Heurts à Jérusalem, la police israélienne entre dans la mosquée d'Al-Aqsa

  • Une Palestinienne arrêtée par la police israélienne le 26 juillet 2015 à Al-Aqsa à Jérusalem-Est
    Une Palestinienne arrêtée par la police israélienne le 26 juillet 2015 à Al-Aqsa à Jérusalem-Est AFP - AHMAD GHARABLI
  • La vieille ville de Jérusalem La vieille ville de Jérusalem
    La vieille ville de Jérusalem AFP - INFOGRAPHIE, jj/pld
  • Manifestation de Palestiniens après la prière du vendredi le 24 juillet 2015 à la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est
    Manifestation de Palestiniens après la prière du vendredi le 24 juillet 2015 à la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est AFP - AHMAD GHARABLI
  • Le recteur de la mosquée d'Al-Aqsa, Omar al-Kiswani, le 24 juillet 2015 à Jérusalem
    Le recteur de la mosquée d'Al-Aqsa, Omar al-Kiswani, le 24 juillet 2015 à Jérusalem AFP - AHMAD GHARABLI
Publié le , mis à jour

La police israélienne a pénétré dimanche dans la mosquée Al-Aqsa, une incursion extrêmement rare dans ce troisième lieu saint de l'islam situé dans la Vieille ville de Jérusalem, pour mettre fin à des heurts déclenchés par la venue de juifs orthodoxes.

L'esplanade des Mosquées, que les juifs appellent le Mont du temple et considèrent comme leur premier lieu saint, est régie par un statu quo hérité du conflit de 1967: si juifs et musulmans peuvent se rendre sur le site sacré qui surplombe l'ultra-touristique Vieille ville de Jérusalem, les juifs n'ont pas le droit d'y prier.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les juifs ont entamé les commémorations de Tisha Beav, qui marque dans leur calendrier la destruction des deux temples qui se trouvaient sur l'Esplanade -- dont le Mur des Lamentations en contrebas des mosquées est le dernier vestige. Des milliers d'entre eux se sont rassemblés sans incident devant le Mur des Lamentations, mais d'autres, des radicaux, auraient tenté de venir prier aux abords de l'Esplanade ultra-sensible.

Des échauffourées ont alors éclaté, et tôt le matin des dizaines de policiers israéliens ont investi l'Esplanade avant de pénétrer "de plusieurs mètres" à l'intérieur d'al-Aqsa, a indiqué la police israélienne. Sur des photos diffusées par la police on peut voir les portes en bois du lieu de culte arrachées, des tapis déchirés ainsi que des pierres jonchant le sol.

Selon la police, ce sont "des émeutiers masqués", des musulmans barricadés dans la mosquée, qui "ont commencé à jeter des pierres et des projectiles de l'intérieur de la mosquée en direction des policiers."

Au moins 3 personnes jetant des pierres ont été arrêtées, et quatre policiers légèrement blessés, selon les autorités israéliennes. Les journalistes de l'AFP ont pu voir un Palestinien saignant de la tête, et des témoins ont fait état d’autres blessés, mais sans plus de précisions.

- Statu quo -

Les heurts se sont poursuivis dans la Vieille ville de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, où la police a tiré des grenades assourdissantes, selon des journalistes de l'AFP.

Plusieurs manifestants, scandant "Dieu est le plus grand", étaient visibles dans les ruelles autour de la mosquée.

"Nous sommes prêts à mourir", a lancé un commerçant palestinien de 46 ans.

Le gouvernement palestinien a estimé que les agissements d'Israël montraient qu'il voulait "entraîner la région dans une guerre religieuse".

Et la Jordanie, gardienne du lieu saint, a déploré "les violations israéliennes récurrentes du site sacré, une provocation qui heurte les sentiments des Arabes et des musulmans (...) et vise à déclencher de nouvelles hostilités".

L'entrée des policiers dans la mosquée représente "une escalade dangereuse", a réagi pour sa part le Hamas, le mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza.

Des heurts similaires avaient eu lieu en novembre dernier, et l'Etat hébreu avait alors pris la décision rarissime de fermer l'esplanade des Mosquées, provoquant une crise diplomatique avec Amman, qui avait rappelé son ambassadeur durant trois mois.

Palestiniens, Jordaniens et une partie de la communauté internationale avaient mis en garde contre une modification du statu quo qui pourrait embraser la région, alors que Jérusalem était en proie à une spirale de violences et d'attentats.

Les Palestiniens accusent régulièrement Israël de vouloir remettre en cause le statu quo sous la pression des juifs ultra-orthodoxes qui réclament le droit de prier sur l'Esplanade.

L'Etat hébreu, et notamment son Premier ministre Benjamin Netanyahu, assurent ne pas vouloir modifier d'un iota ce statu quo.

Mais une mouvance ultra-religieuse, représentée par plusieurs députés israéliens, milite pour le droit des juifs à prier sur l'Esplanade. Les plus radicaux vont jusqu'à prôner la reconstruction du Temple juif, en lieu et place des mosquées, qui devraient être détruites.

En réaction, les Palestiniens mobilisent régulièrement ceux qu'ils appellent les "mourabitoun", littéralement les sentinelles en arabe. Ce mouvement, en grande partie informel, regroupe des musulmans et des musulmanes qui se rendent sur l'Esplanade en nombre à chaque visite de juifs ultra-orthodoxes ou à chaque intervention de la police israélienne.

La Vieille ville était toujours quadrillée dimanche matin par d'importants renforts policiers israéliens.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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