Rodez

A Rodez, le malaise des habitants du quartier Saint-Eloi-Ramadier

  • Les habitants se disent «abandonnés» par la mairie.
    Les habitants se disent «abandonnés» par la mairie. - Google Maps
  • Ce mur devait être sécurisé après  le décès d’un jeune garçon de 12 ans.
    Ce mur devait être sécurisé après le décès d’un jeune garçon de 12 ans. - S.O.
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Vie de quartier. Incivilités, espaces insécurisés, sentiment d’abandon... les jeunes et leurs parents tirent la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard.

Le décès d’un jeune en prison à Druelle avait mis le feu aux poudres dans le quartier Saint-Eloi où le gamin a grandi. Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, la mort du jeune homme a en réalité révélé un véritable malaise dans le quartier. Les habitants se disent «abandonnés» par la mairie.

Quand on les a rencontrés, à leur demande, ils n’ont eu de cesse de lister les dysfonctionnements a priori matériels mais qui dénotent une rupture avec les élus. Après la manifestation de colère des jeunes récemment, c’est aujourd’hui au tour des adultes du quartier de vouloir tirer la sonnette d’alarme, car «la situation devient catastrophique». Et de rappeler «les promesses non tenues par les élus».

«Les enfants pourraient fuguer de la maternelle»

Le ras-le-bol est tel que les habitants souhaitent se prendre en main en créant une nouvelle association qui, espèrent-ils, pourra résoudre les problèmes listés ci-dessous : l’école dont le grillage reste béant depuis plus d’un an inquiète les parents des enfants scolarisés car «les enfants pourraient fuguer de la maternelle», avancent-ils.

Le maire a promis de renforcer le grillage clôturant l’établissement scolaire. Mais aujourd’hui, force est de constater que le grillage rouillé est toujours à terre. Le jeune garçon qui a trouvé la mort en déboulant à vélo sur le talus de l’esplanade de Saint-Éloi avait ému le maire et tout le quartier, cet été.

Ce mur devait être sécurisé après  le décès d’un jeune garçon de 12 ans.
Ce mur devait être sécurisé après le décès d’un jeune garçon de 12 ans. - S.O.

Compatissant, le premier magistrat avait promis la mise en place d’un filet de sécurité ou une haie pour éviter tout autre accident. Pour l’instant, c’est le statu quo.  Sécurité toujours : les habitants du quartier réclament depuis «5 ou 6 ans, un filet entre le bas de l’esplanade et la route».

Et d’ajouter que «les enfants qui jouent au ballon ont tendance à les suivre sans se rendre compte du danger de la route», analyse une mère de famille. Idem pour le toit des salles d’animation et des fêtes sur lesquels les enfants peuvent grimper aisément, en passant par les talus. Les jeux pour enfants, entourés de barrières de sécurité depuis cet été, sont interdits aux habitants. 

Les 14-20 ans, «une génération sacrifiée»

Selon les parents qui pointent le taux de chômage chez les jeunes du quartier. Un chômage qui a pour conséquence le désœuvrement de ces garçons, une relation souvent «difficile avec la police», soulignent encore les parents. Salle des jeunes fermée pour cause de prosélytisme religieux, il y a plus d’un an : ce n’est pas une «réponse adaptée» pour les habitants, qui ont pris cette décision municipale comme une punition collective.

«Nous ne nions pas qu’il y ait eu du prosélytisme religieux, mais cela n’a concerné qu’une poignée de personnes et aujourd’hui, tout cela est fini», clament-ils. Les jeunes parents mettent en cause la municipalité qui «ne fait qu’un peu d’animation, sur les heures où les enfants sont à l’école et qui les ferme quand les petits pourraient en profiter. Les plus grands, à partir de 17 ans, sont livrés à eux-mêmes», ajoutent-ils. Pour y remédier, ils réclament un éducateur.

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