L’Aveyron, un des piliers de l’agroalimentaire régional

  • La filière roquefort, un des nombreux atouts de l’Aveyron.
    La filière roquefort, un des nombreux atouts de l’Aveyron. José A. Torres
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Gros plan. La fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées va créer une nouvelle grande entité agricole en France, dans laquelle le département de l’Aveyron aura sa part à prendre.

Déjà influente dans la région Midi-Pyrénées et ses huit départements, la filière agricole et agroalimentaire de l’Aveyron ne le sera pas moins dans la nouvelle région. Le poids de son activité rend le département encore plus précieux en la matière. 20% de l’activité agricole du département, soit presqu’un quart, alimentera le moteur de la filière agricole de cette région à treize départements. Or, plus que jamais, la nouvelle entité Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées sera à vocation agricole. Cette activité sera même un de ses piliers économiques.

Voire “le” pilier. Quelques chiffres pour bien mesurer cela: l’ensemble de la filière représentera 164 000 emplois et 13,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (8,9 milliards d’euros en Midi-Pyrénées, 4,8 en Languedoc-Roussillon). En comparaison, le tourisme pèsera 11,5 milliards d’euros et l’aéronautique 7,5 milliards d’euros.

Dans les faits, cela se traduit par une position dominante dans plusieurs domaines. Viticole, puisque la nouvelle région sera la première au niveau mondial avec 34% des surfaces métropolitaines et 36% des volumes des vins français. Ovine avec 29% de la production nationale de viande et 73% de la production nationale de lait; semencières avec le blé dur, le sorgho, le soja. Apicole aussi. Elle occupera aussi la deuxième place dans bien des domaines (production fruitière, palmipède gras).

Un poids de qualité aussi

Ce poids se veut également de qualité. Car cette nouvelle région sera la première en terme de produits sous signe officiel de qualité et la première en nombre d’exploitations certifiées bio (5468). L’identité agricole de cette nouvelle région ne fait donc pas de doutes. Légitimant ainsi les préoccupations des agriculteurs face à cette réorganisation de la région. D’autant que, à tout cela, il faut ajouter une donnée déterminante. Cette fusion s’accompagne de nouvelles compétences, parmi lesquelles la gestion des fonds destinés à l’agriculture. Comme l’a résumé Dominique Fayel, président de la FDSEA de l’Aveyron : «rapidement, il se pourrait que le principal interlocuteur de la région ne soit pas l’État, mais Bruxelles». Dans ce contexte-là, les dirigeants agricoles de la FNSEA et des JA des treize départements, après avoir également réorganisé leur maillage syndical sur le terrain, ont élaboré une sorte de stratégie régionale.

Les candidats surveillés de près

Plusieurs axes principaux ont été développés dans un premier temps. À savoir, favoriser les ressources en eau, installer, embaucher, renforcer les filières, faire des produits de qualités un axe stratégique, développer le commerce local, préserver les terres agricoles, innover, faire de l’aménagement rural une stratégie. Autant de points sur lesquels ils ont interpellé les candidats à la présidence de la future région. «Une manière également de les sensibiliser au sujet, histoire qu’entre Toulouse et Montpellier, ils n’oublient pas le poids de l’agriculture», lance un représentant syndical.

Si cette fusion des régions est accueillie avec un certain optimisme, une part de prudence est naturellement de mise. Comme en témoignent les propos du vigneron Philippe Teulier, président de l’AOC marcillac, pour qui il faudra «veiller à ne pas se faire engloutir par les vins du Languedoc». Ou comme en témoigne l’action des agriculteurs qui, conscient des enjeux qui se dessinent, préfèrent prendre les devants. Vendredi dernier, lors de la session ordinaire de la chambre d’agriculture de l’Aveyron, la nouvelle entité a longtemps occupé les débats. Normal quand on en mesure les enjeux.

PH.R.
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