Estivada de Rodez

Qui a voulu «éradiquer» l’occitan de l’école ?

  • Michel Lafon sera, vendredi à 16 heures sur l’espace du Cirdoc, pour présenter son livre.
    Michel Lafon sera, vendredi à 16 heures sur l’espace du Cirdoc, pour présenter son livre. José A. Torres -
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Livre. Issu de sa thèse de doctorat, «Qui a volé mon “patois“?» de Michel Lafon revient sur la difficile insertion de l’occitan dans les écoles.

S’il fallait résumer le message véhiculé dans son ouvrage, Michel Lafon répondrait par l’interrogative. «Au-delà de l’éclairage historique, j’ai voulu répondre aux questions : comment les pouvoirs, sous toutes leurs formes, ont tenté d’éradiquer la langue d’oc. Et parallèlement, comment le peuple, par ses luttes, est arrivé à passer outre pour faire valoir son droit d’expression en occitan», résume l’auteur.

«À force d’entendre que l’école avait démoli l’occitan, j’ai voulu vérifier par moi-même»

C’est au début des années 2000, après une carrière bien remplie d’instituteur en Aveyron et quelques mandats d’élus, que Michel Lafon décide de retourner sur les bancs de la fac à Montpellier. Où il se lance «un peu bizarrement» dans une licence d’occitan, puis un master... puis un doctorat.

Il ne se définit pas comme un «occitaniste pur et dur, encore moins indépendantiste» mais avoue son amour pour la langue avec laquelle il a grandi.  «À force d’entendre que l’école avait démoli l’occitan, j’ai voulu vérifier par moi-même, aller plus loin», explique-t-il. Alors, il s’est plongé dans les archives pendant des heures, a recueilli des dizaines de témoignages d’instituteurs, d’élèves, d’inspecteurs. 

Des choses encore jamais dites

«J’ai découvert des choses qui n’avaient jamais été dites sur le rôle de la presse, des élus, de l’Église aussi, continue Michel Lafon. Bien sûr, j’insiste sur la tentative d’éradication de la langue d’oc de l’école. Beaucoup de témoins directs le racontent. Mais je veux aussi rendre hommage à tous ceux qui se sont battus pour sa défense et grâce à qui, aujourd’hui, l’Aveyron bénéficie de classes bilingues et d’enseignement occitan.» Et l’auteur de reconnaître l’évolution favorable, «même si rien n’est acquis», de la langue d’oc dans les écoles au XXIe siècle. Accompagné d’un DVD, compilant des témoignages inédits, l’ouvrage est rythmé de dessins de presse tout autant exclusifs. 

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