Fièvre catarrhale en Aveyron : l’élevage perd patience

  • Ce matin, les éleveurs de veaux laitiers de la FDSEA et des JA ont manifesté leur ras-le-bol devant la DDCSPP.
    Ce matin, les éleveurs de veaux laitiers de la FDSEA et des JA ont manifesté leur ras-le-bol devant la DDCSPP. José A. Torres / Centre Presse
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Crise. Exportations bloquées vers l’Espagne, marchés italiens et français saturés, baisse des cours. La FCO sera encore au cœur des ressentiments ce matin à Laissac et les professionnels ne veulent pas se laisser faire...

Il est peu probable que les veaux de huit jours (nourrissons) pointent leur museau ce matin au marché de Laissac. La semaine passée, leur cours s’est effondré à la suite du blocage de l’Espagne, leur premier client : l’autorisation d’importation de bêtes non vaccinées situées dans le périmètre de protection qui s’étend autour des cas de fièvre catarrhale (FCO) est caduque depuis le 31décembre. Car les négociations avec la France n’ont pas été encore reconduites.

Problème politico-administratif? "Irresponsabilité des pouvoirs publics, préfère Jean-Paul Boyer, président départemental des négociants en bestiaux. Et l’administration espagnole ne vaut pas mieux. D’ailleurs nos collègues au-delà des Pyrénées sont livrés à eux-mêmes et on compte bien mener des actions avec eux pour nous faire entendre".

Marchés saturés

Et d’enfoncer le clou, en colère : "Nos gouvernants sont étrangers à toutes les réalités du terrain. On pensait qu’ils auraient du bon sens et du sérieux avec le savoir acquis lors de la précédente crise de 2008". Mais que demander vraiment aux pouvoirs publics? "Le déclassement de cette maladie. Cela fait des mois qu’on le réclame et rien n’avance. Le principe de précaution a bon dos! La FCO n’a pas d’impact sur l’homme, elle n’a même pas d’impact sanitaire sur les troupeaux. Il n’y a pas eu d’animal mort, même pas de cas clinique. Mais on n’a pas, en haut-lieu, la sagesse d’être réactif".

Les courants d’échange tardent à se régler avec l’Espagne, les négociations n’ont pas abouti avec la Turquie, "seuls les animaux lourds partent vers l’Italie quand ils sont vaccinés. C’est notre seul client désormais à l’export et son marché est saturé !". La situation est dans l’impasse, "il est urgent d’agir, car il se joue des centaines de millions d’euros et la survie de nombreuses exploitations".

"Les animaux non vaccinés peuvent être écoulés sur le marché français, mais celui-ci aussi est à saturation. Aucune entreprise en France ne prend désormais des jeunes veaux", déplore un éleveur du Laissagais qui "au bout du rouleau" se résoud "à brader la marchandise... Quand on arrive à la vendre". L’espagne accepte les veaux laitiers vaccinés, pourquoi ne pas le faire? "Parce qu’il faut attendre deux mois après la vaccination, c’est le réglement, répond l’éleveur. Le poids de l’animal ne correspondra plus alors à sa catégorie. Seuls peuvent être exportés les petits veaux issus d’un troupeau ou d’une mère vaccinée. Mais on ne vaccine pas les mères en France."

L’élevage n’en finit pas de subir une crise que le marché de Laissac devrait, à nouveau appréhender ce matin.

Christophe Cathala
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