Le gouvernement débloque 600 millions d'euros pour les éleveurs, les blocages perdurent

  • Le Premier ministre Manuels Valls et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll à l'Assemblée nationale à Paris le 22 juillet 2015
    Le Premier ministre Manuels Valls et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll à l'Assemblée nationale à Paris le 22 juillet 2015 AFP - JOEL SAGET
  • Des éleveurs en colère brûlent des pneus sur la route entre Morlaix et Brest, dans le Finistère, le 22 juillet 2015
    Des éleveurs en colère brûlent des pneus sur la route entre Morlaix et Brest, dans le Finistère, le 22 juillet 2015 AFP - FRED TANNEAU
  • Des éleveurs bloquent l'A89 entre Lyon et Clermont-Ferrand, le 22 juillet 2015
    Des éleveurs bloquent l'A89 entre Lyon et Clermont-Ferrand, le 22 juillet 2015 AFP - PHILIPPE DESMAZES
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Le gouvernement a débloqué plus de 600 millions d'euros pour son plan d'urgence en faveur des éleveurs français en difficulté, suscitant des réactions mitigées sur le terrain où de nombreux barrages persistent sur les routes.

"Nous avons vu cette peur du lendemain, mais aussi la volonté d'exercer un métier qui est bien plus qu'un métier : être éleveur, c'est sacrifier beaucoup (…) et contribuer à la mission unique de nourrir les Français", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls à l'issue du Conseil des ministres.

M. Valls a toutefois précisé qu'on ne pouvait pas "tolérer la moindre violence ou la moindre dégradation", à l'adresse des manifestants.

Quelques heures après l'annonce du plan, les éleveurs du Calvados, qui avaient lancé les blocages, ont décidé de mettre fin au mouvement à Caen. Mais certains de leurs collègues, déçus, ont annoncé leur intention de bloquer Lyon et Clermont-Ferrand, et les barrages ont été maintenus dans d'autres régions.

L'objectif de l'exécutif est de "gérer la situation d'urgence mais surtout de prendre des solutions durables. Le monde paysan n'a pas besoin de pansements d'urgences, il a besoin d'un avenir", a expliqué Manuel Valls. Peu après, François Hollande annonçait qu'il rencontrerait jeudi matin des responsables agricoles à Dijon.

Le premier volet du plan comprend des mesures d'urgence, notamment la poursuite du travail engagé pour faire remonter les prix payés aux éleveurs, afin qu'ils puissent couvrir leurs coûts de production.

Le 17 juin, les professionnels s'étaient engagés sur des objectifs de hausse des prix qui n'ont pas été atteints pour la viande bovine. Le porc s'en rapproche. Une nouvelle réunion sur ce sujet a démarré au ministère de l'Agriculture dans l'après-midi.

Ensuite, l’État va débloquer plus de 600 millions d'euros pour soulager les problèmes de trésorerie. Cela prendra la forme de 100 millions d'annulations de charges et cotisations et de 500 millions de reports. L'enveloppe comprend cependant 150 millions d'avances de remboursement de TVA, de toute façon dus aux agriculteurs, rappelle la FNSEA, 1er syndicat agricole.

Autre mesure phare: la restructuration des dettes moyen et long terme, qui pèsent énormément sur le secteur. L’État va négocier avec les banques, et porter le fonds d'allègement des charges (FAC) de 8 à 50 millions d'euros.

La Banque publique d'investissement (BPI) pourra garantir jusqu'à 500 millions d'euros de crédit bancaire de trésorerie aux entreprises du secteur.

"Nous voulons plus d'explications sur le plan de désendettement. On ne veut plus entendre parler de prêts de consolidation, mais que les échéances soient reportées", a réagi Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB).

Le gouvernement a aussi dévoilé des mesures structurelles, comme la promotion de la viande française à l'export, le renforcement des contrôles sur l'étiquetage, l'approvisionnement local des cantines et la diversification des revenus des éleveurs.

- Pas de 'boucs émissaires' -

La réaction de la puissante FNSEA a été très mesurée: le plan comprend "beaucoup de dispositifs déjà actés" et les mesures restent "insuffisantes" sur le long terme, a déclaré le président Xavier Beulin, sans appeler à lever les barrages.

"Le plan d'urgence ? Si on fait une division simple, c'est 100 euros par exploitant. Les gens attendent d'autres signes que ça, il faut du prix. (...) A voir l'état des troupes, ils sont prêts à tout", estime Thierry Merret, président de la FDSEA Finistère et porte-parole des "Bonnets rouges".

Les éleveurs attendent maintenant des détails sur le rapport du médiateur des prix agricoles, remis mardi au ministre. Il est censé déterminer qui, de l'industrie ou de la grande distribution, souvent visée, freine la hausse des prix payés aux éleveurs.

Mais aucun nom d'entreprise ne sera cité. "Je me refuse à désigner devant la presse ceux qui ont joué le jeu ou pas pour avoir des boucs émissaires", a répété mercredi Stéphane Le Foll.

La grande distribution, par la voix de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), a de nouveau assuré avoir tenu parole sur une "forte valorisation des prix d'achat des viandes bovine et porcine".

Les industriels de la viande répliquent que les supermarchés ont augmenté leurs prix d'achat uniquement pour la viande fraîche mais pas pour les steaks hachés, les produits transformés et les plats cuisinés, ce qui empêche les abattoirs de payer plus cher les carcasses aux éleveurs.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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