Groupe EI: premières frappes aériennes françaises en Syrie

  • Photo fournie le 8 septembre 2015 par le service de presse de l'armée, d'un Rafale au décollage d'une base dans le Golfe, pour une mission de reconnaissance en  Syrie
    Photo fournie le 8 septembre 2015 par le service de presse de l'armée, d'un Rafale au décollage d'une base dans le Golfe, pour une mission de reconnaissance en Syrie ECPAD/AFP/Archives - - / ECPAD/AFP/Archives - -
  • Le président François Hollande lors d'une conférence de presse le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris
    Le président François Hollande lors d'une conférence de presse le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris AFP - Alain Jocard / AFP - Alain Jocard
  • Le ministre de la Défense  Jean-Yves Le Drian le 11 septembre 2015 à Lannester
    Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian le 11 septembre 2015 à Lannester AFP - FRED TANNEAU / AFP - FRED TANNEAU
  • Photo fournie par l'agence officielle syrienne Sana montrant le président Bachar al-Assad lors de la prière de l'Aïd al-Adha, le 24 septembre 2015 à la mosquée de Damas
    Photo fournie par l'agence officielle syrienne Sana montrant le président Bachar al-Assad lors de la prière de l'Aïd al-Adha, le 24 septembre 2015 à la mosquée de Damas SANA/AFP - HO / SANA/AFP - HO
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La France a mené ses premières frappes aériennes en Syrie contre le groupe Etat islamique, au nom de sa "sécurité nationale", annonce faite dimanche alors que François Hollande est à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU, où la question syrienne sera au centre du jeu diplomatique.

La France "a frappé en Syrie", sur la base des renseignements collectés lors des vols de reconnaissance aérien engagés depuis plus de deux semaines, selon un communiqué de l'Elysée.

En fin de matinée, Manuel Valls n'a pas donné de précision sur la cible ni la zone visée, se bornant à déclarer devant la presse que les frappes visaient "ces sanctuaires de Daech où sont formés ceux qui s'en prennent à la France" et ressortaient de la "légitime défense".

Elles seront poursuivies "autant que nécessaire", a ajouté le Premier ministre, à son arrivée dans la Drôme pour une "fête de la rose".

Ces frappes se sont faites "dans le respect de notre autonomie d'action, en coordination avec nos partenaires de la région", a souligné la présidence. Cette coordination se fait notamment avec les Américains, a noté M. Valls, martelant, comme mi-septembre à l'Assemblée nationale, que "c'est nous qui décidons les cibles".

L'annonce de ces premières frappes intervient alors que François Hollande est à New York dimanche et lundi pour la 70e Assemblée générale de l'ONU.

Plus de neuf mois après les attentats de Paris, l'exécutif a martelé dimanche sa détermination à "lutter contre la menace terroriste que constitue Daech" et à frapper "à chaque fois que notre sécurité nationale sera en jeu".

Le président du MoDem, François Bayrou, a exprimé dimanche sa "solidarité", estimant qu'il y aura "des décisions encore plus importantes à prendre".

Le 7 septembre, François Hollande avait ordonné des opérations aériennes de renseignement au-dessus de la Syrie, avec à la clé, de possibles frappes contre des centres de commandement ou d'entraînement de EI. Mais toute intervention terrestre de la France a été exclue. Depuis un an, la France mène une campagne de bombardements sur l'Irak voisin (opération Chamal, près de 215 frappes et 344 objectifs détruits selon l'état-major).

La France, avait argumenté le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse, veut connaître "ce qui se prépare contre elle et ce qui se fait contre la population syrienne", dans une allusion aux menaces d'attentats sur le territoire hexagonal et à la crainte des services de renseignements d'un retour de combattants de l’EI avec des projets terroristes.

Selon les derniers chiffres cités par le gouvernement, près de 2.000 Français ou résidents en France sont impliqués dans les filières jihadistes irako-syriennes.

Jusqu'alors, la France s'était interdit d'intervenir militairement en Syrie au motif qu'elle craignait que cela ne serve les intérêts du président syrien Bachar al-Assad dont Paris réclame le départ, le jugeant principal responsable de la guerre dans son pays.

Mais "la donne a changé et nous ne pouvons plus nous permettre de laisser la Syrie, principal repaire de Daech, demeurer un angle mort de notre politique au Levant", a argumenté le 14 septembre le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

- "Transition politique" -

Considérant que "le chaos syrien doit trouver une réponse globale" et que "les populations civiles doivent être protégées contre toutes les formes de violences" émanant de Daech mais aussi des "bombardements meurtriers de Bachar el-Assad", l'Elysée a souligné dimanche que "plus que jamais, l'urgence est à la mise en place d'une transition politique", incluant des "éléments du régime et de l'opposition modérée".

Bachar al-Assad ne peut pas diriger éternellement la Syrie mais l'essentiel pour le moment est d'engager une négociation sur une transition politique, a estimé samedi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

La relance d'une solution politique en Syrie sera au centre d'une série de contacts que M. Fabius va avoir à New York avec ses homologues américain, russe, iranien, émirati, saoudien, turc et irakien.

La stratégie occidentale pour tenter de résoudre le conflit syrien donnait samedi l'impression de patiner de plus en plus, face à la montée en puissance russe et au dernier fiasco du programme de rebelles syriens formés par le Pentagone.

Le président français a appelé mercredi à Bruxelles à l'organisation d'une nouvelle conférence de l'Onu sur la Syrie, après celles de juin 2012 et février 2014, dites de "Genève I et II".

Quatre ans et demi de conflit en Syrie ont fait plus de 240.000 morts et chassé des millions de Syriens.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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