Grippe aviaire : la filière aveyronnaise dans la tourmente

  • Malgré l’absence de cas décelés, les élevages aveyronnais sont désormais touchés.
    Malgré l’absence de cas décelés, les élevages aveyronnais sont désormais touchés. AFP IROZ GAIZKA
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Agriculture. Le plan annoncé par le ministère, d’éradication de la grippe aviaire dans le Sud-Ouest, concerne désormais l’Aveyron jusque là épargné par le virus. La filière est KO.

La menace planait depuis plusieurs semaines sur les élevages aveyronnais. Elle s’est matérialisée samedi avec la publication au Journal officiel du plan d’éradication de la maladie qui touche principalement la filière palmipède. Un plan qui concerne 18 départements du Sud-Ouest dont l’Aveyron, et ce, malgré l’absence de cas décelés sur son territoire.

Dans cette zone, la mise en place de canetons de moins d’une semaine sera donc interdite dans les élevages dès lundi. À partir du 8 février, les canetons de moins de quatre semaines seront également bannis, puis l’ensemble des palmipèdes à compter du 1er avril.

Une stratégie d’éradication du virus qui doit permettre de «retrouver le plus rapidement possible le statut indemne de la France, ce pour l’ensemble de la filière volaille» précise un communiqué du ministère de l’Agriculture. Or, comme l’observent déjà les syndicats, ces mesures vont impacter durablement les éleveurs, gaveurs, et transformateurs des départements concernés.

Une décision qui intervient au mauvais moment

Samedi, les seuls éleveurs de palmipèdes à foie gras ont estimé que ces mesures leur coûteront entre 250 et 300 millions d’euros. Un manque à gagner qui pourrait être bien supérieur commente Dominique Broussy, responsable du groupement de producteurs de palmipèdes pour la coopérative Unicor, celle-ci regroupant une quarantaine d’éleveurs pour une production estimée de 800 000 canards gras ou prêts à gaver en Aveyron. Soit cinq fois plus qu’il y a 5 ans. «Cette décision, sans doute nécessaire malgré l’absence de cas recensés dans notre département, est évidemment catastrophique pour la filière qui va tourner à vide au moins jusqu’en mai», déplore le technicien.

Avec un manque à gagner «de l'ordre de 30 000€», estime le technicien ce contretemps intervient au plus mauvais moment pour des gaveurs qui «viennent d’investir massivement dans leur outil de productions pour répondre aux normes européennes en 2016». Le timing est également très mauvais pour les éleveurs qui, pour la plupart, sont encore relativement jeunes dans la profession. «Beaucoup exercent depuis moins de trois ans et doivent encore amortir leurs exploitations financées à crédit à hauteur de 300 ou 400 000 euros», chiffre Dominique Broussy, lui aussi convaincu que «des indemnisations de l’État seront indispensables».

Centre Presse Aveyron
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