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Trop légers, des TER retirés de la circulation

  • Des lignes au départ de Rodez, impactées par ces risque d’incidents.
    Des lignes au départ de Rodez, impactées par ces risque d’incidents. Archives CP / Archives CP
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Transport. Environ 20% des liaisons en Midi-Pyrénées ont été supprimées, remplacées par des cars. En cause, le modèle de TER X73500 qui serait trop léger pour établir le contact électrique sur les rails. Cette défaillance serait à l’origine de plusieurs incidents.

Ces trains bleus, surnommés par les cheminots «baleine bleue», ont été acquis au début des années 2000 par la plupart des régions françaises, dont Midi-Pyrénées. Le modèle X 73500 est un autorail diesel, idéal pour la desserte des petites lignes non électrifiées. Mais il a un défaut : malgré ses 50 tonnes, il ne pèse pas toujours suffisamment sur les rails pour établir le contact électrique qui permet de le suivre en temps réel.

Surtout sur nos petites lignes, où il est souvent seul à circuler, et où ne passent pas de trains suffisamment lourds pour assurer le décrassage des voies rendu nécessaire, notamment en automne, par la présence en grand nombre de feuilles mortes. Des défaillances de conception appelées «déshuntages» ont causé plusieurs incidents selon les syndicats. Récemment, dans la région de Bordeaux, un train de ce type a franchi un passage à niveau, barrières ouvertes, à 130 km/h et un autre a déraillé, sans gravité, en gare de Sainte-Pazanne, dans la région de Nantes.

Une maintenance accrue

L’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), la plus haute autorité du rail, a exigé que ces modèles reviennent beaucoup plus souvent à l’atelier de maintenance pour se faire nettoyer les roues. «Tous les 14 jours au lieu de 56 habituellement», précise la direction régionale de la SNCF qui applique «strictement la consigne», quitte à mettre moins de trains en circulation. Environ 20% des liaisons seront ainsi supprimées, remplacées par des cars. Les axes Toulouse-Rodez, Toulouse-Mazamet, Toulouse-Figeac, Rodez-Brive et Rodez-Millau sont impactés.

Stéphane Dedieu, représentant CGT en Midi-Pyrénées, estime que «le risque est réel sur les lignes Toulouse-Colomiers, Toulouse-Tessonières et Capdenac-Figeac»Après avoir, dans un premier temps, annoncé le droit de retrait des agents de conduite dès le 16 octobre, ces derniers se sont ravisés après que la SNCF a décidé de retirer du service les engins incriminés. Du côté de la direction régionale on assure vouloir trouver «une solution le plus rapidement possible», sans pour autant donner plus de détails sur la fin de ces désagréments.

PH.H.
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