Fièvre catarrhale : la situation se débloque en Aveyron

  • Michel Combes (à droite), président du GDS, était reçu par Bernard Lacombe.
    Michel Combes (à droite), président du GDS, était reçu par Bernard Lacombe. PR
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Agriculture. En négociant la suppression des zones de protection, la situation s’est quelque peu débloquée pour les éleveurs et les exploitants de bestiaux.

Depuis jeudi soir, la tension baisse d’un cran dans les rangs des exploitants de bovins, où la crispation gagnait de plus en plus de terrain en raison des blocages provoqués par l’apparition de foyers de fièvre catarrhale. Notamment en Aveyron, où le marché de Laissac est loin de son activité de négoce habituelle. En effet, s’appuyant sur l’avis de la Cnopsav (1) et après l’aval de «Bruxelles», le ministère de l’Agriculture a levé toutes les zones de protection.

Si bien qu’il n’existe désormais plus qu’une zone indemne (arc atlantique, nord et sud est) et une zone de surveillance, dessinant une sorte de cercle dont le centre et l’Allier et son diamètre s’étire des portes de Paris au sud de la France. Une décision qui entraîne de nombreuses conséquences positives pour les éleveurs, les zones de protection paralysant le principal bassin bovin allaitant. Désormais, les cheptels vont pouvoir circuler dans la majeure partie du pays (cela autorise dès lors les retours d’estive). De même, l’Italie, bloquant les exportations de bovins issus des zones de protection devrait lever ses mesures (des négociations étaient en cours, hier) et permettre donc à une bonne partie du marché français de s’écouler à nouveau.

«Un sacré soulagement»

«C’est le résultat d’une pression forte exercée auprès des pouvoirs publics et des instances européennes» a expliqué Michel Combes, président national de Fédération nationale des Groupements de défense sanitaire, de passage hier à Rodez, à l’occasion d’une visite rendue au président de la Fodsa, Bernard Lacombe. Après un sondage effectué au sein de 250 exploitations, 56 cas de FCO ont été recensés, tous situés aux alentours du premier cas détecté le 11 septembre dernier dans l’Allier. «Ce qui signifie que l’on maîtrise la maladie. Je ne cache pas que nous craignions une explosion du nombre de cas positifs» glisse Michel Combes qui, depuis un mois, doit faire face aux inquiétudes, voire la crainte de bon nombre d’éleveurs.

«J’interpellerai la commission européenne»

Toutefois, «et pour au moins deux ans», les éleveurs seront obligés de vacciner les animaux destinés à l’exportation. «Une commande ferme de 2,3 millions de doses de vaccins a été passée». «Mais c’est un sacré soulagement que cette décision» souffle Michel Combes, pour qui des leçons de la crise sanitaire de 2008 ont été retenues. «Les services de l’État ont bien travaillé et vite. Les éleveurs étaient impatients, mais ce n’était pas simple à gérer», assure-t-il. Mais il veut profiter de cette nouvelle crise pour interpeller les élus européens. «Nous devons prendre ce dossier à bras-le-corps et apprendre à vivre avec cette maladie. Il ne s’agit pas pour cela de prendre une décision franco-française, mais de mettre l’ensemble des pays européens au même niveau de surveillance. J’interpellerai la commission européenne en ce sens» conclut Michel Combes. 

Philippe Routhe
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