel à des qualités complémentaires, savoir se tenir dans le vent, des arrivées de puncheur, pas trop de sprints, etc. Et puis dès la première étape de montagne (10e étape), les coureurs ont pris un coup de massue (victoire de Froome, NDLR). Et nous aussi ! Et là, tu te dis, il reste deux semaines et ça va être dur... C’est la raison pour laquelle on a été un peu déçu: on a vu que le Tour était peut-être déjà joué.

Selon vous, le Tour est-il donc définitivement joué ?

Oui, même si ce n’est jamais fait tant que tu n’es pas au bout. Mais je crois que Sky (équipe de Froome) a fait une telle démonstration de force que ce sera dur de les bouger...

Ce samedi, c’est l’arrivée à Mende. Cela vous évoque-t-il des souvenirs ?

Des vieux souvenirs alors ! (rires). Il y avait de la couleur à la TV quand même (rires).

Vous rappelez-vous ce qui vous a poussé à l’époque, dans cette fameuse côte de la Croix-Neuve qui porte désormais votre nom ?

Le hasard. Au début de l’étape, je n’étais pas devant, j’étais resté dans la voiture, je discutais, je m’étais arrêté pisser et puis c’est parti vite. Je suis remonté pour pouvoir prendre les échappées et je suis parti dans une attaque. On a insisté à 6 ou 7 devant, avec trois coéquipiers. Le maillot jaune, Indurain, ou plutôt ses coéquipiers n’étaient pas très bien et on a pu prendre le large. Il fallait conclure. Mais c’était dur à la fin. Mende, c’est un sacré truc.

Quelles qualités faut-il pour cette étape Rodez-Mende ?

Celles de puncheur. Il peut aussi y avoir une échappée au long cours. Mais il faut des qualités de puncheur pour sortir à la fin.

Vous êtes désormais un consultant très écouté. Qu’essayez-vous d’apporter lorsque vous êtes à l’antenne ?

Un éclairage sur la partie technique, vélo. J’essaie d’avoir toujours un regard de coureur, d’anticiper, de décrypter la course, de la rendre plus banale pour ceux qui ne connaissent pas le vélo. C’est complémentaire avec le reste du reportage, le patrimoine, etc.

Vous prenez toujours autant de plaisir après tant d’années sur le Tour ? Et est-ce cela qui vous a incité à reprendre le commentaire après une pause d’un an entre 2013 et 2014 ?

Oui, mais moi, je n’ai jamais souhaité arrêter, c’était comme ça (Jalabert avait arrêté après des accusations de dopage portant sur sa période de coureur, NDLR). J’ai toujours fait le Tour, hormis en 1999 où j’ai fait Giro-Vuelta. C’est mon 23e Tour, à 46 ans. Le mois de juillet, pour moi, c’est ça. C’est ici qu’il faut être quand on aime le vélo. Et tant que ça pourra durer comme ça, je serai heureux de revenir.

Jeudi, Christopher Froome a réagi à vos propos et au fait que sa montée de la Pierre-Saint-Martin vous avez mis à l’aise...

Ça, c’est de la polémique. Comme tous les gens qui ont suivi cette étape (10e), on était tous déçu de constater que le Tour était peut-être terminé. Sky était très fort et, surtout, les autres étaient très mal. Il y avait un gros contraste entre les deux. Après, je n’ai pas à commenter. Je crois qu’il y a un problème de communication. Je connais bien le Tour. La polémique fait vendre alors on cherche à envenimer les choses. Donc je ne commente pas les commentaires des commentaires (sourire).  

Philippe Henry et Maxime Raynaud
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