Le groupe Sodiaal met le paquet sur le lait bio

  • Multiplier par six la production de lait infantile bio fait partie des objectifs.
    Multiplier par six la production de lait infantile bio fait partie des objectifs. archives Centre Presse Aveyron
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Agriculture. Le groupe coopératif mise sur le bio, notamment pour le lait infantile, et bat le rappel de ses adhérents en les invitant à se convertir. L’usine de Montauban sera le cœur du réacteur.

Le lait bio est la nouvelle quête de Sodiaal, le premier groupe coopératif laitier français. Le 3 novembre dernier, dans l’usine de sa filiale Nutribio, à Montauban, le groupe a lancé sa nouvelle campagne aux objectifs qui ne laissent pas de place aux doutes : multiplier par six sa production de lait infantile bio. Soit, augmenter la collecte de plus de 100 millions de litres d’ici à 2020 pour atteindre un niveau de collecte de 150 millions de litres.

"C’est un marché sur lequel nous misons, car il y a une forte demande et de fortes retombées grâce à la bonne valorisation de ce produit", explique le président du groupe Sodiaal, Damien Lacombe, qui se trouvait récemment en Chine, pays dont la demande en la matière explose. Le lait infantile bio et le lait de consommation sont les deux piliers de cette stratégie «bio», qui doit permettre à Sodiaal de devenir un acteur majeur du lait bio.

Un contexte «malheureusement» favorable

Pour atteindre ses objectifs, Sodiaal mise beaucoup sur ses adhérents. Le groupe coopérateur bat en effet le rappel auprès des éleveurs, en les incitant notamment à se convertir. "Nous nous inscrivons dans une logique un peu différente des éleveurs conventionnels. Nous sommes dans une logique environnementale, avec un défi à relever", explique Chantal Casal, à la tête d’une exploitation bio à Mallevile, dans l’ouest Aveyron. Convertie au bio en 2009, elle fait partie des 45 éleveurs bio de la région, sur lesquels le groupe compte pour convaincre les autres de passer au bio. "On est malheureusement, ai-je envie de dire, dans un contexte favorable. Aujourd’hui, au moment de sortir des quotas, le marché du lait est tendu, alors que de véritables perspectives se dégagent en bio".

Des offres attrayantes pour les éleveurs

Pour cela, le groupe Sodiaal, qui prévoit de recevoir du lait du Massif central et du bassin sud-est dans son site de Nutribio, fait également le forcing auprès des éleveurs en présentant une offre attrayante. Le groupe propose entre autres des contrats de sept ans, dont deux ans de conversion pendant lesquels les éleveurs bénéficient d’une prime de 30 euros pour mille litres. C’est dans ce cadre-là, que des opérations fermes ouvertes sont organisées dans la région, comme c’était le cas hier à La Capelle-Bleys, chez Alex Saurel.

"Faire du bio répond à certaines exigences. C’est la raison pour laquelle nous organisons ces journées destinées à échanger afin que ceux qui sont intéressés pour se convertir aient toutes les données en main. Un outil d’aide à la décision a également été mis en place à la chambre d’agriculture ainsi qu’un diagnostic conversion entièrement pris en charge", souligne Chantal Casal. Sodiaal, qui a investi près de 15 millions d’euros dans son usine montalbanaise Nutribio et a développé une technologie innovante pour obtenir du lait infantile bio à partir du lait de collecte, met donc tout en œuvre pour bien négocier ce virage vert. Cela pourrait classer le premier groupe coopératif laitier français et 5e mondial bientôt comme le premier transformateur de lait biologique en France.

PH.R.
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