Fukushima: décontaminer les régions irradiées, tâche titanesque aux résultats incertains

  • Des employés participent à une opération de décontamination le 17 juillet 2015 dans le village de Iitate dans la préfecture de Fukushima, qui n'a pas été évacué au moins un mois après l'accident de la centrale
    Des employés participent à une opération de décontamination le 17 juillet 2015 dans le village de Iitate dans la préfecture de Fukushima, qui n'a pas été évacué au moins un mois après l'accident de la centrale AFP - Toshifumi Kitamura
  • Photo prise le 16 juillet 2015 montrant un véhicule et des bâtiments endommagés par le tsunami de 2011 et restés en l'état quatre ans après dans le village de Tomioka au nord de Naraha dans la préfecture de Fukushima
    Photo prise le 16 juillet 2015 montrant un véhicule et des bâtiments endommagés par le tsunami de 2011 et restés en l'état quatre ans après dans le village de Tomioka au nord de Naraha dans la préfecture de Fukushima AFP - Toshifumi Kitamura
  • Des sacs contenant de la terre contaminée sont entreposés le 17 juillet 2015 à Iitate dans la préfecture de Fukushima, un village qui s'est trouvé sur le passage du nuage radioactif
    Des sacs contenant de la terre contaminée sont entreposés le 17 juillet 2015 à Iitate dans la préfecture de Fukushima, un village qui s'est trouvé sur le passage du nuage radioactif AFP - TOSHIFUMI KITAMURA
Publié le , mis à jour

Sous un soleil de plomb en plein été, des milliersd'hommes transpirent sous leur combinaison en matière plastique pour décontaminer la région irradiée de Fukushima, une tâche titanesque et fastidieuse réalisée avec soin, mais aux effets jugés très incertains.

Des pelleteuses raclent la terre dans les champs, autour des habitations (sur une distance de 20 mètres), dans les cours d'établissements scolaires et autres lieux de vie de la population rurale.

Les maisons et bâtiments sont lavés, comme les routes et parkings.

Seules les aires où les personnes sont censées vivre et se déplacer fréquemment sont nettoyées. Les forêts et autres étendues non cultivables sont laissées ainsi, comme l'a recommandé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Cette stratégie pour aller plus vite fait néanmoins craindre aux écologistes une recontamination ultérieure par migration de la radioactivité.

La terre, les herbes ou feuilles souillées sont enfermées dans 2,5 millions de gros sacs noirs qui patientent sur place ou dans un des 795 lieux d'entreposage temporaire, en plein air, que l'on voit aux environs de toutes les bourgades affectées, parfois même à proximité de l'océan Pacifique, comme à Naraha, à 20 km de la centrale accidentée.

D'importants sites d'entreposage pour une durée de 30 ans sont en cours de construction dans les bourgades inhabitables les plus proches du complexe atomique.

Les quelque 20.000 "décontamineurs" (selon les chiffres du ministère de l'Environnement) ont souvent appris sur le tas mais sont soumis à des règles a priori strictes de radioprotection obligeant notamment au port de combinaisons spéciales, masques, gants, bottes. Ils sont appelés à se soumettre à un suivi sanitaire, comme les travailleurs du secteur nucléaire.

La radioactivité ambiante est extrêmement variable dans les régions évacuées autour de la centrale Fukushima Daiichi et la décontamination ne concerne que les zones touchées jugées potentiellement réhabilitables à court terme.

La zone dite interdite dans les premiers mois suivant l'accident a ensuite été redécoupée en fonction du niveau d'exposition à la radioactivité, afin d'organiser la décontamination puis le retour progressif des habitants.

Le périmètre où l'exposition dépasse 50 millisieverts/an est pour le moment laissé ainsi, inhabitable.

En revanche, la décontamination progresse dans les onze localités où le niveau était compris entre 20 et 50 millisieverts par an, afin de le faire passer sous le bas de cette fourchette, une dose que les autorités jugent admissibles pour les habitants, au grand dam des écologistes.

La décontamination de ces lieux, qui totalisaient environ 70.000 administrés sur 25.000 hectares, est conduite par l'Etat.

Par ailleurs, 39 autres communes, non évacuées car présentant une exposition inférieure à 20 mSv/an, doivent aussi être assainies, un travail confié aux autorités locales.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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